Le livre de Yona : la fuite du prophète
Yona fuit sa mission à Ninive et embarque vers Tarsis, puis la tempête le confronte à sa responsabilité.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Yonah, la prière comme mise en accusation de soi, 59 min
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On commence le Sefer Yonah aujourd'hui. Je pense que ça va prendre aujourd'hui et la fois prochaine. Bon Dimanche à tous. Comme introduction, on peut dire que ce livre a été choisi pour être lu l'après-midi de Kippour. Quel rapport entre Kippour et le livre de Yonah ?
On peut penser bien entendu à la notion de techouva, c'est-à-dire de repentir. Je pense que cela va bien au-delà de la seule définition du repentir. La deuxième chose importante à savoir, c'est qu'Israël n'est en aucun cas mentionné dans le livre de Yonah. Il est question d'un prophète d'Israël, et de la population de Ninive, c'est-à-dire des habitants de Ninive. J'ai voulu le marquer pour vous le préciser.
Fermez la porte, s'il vous plaît, parce que là je n'ai pas compris… C'est quoi, le bruit à l'extérieur ? Quelle est la question ? Yaakov ? Béréchit ? Ah, où le mot… Erets Israël ? Je ne me rappelle plus exactement. Mais les premiers sons, c'est Erets Kenaan, c'est ça qu'on entend. Bon. Revenons à Yonah.
Je reprends. Le Sefer Yonah est lu l'après-midi de Kippour non pas seulement parce que c'est un livre sur la techouva, mais je pense qu'on va y découvrir bien plus que le simple repentir dont il est question dans les religions. Ce que j'avais marqué pour les Israéliens est trop long. Nous allons rentrer directement dans le sujet, c'est-à-dire le livre de Yonah.
On peut le diviser en deux parties. La première partie est le refus du prophète d'assumer sa prophétie, sa fuite, bien entendu, et ensuite les conséquences de sa fuite. La deuxième partie traitera de la confrontation du prophète avec l'histoire de Ninive, avec l'application de la prophétie. En première partie, la fuite devant la prophétie, la fuite devant la responsabilité qui est la sienne; en deuxième partie, l'assomption pleine et entière de l'énonciation de cette prophétie, sa réalisation, et bien entendu essayer d'entendre et de comprendre, encore une fois, le personnage de Yonah. C'est bien ?
Bien. On commence. Il y a un certain nombre de choses récurrentes, qui doivent déjà faire partie de vos connaissances générales: Vayehi davar Hachem el Yonah ben Amitaï lemor. Voici ce que furent les paroles de l'Éternel à Yonah, fils d'Amitaï, et voici ce qu'Il lui dit. L'une des clés que vous avez déjà apprises: Vayehi. Le livre de Yonah commence par Vayehi.
Avec le sens. Automatiquement, nous n'avons pas besoin de revenir sur le propos, puisque le seul fait de lire Vayehi nous permet de comprendre et d'entendre que… Koum lekh el Ninveh. Koum et lekh, deux verbes qui se suivent: précipitation. Koum lekh el Ninveh: c'est-à-dire, lève-toi et mets-toi en route, mets-toi en marche. Il y a une précipitation.
Précipitation, pourquoi ? Parce qu'il y a une ordonnance divine. Koum lekh el Ninveh ha-ir ha-guedola: il s'agit véritablement d'une cité antique importante. Étant donné que nous ne parlons pas d'Israël, il est apparemment question d'une cité importante au sein d'un royaume antique non moins important. Ninive, la ville, se trouve du côté de l'Irak.
Je reprends le verset: Koum lekh el Ninveh ha-ir ha-guedola, va, précipitamment, et accomplis ma prophétie concernant la ville de Ninive, la grande ville, c'est-à-dire la grande cité. Ki alta ra'atam lefanaï, Ki alta… Ma zé likro. Non, pas likro avec aïn. Likro: c'est appeler, mais c'est aussi écrire. Je vous rappelle ce que j'ai déjà dit une fois: lire et écrire. Lire et appeler, pardon. Interpeller.
C'est dommage qu'hier nous n'ayons pas utilisé l'heure de Yoël pour nous rencontrer, mais apparemment il y a eu un kibboutz. En tout cas, dans Torah Tanefesh, une des choses que j'aurais voulu vous apprendre, c'est que la Kriat Shema al hamita est véritablement l'appel lu de ce qui est entendu. Vous me suivez ? Kriat Shema: l'appel lu de ce qui est entendu. C'est-à-dire qu'il y a une capacité à lire, au soir de son jour, ce que nous sommes capables de nous faire entendre, et qui donc va nous interpeller. Très fort.
Être capable de lire à la fin de notre jour ce que nous sommes capables de nous faire entendre de ce qu'a été notre jour. Et donc, si nous avons été capables d'être à l'écoute de ce que nous pouvons lire et écrire maintenant, nous sommes interpellés. C'est plus long que ça, mais cette phrase-là doit déjà vous travailler l'esprit énormément. Oukra aleha: c'est-à-dire, interpelle-la.
Quand tu interpelles une personne, que veux-tu d'elle ? Quand tu l'interpelles sans notation, cela veut dire qu'elle est capable de lire sur tes lèvres ce que tu veux. C'est être à l'écoute, absolument. Interpeller quelqu'un, c'est éveiller son attention, et éveiller la plus grande attention qui puisse être éveillée, c'est lorsque nous sommes capables de décrypter. Vous pouvez dire le verbe « lire », mais « décrypter ».
C'est pour cela que nous sommes interpellés, afin que, lorsque nous sommes capables, par nous-mêmes, de décrypter, donc de lire, nous n'ayons pas besoin d'être interpellés, puisque la chose est sue, est lue. Vous me suivez ? Vous avez l'habitude de ce langage, j'imagine. Oukra aleha. Ça sort des sentiers battus, comme disait ma grand-mère. Donc tu dois l'interpeller là-bas. Ce n'est pas marqué « là-bas ». C'est moi qui… là-bas ? Pourquoi ?
Ki alta ra'atam lefanaï: c'est-à-dire que leur manière de se conduire est mauvaise. Ra'atam, leur méchanceté. Dans le propos du Tanakh, la méchanceté est lorsque l'homme devient un être déviant. Déviant. Déviant de quoi ? De la route qu'il aurait dû suivre. Quelle est la route qu'il aurait dû suivre ? L'équilibre, l'harmonie, l'identité morale de la manière d'être hébreu.
Vous devez commencer à connaître mon langage par cœur. Enfin, je dis pour les enfants d'Israël: l'identité morale de la manière d'être homme. C'est la même chose. Oui, c'est le propos de tous les prophètes: la société va mal. Le Tanakh a certainement été compilé, comme il l'a été, afin de permettre une meilleure appréciation du phénomène sociétal.
Dans sa dimension morale, économique, politique, militaire et spirituelle.
— Pardon ? Yehoshoua ne parle pas de la société ?
Ah non, mais il n'est pas considéré comme… il est dans le livre de la prophétie, si tu veux. Mais il n'est pas un prophète: lui est un dirigeant politique. Les prophètes, je te parle de Yirmiyahou, Yeshayahou, Yehezkel, et puis les douze dont nous parlons ici. Tu comprends ? David a certainement un don prophétique, Yehoshoua aussi, mais ce ne sont pas les prophètes tels que nous les étudions ici.
— Quels enfants ?
Ah, attends, laisse-nous faire le livre. Tu auras la réponse au deuxième cours, le mercredi suivant, si Dieu le veut, à la fin du cours. Ki alta ra'atam lefanaï, c'est-à-dire leur méchanceté. Mais non, c'est très clair. Ce n'est pas… on n'est pas dans l'ordre du mal au sens moral ordinaire. Il a été méchant ? Non, il a été déviant. Déviant de quoi ?
De la stature, du statut d'identité morale dévolue à l'homme, bien entendu. C'est clair.
Cours de Machon Meir
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