Étudier le Tanakh : la base de toute l'étude
Pourquoi le Tanakh vient avant le Talmud, et ce que signifie vraiment la mitsva d'étudier la Torah.
Emmanuel Chiber
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous allons commencer aujourd'hui un cours. On verra exactement combien de cours il y aura. Ce qu'on appelle Mevo LaMikra, c'est en fait un cours que l'on pourrait décrire, je ne dirai pas le mot universitaire, mais qu'on a l'habitude d'étudier dans les différents collèges qui préparent aux diplômes d'enseignant en Tanakh. Introduction.
Introduction au Tanakh. C'est-à-dire quoi, l'introduction au Tanakh ? Le Tanakh est un livre, vous l'avez vu devant vous, dont la composition a pris à peu près 1 500 ans. C'est beaucoup de temps. Comment a-t-il été rédigé ? Qu'est-ce qui est entré dans le Tanakh ? Qu'est-ce qui n'y est pas entré ? Et aussi la force, on pourrait dire, quasiment au niveau de la halakha, de ce que représente le Tanakh en tant que livre saint et en tant que livre de base pour la compréhension de l'étude générale de la Torah.
Donc, le premier cours que nous allons étudier aujourd'hui, comme vous l'avez vu, c'est Mitsvat Talmud Torah. Je comprends que tout le monde ne comprend pas encore très bien l'hébreu, à moins que je me trompe. Chaque chose, je vais la lire, je vais tout traduire. S'il y a un passage que je n'ai pas traduit et que vous ne comprenez pas, levez la main. Non, non, ça va, ça va. Il n'y a personne dans le… Tu peux essayer, tu peux essayer.
Je vais raconter une petite anecdote qui est arrivée à Bagdad il y a cent ans, bien avant l'armée américaine. Pour vous donner la problématique de l'étude du Tanakh, on pourrait dire ceci: aujourd'hui, dans la plupart des yeshivot, dans la plupart des endroits où l'on étudie le judaïsme, il y a beaucoup de cours de pensée juive, c'est très en vogue. On y étudie beaucoup de Talmud. Le Tanakh, en tant que livre d'étude et de base pour comprendre la Torah, est moins étudié, moins approfondi, alors que normalement, on va le voir, dans le cours des choses, ça n'aurait pas dû être comme ça.
Il y a cent ans, une petite histoire est mentionnée dans Torah LiShma, un livre de responsa écrit par Rabbi Yossef Haïm, le grand rabbin de Bagdad, surnommé le Ben Ish Haï d'après le nom d'un de ses livres de halakha. Vous savez que dans la plupart des synagogues de nos frères sfaradim, après la Tefila du matin, on lit un texte qui s'appelle Chok LeIsraël. Vous ne connaissez pas Chok LeIsraël ? C'est un texte qu'on lit pour accomplir justement la mitsva de l'étude de la Torah. On verra après des sources de l'époque des Guéonim qui en parlent. On lit un peu de texte biblique, un peu de Michna, un peu de Talmud, un peu de Zohar, un peu de halakha. Cela dure un quart d'heure, vingt minutes, et ainsi on étudie au moins un peu de tous les éléments pour accomplir le commandement d'étudier la Torah tous les jours.
Un jour, il y avait une assemblée de personnes âgées à Bagdad qui lisaient le matin. Puis est arrivé un jeune homme, enfin jeune, un talmid ḥakham, un érudit dans les sciences talmudiques, qui s'est assis avec eux. Dans les synagogues sfaradim, chacun lit à son tour. C'était à son tour de lire quelques versets du livre de Job, qui est un livre assez compliqué et difficile à lire. Il a commencé à lire, et il a massacré les versets. Massacré, le mot est joli. Peut-être que la ponctuation n'était pas claire, en tout cas il a très mal lu, et un vieux s'est levé en disant…
— Honte à toi ! Tata Hachem ! Comme tu massacres !
Le jeune homme s'est profondément vexé. Il est allé devant le tribunal rabbinique du rabbi Yossef Haïm, le grand rabbin de Bagdad, et il a porté plainte contre cette personne qui avait osé l'insulter, lui qui est un grand érudit et un grand savant dans les sciences talmudiques. Il a dit: comment moi, qui suis un talmid ḥakham, j'ai certes mal lu le verset, mais à cause de cela il me prend pour un crétin ? C'est honteux !
Bref, la vie, c'est absolument honteux, et ça se passe comme ça. La réponse du Ben Ish Haï a été que le vieux avait raison. Pourquoi avait-il raison ? Parce qu'un talmid ḥakham doit connaître toutes les sources de la Torah. Donc la réponse du Ben Ish Haï a été que le vieux avait raison: peut-être qu'il ne s'est pas très bien conduit, mais de façon générale, un talmid ḥakham doit connaître toute la Torah.
Et évidemment, il faut connaître le Tanakh. Et s'il ne le connaît pas, eh bien qu'il se taise, qu'il n'aurait pas dû se lever. On ne peut pas représenter la Torah sans connaître toute la Torah. C'est exactement le but de ce premier cours: faire comprendre ce qu'on entend, en fait, quand on parle d'étude de la Torah. Le mot Torah est extrêmement large. D'un côté, la Torah, ce sont les Hamisha Houmché Torah, donc Béréchit, Chemot, Vayikra, Bamidbar, Devarim. De l'autre côté, la Torah représente le Tanakh, la Michna, la Guemara.
Si vous entrez dans une grande bibliothèque, vous verrez qu'il y a des bibliothèques avec des dizaines de milliers de livres. Tout cela, c'est la Torah. J'étudie la Torah. On peut lire un livre, ça peut être le Zohar, un livre de pensée juive, ça peut être… La Torah est un domaine très vaste. Dans ce cadre de l'étude de la Torah, y a-t-il une façon d'aborder l'étude de la Torah ? En général, pour la plupart des commandements, on étudie aussi la halakha, il y a un ordre. Il faut respecter Chabbat. Qu'est-ce que respecter Chabbat ? Ce n'est pas une notion philosophique. C'est très beau, Chabbat, mais il y a un côté très pratique, ce sont les lois de Chabbat. Il en va de même pour les lois du Talmud Torah. On sait qu'on suit la mitsva, le commandement, c'est une Torah.
Dans la source numéro un, je m'excuse, c'est écrit un peu petit, mais ce n'est pas grave. Il y a le verset très célèbre, que vous dites en général trois fois par jour: le matin au Chema de Cha'harit, le soir au Arvit, et avant de vous coucher, donc le Chema. Le texte dit: « Tu les enseigneras à tes enfants, et tu en parleras, quand tu seras assis dans ta maison, quand tu marcheras sur le chemin, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. » C'est la source de l'obligation d'étudier la Torah.
La Torah utilise les mots Véchinantam levanekha, védibarta bam. Est-ce que, par hasard, vous connaissez un autre mot en hébreu pour dire « apprendre » ? Bien, bien. Je suis très impoli, je m'excuse, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Emmanuel Chiber. C'était mon ami il y a quelques années en Israël. J'ai étudié dans plusieurs yeshivot. J'ai également obtenu un diplôme d'enseignant en Tanakh. Dans différentes activités, je donne aussi des cours de Tanakh et de Guemara. Pour moi, le Tanakh est un domaine très important. Je vous dirai plus tard comment j'y suis arrivé. Ce …
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