Jonas, Ninive et la question de la miséricorde
Pourquoi Jonas refuse la grâce accordée à Ninive, et ce que le texte dit du repentir qui se concrétise dans l'action.
Rav Rony Akrich
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Bon. Alors, Yona, perek Daled. On commence au dernier verset de Gimel, juste pour se remettre dans le bain. On termine Mikha aujourd'hui. Baissez la tête quand vous rentrez, merci, parce qu'à chaque fois, dans les émissions, on voit les têtes se baisser. Non, ne baissez pas. Ce n'est pas grave. Donc Shalom lekoulam, Baroukh haba, Boker tov, Tsorim tovim.
Dernier verset du chapitre Gimel dans Yona, et on finit avec le perek Daled. La semaine prochaine, si Dieu veut, on commence un nouveau Navi qui s'appelle Mikha. Je lis donc le dernier verset de Gimel: Vayar Elohim et ma'asam, c'est-à-dire leurs agissements, ceux des gens, leur comportement, les gens de Ninvé, qui se repentent et font acte de contrition. Vous vous rappelez ?
Je reprends: Vayar Elohim et ma'asam, ki chavou mi-darkam, parce qu'ils sont revenus, ils se sont repentis de leur manière d'être, de leur comportement. Mi-darkam, c'est-à-dire de leur mauvaise conduite, ra'a. Et là, une phrase qui n'est pas là par hasard, mais peut-être à juste raison, correspond à ce que nous allons lire dans la paracha cette semaine, à propos du Ḥet ha-Egel. Vayinnachem Elohim al ha-ra'a asher diber la'asot lahem velo asa. Ça veut dire quoi ? Que l'Éternel s'est consolé, c'est-à-dire qu'il a été miséricordieux concernant le mal, la punition, qui devait s'abattre sur Ninvé, et qu'il n'a pas accomplie. Pour quelle raison ? Parce que shavou mi-darkam.
Mais à mon avis, il y a ici un mot important dont il faut se souvenir: Vayar Elohim et ma'asam, au début du verset, c'est-à-dire leurs agissements. Le mot clé de cette phrase, qui précède l'ouverture du chapitre 4, est essentiel. Il n'y a pas de contrition, pas de repentir, si la chose ne se révèle pas dans l'action.
Si vous le voulez, par rapport à ce dont nous parlons depuis le début de l'année: si le concept moral de l'identité de l'hébreu est tel que nous l'affirmons dans ce concept, il n'a pas véritablement de réalité, si ce n'est qu'il soit concrétisé dans le quotidien de l'existence de l'homme. Ce que l'on appellera l'éthique. Si le concept est moral, la pratique est éthique. Et donc, ici, le verset le précise d'une manière qui ne s'entend pas de deux façons.
Il y a une table où l'on peut se mettre, c'est beaucoup plus célèbre, surtout quand on veut s'élever. Vayar Elohim et ma'asam, ki chavou mi-darkam ra'a, vayinnachem Elohim al ha-ra'a asher diber la'asot lahem velo asa. Voilà.
En conclusion, l'ouverture du chapitre 4 est une conclusion concernant notre prophète, Yona. Vayera el Yona ra'a gedola, vayichar lo, vayitpalel el Adonai. C'est-à-dire que Yona n'apprécia pas le fait que l'Éternel n'accorde pas sa sentence contre Ninvé, au vu et au su des comportements qui furent ceux de Ninvé. Vayera el Yona ra'a gedola, c'est-à-dire que cela lui fit très mal, qu'il supporta très mal le fait que Dieu soit miséricordieux envers la ville de Ninvé, ses centaines de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de bétail, qui ne subiraient pas la colère divine. Vayichar lo, c'est la colère, pardon. Vayichar lo, ça le perturbe, c'est une colère.
Il avait accepté ce qu'il n'avait pas accepté. Mais je pense qu'il est important de savoir pourquoi il n'avait pas accepté la première fois, plus que son acceptation secondaire, alors qu'il avait été jeté à la mer, avalé par la baleine, etc. Bien évidemment, la deuxième fois, il accepte, parce qu'il a prié. On l'a vu ensemble: il y a une prière, une prière qui est une supplication, une demande, et l'Éternel accepte de le sauver, en fin de compte.
Mais c'est bien là la question. Il y a chez le prophète une souffrance qui ne peut pas être ignorée. La souffrance de se dire que, s'il venait à assumer la mission que l'Éternel l'oblige à assumer, il est probable, c'est-à-dire que selon les probabilités de sa prophétie, Ninvé serait sauvée. Ou bien penser que lorsqu'il annoncera à Ninvé que, dans quarante jours, la ville sera renversée, c'est peut-être bien ce à quoi il aspire en son âme et conscience: conscient, d'abord et avant tout, de quoi ? De ce que Ninvé est fautive.
Vous pouvez fermer la porte, parce que là je ne sais pas ce qu'ils font. Qu'est-ce ? Qu'est-ce ? On va en discuter, mais c'est exactement la question dont il est question.
C'est ce que je me disais lorsque j'étais encore sur ma terre, c'est-à-dire en Israël. C'est bien ce à quoi je pensais, ou si vous préférez, c'est bien ce à quoi non seulement je pensais, mais que je craignais. Hachem, kidam tiriadeh. Hachem, en conséquence de quoi ? Ki-dam tali vro'ar Tarshisha. C'est la raison pour laquelle je me suis enfui vers Tarchich. Lama ? Pourquoi ? Ki yadati, parce que je savais, je connaissais quels étaient les attributs de l'Éternel: El rachoum ve-chanoun, erekh apayim ve-rav ḥessed. Les treize attributs de l'Éternel, que l'on voit aussi dans la fin du livre de Chemot, en tout cas dans la paracha Ki Tissa.
Ra'ah ra'ah ra'ah lo-mechanne, ça ce n'est pas important. Ki yadati ki ata El Ḥanoun ve-Rachoum. Tu consoles, tu es miséricordieux, ve-rav ḥessed. Ah, tout cela nous rappelle bien entendu les treize attributs, qui servent en fin de compte à connaître la grandeur de l'Éternel. Parce que connaître l'Éternel face à face, l'Éternel le dira à Moshé dans cette paracha de Ki Tissa, que nous lirons Chabbat: tu ne peux pas me voir et vivre. L'homme peut me voir et vivre ? Non, ce que tu peux connaître de moi, ce sont mes attributs.
C'est-à-dire, de la même manière que vous-mêmes: il y a une connaissance de l'autre qui restera à jamais subjective. Je ne connais que l'autre par rapport à ce que je peux lui attribuer d'être, c'est-à-dire ce qu'il me montre, ce qu'il me dévoile. Jamais autrement. Il y a seulement, peut-être que je fais une parenthèse, dans le couple, où, à la force des années, nous diminuons la subjectivité. Mais l'objectivité de la conscience totale de qui est l'autre est impossible à atteindre. J'appelle cela diminuer la subjectivité. Il n'y a pas d'objectivité dans la connaissance de l'autre. Il y a une subjectivité par rapport aux attributs de l'autre.
C'est-à-dire ? Alors, venez, on avance. Oui, il y avait une question ? Non, non, il connaît les treize. Il utilise ici simplement ce qui concerne la question traitée. La question traitée ici, c'est Ki yadati ki ata El Ḥanoun ve-Rachoum, consolateur, miséricordieux, de quoi ? Comment peux-tu autoriser, peut-être dans l'esprit de Yona, qu'une cité criminelle soit sauvée de la vindicte divine ? Où est le jugement ? Où est la justice ?
En vérité, nous l'avons dit: il faut être ce que tu dis, il faut être ce que tu fais, il faut être ce que tu penses. Mais disons que, lorsque nous prenons les midot qui sont les nôtres, elles n'ont pas de différenciation, que ce soit avec l'un ou avec l'autre. Non, non, je parle des midot, je parle de la dimension morale de l'être. Essayez de vous mettre là, parce que ça me …
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