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Kirouzot Bagoyim : la guerre qui ramène à soi

Yoël 4 : le verset inverse la prophétie d'Isaïe, et la guerre juste vise l'unité intérieure avant tout.

39 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le livre de Yoël : le désastre est-il inéluctable ?, 59 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Sefer Yoël, Perek Dalet, Pasouk Tet: Perek Dalet, Pasouk Tet, Kir'ou zot baGoyim, Kadéchou Milhama, Ha'iru Hagibborim. C'est le dernier passage. On va finir Yoël, et après Hanouka, on commencera Amos. Pasouk Tet, Perek Dalet de Yoël, on a vu la semaine dernière

Essentiellement, le bandeau-titre pourrait être la confiance incroyable que nous mettons dans nos alliances géopolitiques, en étant persuadés intimement que la solution de la problématique géopolitique se trouve à l'extérieur et non pas chez nous. C'est-à-dire que l'alliance géopolitique serait à même d'apporter les réponses aux grandes questions régionales et internationales.

Et à chaque fois que cela arrive dans l'histoire tannaïtique, telle que nous le verrons par la suite, ces alliances sont en vérité la conséquence. C'est cela qu'il faut se rappeler d'abord et avant tout: pour qu'il y ait une alliance aussi exacerbée avec les pays étrangers, c'est parce qu'il y a quelque part quelque chose que l'on peut appeler une mésalliance à l'intérieur de nous-mêmes. On ne se donne pas d'une telle manière et d'une telle façon à autrui s'il n'y a pas une perte de soi quelque part. Vous me suivez dans ce que j'ai dit ?

De la même manière, dans votre histoire amoureuse demain, il n'y a pas un don de soi exacerbé, c'est-à-dire aigu, extrême, fanatique à la limite, vers l'autre, si ce n'est parce qu'il y a à l'origine une perte de soi-même. Perte de soi-même parce qu'il n'y a pas connaissance de soi-même, conscience de soi-même. C'est clair ce que je dis ?

Donc sachez que lorsque cela se passe au niveau étatique, nous sommes confrontés à ce que j'appelle une alliance intimement liée à quelque chose de la mésalliance. Non, certainement pas. Erreur fondamentale et foncière. Il n'y a un « nous » dans l'existence de l'individu que lorsqu'il y a une addition, une rencontre, une osmose entre le « je » et le « tu ». Mais s'il y a « je », « tu », « tu » ou « tu », « tu », « je », il n'y a pas de « nous ». Les choses sont claires, bien évidemment.

Kir'ou zot baGoyim, Kir'ou zot baGoyim. Il est question ici au Pasouk Tet: il y a une interpellation des nations. Kadéchou Milhama: l'Éternel va interpeller les nations, et lorsque l'Éternel interpelle les nations, eh bien, Kadéchou Milhama, Ha'iru Hagibborim, Yiqrevou vé'alou kol anshé hamilhama. Mais partir à la guerre n'a rien de très réjouissant.

Mais l'association ici de Kodesh et de Milhama est quelque chose d'absolument extraordinaire. Si quelqu'un peut fermer la porte, je le remercie de grâce. Et je veux que vous compreniez ces deux termes. Premièrement, le terme de Milhama. La racine de Milhama, étonnez-vous, c'est 'Alchim. 'Alchim en hébreu. 'Alchama, c'est soudé.

Ça doit provoquer chez vous l'envie d'écrire une thèse immédiatement, si dans l'essence sémantique du terme guerre, il y a cette expression de devoir souder. Bien évidemment. Bien évidemment. Mais ça veut dire que je vais employer un terme français de l'époque de la Renaissance, ou même antérieur, rabelaisien:

Pour pouvoir souder, il faut en dessouder. Ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire, en dessouder avec l'autrui ? Ça veut dire en découdre avec lui. Ça veut dire se battre, se confronter. Avec soi. C'est-à-dire que la guerre va réanimer la notion d'unité. Mais cette unité commence d'abord et avant tout avec moi-même. Non, pas du tout. Au contraire.

Elle n'est pas là pour alimenter, simplement. Lorsque nous parlons ici de la guerre engendrée, générée par l'Éternel contre les nations qui ont hégémonisé Israël, cette guerre a un but: permettre foncièrement à Israël de retrouver sa place, c'est-à-dire de se retrouver avec lui-même. Là est l'unité. Mais aux nations, de reprendre leur place véritable.

Un exemple qui nous touche dernièrement: le 13 novembre. Quelles ont été les réactions face à la nuit du 13 novembre ? C'est un acte violent, un acte de guerre, comme cela a été dit dans les déclarations politiques. Mais au niveau de la France, quelles sont les conséquences dont nous sommes les témoins ?

Bien sûr, le patriotisme, c'est la rencontre de l'amour avec l'autre. Le nationalisme, c'est la rencontre de la haine vis-à-vis d'autrui. Donc vous comprenez que ce n'est pas par hasard si, dans la langue hébraïque, Milhama est accolé au mot Kodesh, Kedoucha, en plus de l'addition dialectique ici.

Ce n'est pas une auréole autour de la tête pour devenir saint ceci ou saint cela. La Kedoucha, c'est la vie. Les Kadoch, les sanctifiés, c'est insuffler un supplément de vie, ou, si on s'appelait Bergson, un supplément d'âme. Mais il est question ici: Kadéchou Milhama. Je ne vais pas à la guerre parce que je veux simplement en découdre. Parce que je veux simplement

me battre, parce que je veux simplement verser le sang. Non, que nenni, mon ami. Il est question, lorsque nous parlons… Marquez les noms, essayez d'arriver à l'heure dorénavant. Fais un petit V sur les feuilles, Toda. Vous avez de la place à côté de notre ami David ici aussi. Tov, yalla. Donc vous comprenez qu'il y a ici, comment est-ce que vous appelleriez cela en français, pour ceux qui ont un peu lu dans leur existence ? Kodesh et Milhama, liés ensemble, ça s'appelle comment ?

— Qui a dit ça ?

— Yafemeot, c'est un oxymore.

Dire que la nuit est claire, c'est un oxymore. Dire que le jour est sombre, c'est un oxymore. Bon, ça y est, on a compris. Ce n'est pas maintenant qu'il faut les étudier, c'est avant. On arrive ici avec son bagage. Il est clair donc que Kedoucha et Milhama sont presque antinomiques.

D'où l'oxymore. Il est donc question de la vie, mais ce n'est pas un oxymore tel qu'on pourrait l'entendre dans la seule traduction française. Dans l'hébreu, cette expression n'est pas oxymorique, on dirait. Elle est quoi ? Elle est, en vérité, révélatrice, complémentaire, unificatrice. De quoi ? Eh bien, l'engagement de cette guerre a pour but, bien évidemment, de redonner à Israël sa place.

Mais sa place ici, oui. Mais sanctifier, je l'ai traduit: sanctifier quelque chose, c'est lui insuffler la vie. Il n'y a pas de sanctification plus importante, dans le Zohar, dans le terme de Kodesh, que l'insufflation de la vie. Tout ce qui va à l'encontre de la Kedoucha, le contraire de Kedoucha, c'est ?

— Tamé.

Qu'est-ce qui est le plus tamé ? Yafé. La mort, c'est quoi ? Le contraire de ?

— La vie.

La vie, voilà. Vous avez tout compris. Vous voyez, il n'y a pas besoin d'avoir fait de grandes études pour comprendre ce que j'explique. C'est d'une simplicité et d'une limpidité comme l'eau de source. Il suffit simplement de s'investir et de croire qu'on est capable de devenir, et d'arrêter de jouer le rôle du bêta.

Kir'ou zot baGoyim, Kadéchou Milhama, Ha'iru Hagibborim, Yiqrevou vé'alou, c'est-à-dire: réveiller les héros, mazé Gibborim. Réveiller les combattants. Mais comment appelons-nous les combattants ? Eh bien, nous les appelons des héros. C'est-à-dire que le combattant, lorsqu'il s'engage, ce n'est pas en lui disant: « Mon pauvre …

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