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Yoël 2 : la pédagogie du retour à la raison

Comment Yoël, à la différence des autres prophètes, appelle Israël à la contrition et à la consécration face à la plaie des sauterelles.

1 h 06

Rav Rony Akrich

Ensuite : Kirouzot Bagoyim : la guerre qui ramène à soi, 39 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Perek Bet, Pasouk Alef de Sefer Yoël. J'ai entendu. Sachez que je vous ai entendus hier et tout à l'heure. Sachez simplement que vous m'entendez parler, et je vous l'ai déjà dit: je ne sais pas ce que font les autres, mais mon enseignement est une passion, que j'essaie de faire passer à mes centaines d'étudiants, et j'essaie de vous donner exactement la même chose. Cela concerne le moment où l'on se lève, où l'on prend le transport, jusqu'à ce qu'on arrive ici. Sachez qu'aujourd'hui, par exemple, c'est simplement pour une heure que je fais trois heures de trajet. Il y a bien autre chose derrière. Je pense qu'il doit y avoir un respect mutuel qui passe par le rendez-vous à l'heure.

Et la deuxième chose, c'est que ce que nous apprenons, c'est afin de faire de nous quelqu'un d'autre. Nous ne voulons pas acquérir ici une quantité de savoir, mais une manière d'être par rapport au savoir qui est le nôtre, et essayer de faire de nous les propriétaires des lettres de noblesse auxquelles nous aspirons. Voilà, c'est tout. La chose est passée. J'espère que ça ne se reproduira plus. Surtout qu'hier vous deviez avoir un cours de Torah Tanefesh concernant les événements de France et d'Israël, que j'ai donné partout d'ailleurs, et que je voulais vous offrir hier aussi. Puisque ce n'est pas mon jour – je remplaçais le Rav David –, je voulais vous donner celui-là, c'est-à-dire la confrontation, la peur, l'anxiété, l'insécurité, par rapport à notre enseignement et à l'enseignement que je donne à travers ce cours-là. Ce sera partie remise. J'espère qu'on n'aura pas besoin de le refaire dans des situations aussi dramatiques.

Alors nous allons être au Perek Bet, donc du Sefer Yoël. Je rappelle simplement le Perek Aleph, que nous avions vu il y a quinze jours. Le Perek Aleph concerne, comme nous l'avions vu, la plaie des sauterelles qui va s'abattre sur Erets Israël.

Nous avions vu que cette plaie qui s'abat sur Israël engage, si l'on peut s'exprimer ainsi, le pronostic vital d'Israël, étant donné que nous sommes dans une société agricole. Lorsque les pâturages et la culture sont détruits, il est bien évident que cela remet en cause ce pronostic concernant la société israélienne d'antan.

Nous n'avons pas commencé à entendre un Yoël qui viendrait de la même manière que les autres prophètes. Qu'est-ce à dire ? Les autres prophètes seraient venus et auraient dit: s'il nous arrive ceci ou cela, c'est parce que ceci ou cela, vous concernant, vous les enfants d'Israël. Or là, nous voyons la première partie que nous avions vue: Hagrou ve-sipdou kohanim, dans le verset 13 du chapitre Aleph: Ililou meshartei hamizbéah, Bakhou, Alinou bassakim, Meshartei Elokai. C'est-à-dire qu'il demande ici la contrition, la prière, la supplique, dont nous avons

parlé dernièrement. Mais il n'y a pas, étonnamment, de la part de Yoël – bien que, comme je vous l'avais dit, nous ne sachions pas exactement quelle période est la sienne, il y a énormément de divergences concernant la datation –, bien que la majorité d'entre nous puissions penser qu'il s'agit du tout début de l'époque du Deuxième Temple, et donc que nous sommes quelque soixante-dix ans – même pas soixante-dix ans, soixante-huit ans – après la destruction du Premier Temple. En cinq cent vingt, quelque chose comme ça, avant

l'ère chrétienne. C'est à peu près la période dans laquelle nous le situons.

Donc cette plaie des sauterelles va venir ravager complètement Israël. Et Israël se retrouve dans une situation, comme je vous ai dit, où son pronostic vital, sa précarité, est énorme. Le prophète, étonnamment ici, ne réagit pas comme les autres prophètes, mais leur demande au contraire de se…

Consacrer, c'est bien le mot, d'ailleurs. Consacrer, contrairement à ce qu'on pourrait penser au premier abord, cela veut dire participer au sacré. Le sacré, c'est le sacrifice que nous avons. C'est la racine de sacrifice, c'est-à-dire la volonté que nous avons de nous donner, de nous offrir. Sans parler ici de takanot ou de fondamentalismes – il est question, bien entendu, de se donner, c'est-à-dire d'être prêt à se contrir, d'être prêt à une remise en question totale. C'est de cela dont il est question, bien entendu.

Alors nous allons lire et puis découvrir. Aujourd'hui nous ferons le Perek Bet. La semaine prochaine, Gimel Dalet; avec ça nous terminerons Yoël, et dans deux semaines nous passerons à Amos, qui est le troisième des douze petits prophètes du Trei Assar.

Tikou shofar bé-Tsiyoun, faites sonner le shofar à Sion. C'est Erets Israël, c'est Yerouchalaïm. Tsiyoun concerne les deux. Peut-être vous l'ai-je déjà dit, je ne me rappelle jamais à qui je dis quoi, mais Tsiyoun, c'est ze Tsiyoun. Par exemple, vos enfants, quand ils rentreront de l'école, vous leur demanderez: ze Tsiyoun, kibalta la mifram ? Ça veut dire: quelle note as-tu reçue à l'examen ? La note, en hébreu, elle sert non pas à noter, mais à signaler. Tsiyoun, en hébreu, c'est la borne de repère, si vous voulez, la borne romaine, si vous préférez. C'est une borne de repère. L'hatsiyen, c'est signaler quelque chose.

Vous savez, quand j'étais à l'école d'officiers, là-bas, nous apprenions les noun tsadik, néqoudot tsiyoun, c'est-à-dire les points de repère, les points de signalisation, pour se repérer de jour comme de nuit. Pour passer l'examen de l'école d'officiers, il faut être capable de jour comme de nuit, à pied ou en véhicule – voiture, camion –, de se repérer, parce qu'on vous lâche à un point ici, et vous devez aller là. Entre là et là, il y a des montagnes, des collines, des pâturages, des chemins, et vous n'avez

que ce que vous avez préparé la veille. La seule chose qui vous permet, c'est la préparation. Par exemple, vous allez sortir à une heure du matin. De neuf heures à minuit, c'est le café, les gâteaux et les sandwichs; de neuf heures à minuit, il est question de préparer ce chemin-là, et d'arriver d'un point à un autre. Ce qui va nous permettre de nous repérer, ce seront les noun tsadik, donc les néqoudot tsiyoun.

Rappelez-vous donc que Tsiyoun, c'est Yerouchalaïm et Erets Israël. Faites le rapprochement: pourquoi Yerouchalaïm et Erets Israël s'appellent-ils Tsiyoun ? Et vous aurez tout compris, bien entendu.

Tikou shofar bé-Tsiyoun, véhariou béhar qodshi. Faites donc entendre le son sur la montagne de Ma sainteté. C'est sur la montagne où ma sainteté se révèle, où le sacré se révèle. Et il n'y a rien de plus sacré que lorsque l'Éternel dit har qodshi, la montagne de Ma sainteté. Il n'y a pas de sainteté plus grande, plus révélée, que lorsque l'homme est capable de vivre au diapason du projet divin. Vous me suivez là ? Il n'y a pas de plus grande sainteté, de plus grand sacré, que lorsque l'homme est capable de réaliser le projet que Dieu lui a proposé. Je dis proposé et pas imposé, car le libre arbitre est perpétuel.

C'est donc que la montagne est sainte et sacrée parce que l'homme a été capable de se sacraliser, de se sanctifier. Or il n'y a pas de sacralisation ou …

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