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Le livre d'Ovadia : déclin et choc des civilisations

Introduction au plus court des prophètes, à travers Spengler, Huntington et Fukuyama, et la question de l'image divine.

1 h 05

Rav Rony Akrich

Ensuite : Ovadia : la chute d'Edom et la leçon pour Israël, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Le livre d'Ovadia est le plus court des 24 livres qui composent le Tanakh, puisqu'il ne compte qu'un seul chapitre, de 21 versets. La prophétie d'Ovadia est liée à ce personnage dont nous ne savons absolument rien. Nous ne savons pas à quelle époque il a vécu.

Le fils de qui, ou le père de qui ? La Guemara, dans Sanhédrin, donne une supputation: elle pense qu'il aurait vécu à la fin du Premier Temple. Mais la plupart des avis le situent à l'époque du royaume d'Israël, sous le règne d'Akhav et d'Izével. Les chercheurs, les scientifiques, eux, le situent à la fin du Premier Temple. Oui, à la fin du Premier Temple il va y avoir la scission, ce sont deux époques différentes.

Non, non, installe-toi, prends une place, rajoutez une table, essayez de penser, ou mettez-vous à trois sur une table. Toi, tu es un touriste ici ?

Il faut noter: assieds-toi à une table. Serrez-vous. La prophétie est dramatique à l'encontre d'une seule civilisation, celle d'Edom. On parlera de la délivrance et de la libération d'Israël, conséquence de la prophétie d'Ovadia à l'égard d'Edom, dont, vous le savez, nous situons l'ancêtre chez Esav.

La fin des 21 versets concernera l'omniscience de la royauté divine dans ce monde. J'ai essayé de penser à ce que nous allions faire avec 21 versets. Alors, le titre que vous donnerez à ce livre et à ces 21 versets, ce sera la fin d'une civilisation. Mais quand j'ai pensé à la fin d'une civilisation, cela m'a amené à me dire: je ne peux pas les laisser, comme d'habitude, sans culture générale. Le Tanakh m'y oblige. Si, comme d'habitude, je vous le dis et je vous l'enseigne, c'est qu'il a été écrit pour nous relater une histoire passée, et il a été retranscrit dans le Tanakh pour une seule raison. Une raison inductive, qui nous amène aujourd'hui à essayer de comprendre, au XXIe siècle,

ce que les 21 versets d'Ovadia viennent nous dire. Je pense avoir trouvé, mais je n'ai rien reçu du mont Sinaï par moi-même. Je ne suis que l'élève de mes maîtres. Étant donné que je suis à la place de ceux qui enseignent, je dois réfléchir à ce que je vais vous donner. Pour ceux qui notent: vous allez noter trois grandes références dans la littérature contemporaine.

La première est moins contemporaine, puisqu'elle est éditée à l'époque de la Première Guerre mondiale. Elle est écrite par un homme qui s'appelle Oswald Spengler, philosophe allemand, né au deuxième tiers du XIXe siècle, qui meurt en 1936. Il est donc contemporain de la Première Guerre mondiale, et vous allez comprendre pourquoi je le dis, mais aussi de la montée du nazisme, en 1933, si ce n'est après la révolte de Munich qui a eu lieu plusieurs années auparavant. Le livre de Oswald Spengler s'appelle Le Déclin de l'Occident. Le Déclin de l'Occident.

Les deux références que je retiens d'Oswald Spengler sont là parce qu'après la Première Guerre mondiale, je veux dire après la chute du fascisme et du nazisme, on n'entendra pratiquement plus parler de Spengler. Mais il y a deux hommes qui vont le remettre au goût du jour. Ce sont des études traduites en français; vous imaginez bien que je n'ai pas été plongé des années dans ce qui se disait seulement en anglais, bien que ce soit intéressant aussi. Le premier de ces personnages, qui va remettre Spengler au premier plan, publie en 1994 un livre intitulé Le Choc des civilisations. C'est Samuel Huntington, qui, jusqu'à aujourd'hui, fait énormément d'histoires, non pas de bruit, parce que ça serait méchant pour lui, mais d'histoires. Je vous dis deux mots: Huntington, Samuel Huntington.

Avant que j'oublie le nom qui me vient à l'esprit maintenant, son parallèle est un autre Américain, qui écrit un livre intitulé La Fin de l'histoire et le dernier homme. Lui s'appelle Francis Fukuyama. Les années 90. Si vous ne lisez pas ces trois livres, vous ne comprenez rien au livre d'Ovadia. Non, c'est moi qui vous le dis, c'est mon enseignement. Pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Ne commencez pas déjà.

Le titre, La Fin de l'histoire et le dernier homme, est de Francis Fukuyama. Le précédent, Le Choc des civilisations, est de Samuel Huntington. Je vous explique tout de suite de quoi il est question. Les années 90, les mêmes années 90. Huntington va réagir à ce que Fukuyama a écrit.

Je vous dis tout de suite ce que Huntington a dit. Après la chute du mur de Berlin, en 1992, nous pensions que la démocratie libérale avait vaincu. La dualité Est-Ouest, bloc soviétique communiste d'un côté, démocratie libérale, économie de marché et capitalisme de l'autre, avait pris fin: la démocratie libérale avait vaincu. Huntington vient et dit: vous ne connaissez pas les hommes. S'ils ont fini de se battre pour des idées, ils vont se battre pour des croyances.

Ce qui m'amène automatiquement à penser à ce que dira André Malraux au milieu du XXe siècle: « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas. » On n'est pas en train de juger. Pour l'instant, on est dans une bibliographie instructive. Votre connaissance doit être la plus large possible. Il vous est interdit d'ouvrir vos élèves et de dire: on va étudier Ovadia. Hazon Ovadia. Ko amar Adonaï Elohim. C'est fini, ça. On y arrivera, parce que nous possédons, en amont et en aval, toute une culture, toute une analyse, tout un regard géopolitique, social, économique, militaire, religieux, philosophique. L'ensemble de ces données nous permet d'apprécier le Tanakh dans sa dimension actuelle. Il est contractuel avec nous, parce que nous sommes capables de le relier à ce que nous vivons aujourd'hui.

Donc, grosso modo, je ne vais pas vous lire tout le livre de Huntington. Après la chute du mur de Berlin, la démocratie libérale a vaincu. Elle a vaincu ces extrémismes que sont les « isme », c'est-à-dire le marxisme, l'hélénisme, etc. Bien que, d'un autre côté, le maoïsme continue en Chine, qui n'est plus d'ailleurs aujourd'hui, puisque la Chine est entrée dans l'économie de marché. La démocratie libérale, qui n'est pas en Chine une démocratie libérale, mais du moins la partie de la démocratie libérale qui porte l'économie de marché, est un fait. Vous me suivez ? C'est important, tout ça.

C'est comme si vous étudiiez après le bac, en première et deuxième année de fac, en économie, en gestion, en sciences politiques, etc. Hier, c'était psychologie, c'était du lourd, hein, c'était du très lourd. Je me suis demandé si j'avais bien fait de vous faire ça. Je ne sais pas si vous avez… Mais en tout cas, j'ai dit que si vous avez capté cela, c'est quelque chose qu'on doit continuer, parce qu'on a fait que… Oui, moustiller, barboter dans l'eau, quoi. Non, non, ouais, ça c'est votre cher directeur, notre cher et tendre ami, de son prénom royal, qui devrait changer les choses.

Donc: Huntington, le mur de Berlin, la démocratie libérale, son vainqueur. Ce qui reste est de venir dire et d'affirmer ce que j'ai rappelé à travers Malraux. Mais lui ne parle pas …

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