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Yoël chapitres 3 et 4 : faut-il vivre par le feu et le sang ?

Le Rav Akrich explique la promesse de Yoël et le jugement des nations, et la lumière voilée de l'histoire.

57 min

Rav Rony Akrich

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Yofi, perek gimel, Yoël. Bokèr tov, leküllam, shalom. On continue et on termine Yoël aujourd'hui, avant de passer au prochain prophète, Amos, b'ézrat Hachem. Véhaya aharei-khèn échpokh et rouhi al kol bassar, vénivou banèkhèm ouvénotèkhèm, zik'nékhèm halomot yah'almou, bahourèkhèm hizayonot yir'ou.

Véhaya haréchèn. Shalom. C'est quoi ton nom ? — David. — Oliel ? — Oui. — Ah, ben c'est bien. On est là. Il y a fait. Donc, véhaya, l'ouverture du chapitre 3 vient confirmer la règle axiomatique que je vous avais donnée. David, tu as une place ici, et un Tanakh aussi, pour te mettre en place. Et la règle était: véhaya, vayéhi.

Vayéhi est un langage qui ouvre, en général, un événement non prometteur. Pourquoi ? Parce que yéhi, c'est le futur, et vayéhi, le vav est une conjonction de conversion. Elle convertit le futur en passé. Ceux qui voient leur futur dans leur passé, eh bien, ceux qu'on appelle les nostalgiques, n'ont rien de prometteur. Véhaya est tout le contraire. Haya est un passé, le vav de conversion, et donc il convertit le passé en futur. Ceux qui tirent les leçons du passé pour entrevoir les lendemains, cela ne peut être qu'en chantant. C'est clair ? Règle axiomatique. Vous comprenez ? Qu'est-ce que j'ai dit maintenant ? J'ai été très clair: le passé nous sert de leçon pour construire demain. Haya est un passé, le vav convertit le passé en futur.

Contrairement à ceux qui convertissent leur futur en passé, qu'on appelle les nostalgiques. La nostalgie n'est pas prometteuse, alors que la leçon du passé est prometteuse d'un avenir. D'accord ? C'est aussi une règle axiomatique. Vous ne la connaissez pas, vous pouvez lire le texte, anachim, Torah, nevi'im, ketouvim, jusqu'à demain, vous passez à côté. Ce n'est rien. Il y a fait. C'est comme les Aba et les Ima que nous avons vus ensemble: Aba médaber, ima omeret.

C'est-à-dire que dibour est un langage de rudesse, alors que émor est un langage de tendresse. Vaydabér, tu sais, tant mieux, tu ne sais pas ce que tu as lu. En vérité, tu as fait des non-sens. Adonaï, Elohim, vaydabér. Elohim est le Dieu créateur des lois immuables de l'histoire, alors que Adonaï… C'est le même, hein, attention. Mais l'émanation, ici, est celle du Créateur omniprésent dans l'histoire. C'est la raison pour laquelle vous dites Baroukh Hatta Adonaï, vous ne dites pas Baroukh Hatta Elohim. Parce que les lois immuables, c'est: le soleil se lève, le soleil se couche. Alors que Adonaï est le Dieu créateur omniprésent dans l'histoire des hommes. C'est-à-dire qu'il est celui que j'interpelle pour essayer d'éveiller sa miséricorde, etc., etc., ou sa mansuétude. C'est clair ?

Donc vous voyez, à travers ces trois exemples, dont le premier concerne notre chapitre, que ces choses sont absolument importantes. Il est très probable que, jusqu'à aujourd'hui, vous n'avez lu que des non-sens de l'histoire écrite, étant donné que vous n'avez pas les clés pour pénétrer le texte, bien entendu. Or il est important de connaître ces clés-là. Vous avez vu, nos sages, dans la Guemara… La dispute, la mahloket, ne peut se faire qu'à travers les versets du Tanakh. Des vingt-quatre livres, des neuf cent vingt-neuf chapitres et des mille trois cent quatre-vingt-six pages que l'on connaît par cœur. Ok ? Yéhi, c'est le futur ? Le vav convertit en quoi ? En passé. Demain, ramené à hier: désastreux. Véhaya, hier, amené à demain: prometteur. Voilà. C'est aussi simple que ça. C'est-à-dire, messieurs, s'il vous plaît: véhaya aharei-khèn échpokh et rouhi al kol bassar. Donc le texte qui nous engage ici est un texte prometteur.

Nous avons vu, dans le chapitre 2, la dernière fois: Chouvou ad Hachem, ki élo kerem. Le repentir, la réponse aux questions de l'histoire, le repentir qui se traduit par un retour profond à soi, au temps de soi et à l'espace de soi, eh bien, est prometteur. Et là, il y a une autre promesse, je vous le dis dès maintenant: la promesse est que les nations qui ont voulu être hégémoniques vis-à-vis d'Israël seront jugées quant à cette hégémonie-là. Voilà. C'est le vaw ici. Précédemment, il est question de Dieu face à Israël. Ici, présentement, il est question de Dieu face aux nations. C'est bien ?

Il y a fait. Qu'est-ce qui est marqué ? Échpokh et rouhi al kol bassar. C'est-à-dire que je vais déverser, non pas ma colère, et api, en hébreu, c'est le nez, c'est la colère. Comment dit-on en français ? Fulminer. Le verbe français. Et donc ici, échpokh et rouhi, c'est-à-dire que je vais déverser mon esprit, mon esprit sera débordant. On va voir. Al kol bassar, c'est-à-dire: sur tout être. Vénivou banèkhèm ouvénotèkhèm, c'est-à-dire que les enfants d'Israël, filles et garçons, seront capables de prophétiser.

Le prophète n'est pas un devin magique. Le prophète, navi, le terme lui-même est un concept: Nun Vav Yod, navi, c'est le porte-parole de l'Éternel. C'est dommage que vous ne notiez pas; vous n'êtes pas des étudiants à part entière. Donc navi, porte-parole de l'Éternel. Quand il dit vénivou banèkhèm ouvénotèkhèm, que les enfants d'Israël sont devenus, ont été capables de prophétie, c'est-à-dire qu'ils sont devenus les porte-paroles de l'Éternel. Ce que normalement nous devrions être. Le prophète n'est là que parce que nous n'y sommes pas. Est-ce que c'est clair, ce que je viens de dire ?

Nevihim bnei nevihim, dit la Guemara: prophètes, fils de prophètes. Dans le sens de prophète, vous avez entendu ce que j'ai dit: c'est-à-dire que les enfants d'Israël, comme le prophète lui-même, sont, ou deviendraient, les porte-paroles de l'Éternel. Qu'est-ce que ça veut dire, être le porte-parole de ? — Oui, c'est-à-dire rapporter, le rapporteur de… — Mais il faut que ces rapporteurs de l'État… — Oui.

C'est donc le sens ici: nous n'avons plus besoin qu'ils nous rapportent la Parole. Ils sont suffisamment élevés. Et regardez après quoi cela vient: après échpokh et rouhi, c'est-à-dire après que j'ai déversé mon esprit. Mon esprit, ça veut dire quoi ? La connaissance. Et la connaissance, elle sert à quoi ? Nous l'avions vu au chapitre 1. La connaissance sert à développer l'état de conscience, la prise de conscience. Donc la connaissance sert à la prise de conscience. Ichpokh et rouah chel Hachem, déverser l'esprit de l'Éternel, c'est bien cela que cela veut dire. En conséquence de quoi ? Les enfants d'Israël deviennent les porte-paroles de l'Éternel. C'est-à-dire qu'ils sont ce que l'Éternel veut d'eux.

Et, pardon ? Non ? Là, oui. Ah, mais déjà pour eux-mêmes. Il y aura véritablement, c'est une bonne question, une possibilité de rédimer les nations que si Israël a fait preuve de rédemption pour lui-même. C'est-à-dire que c'est parce que les enfants d'Israël, en connaissant cette prise de conscience, sont capables d'être les porte-paroles, c'est-à-dire les justes représentants.

Et en conséquence de quoi: vénivou banèkhèm lezikènèkhèm, halomot yah'almou, bahourèkhèm hizayonot yir'ou. Si les anciens avaient des rêves qu'ils rêvaient, que font leurs jeunes descendants, les bahourim, la jeune génération ? Eh bien, nous disons que si nos pères avaient des rêves, j'imagine que tous vos parents …

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