Le shofar, le roi et le kol intérieur de Roch Hachana
Pourquoi le shofar relie l'infini au monde : Israël comme canal, et écouter le kol plutôt que le bruit.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Roch Hachana : le souvenir de la teroua, de l'idéal au réel, 58 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Aujourd'hui, Béezrat Hachem, nous allons parler de la mitsva essentielle de Roch Hachana, qui est en fait le Shofar. En effet, la Guemara nous dit que la mitsva de la journée de Roch Hachana, c'est le Shofar: Mitsvat Hayom Ba Shofar. Le mot mitsva ne veut pas dire seulement que c'est un ordre. En hébreu, le mot mitsva tire sa racine de tsévet, qui veut dire faire équipe avec. À Roch Hachana, on fait équipe avec HaKadosh Baroukh Hou par le biais du Shofar.
Donc le Shofar est un instrument très spécial, qui a une qualité très spéciale, et grâce à cet instrument nous pouvons faire le lien entre l'infini et le monde dans lequel nous sommes. Pour rappeler que, à Roch Hachana, nous venons au Beit HaKnesset pour une seule chose: proclamer le roi de l'univers. Roi. Est-ce que j'ai besoin de proclamer un roi ? Il est roi. En réalité, un véritable royaume a besoin de sujets. Comme dit Pirkei de Rabbi Eliezer: « En melech belo am »: s'il n'y a pas de nation qui reçoit sa royauté, eh bien son royaume n'en est pas un. C'est bizarre.
HaKadosh Baroukh Hou lui-même a limité son royaume sur terre par l'acceptation de ses sujets. D'ailleurs, on le dit: si vous n'avez pas de ratson, si vous n'avez pas la volonté de le recevoir, de le prendre, de le proclamer comme roi, eh bien, c'est comme s'il n'était pas votre roi, même si, de facto, il est le roi de l'univers.
Il y a donc ici une notion de volonté, de désir, de réveil pour pouvoir être le sujet du roi. Et Am Israël a reçu, comme on l'a dit la dernière fois, l'une des clés essentielles de ce monde: la clé du temps. Nous savons exactement à quel moment nous changeons d'état, d'un certain niveau à un nouveau degré. Et ce switch, ce passage, c'est le jour de Roch Hachana. C'est-à-dire que le jour de Roch Hachana, on commence quelque chose de nouveau qui n'a jamais existé auparavant. C'est pour cela qu'on appelle cette journée Roch, la tête. Roch ne veut pas dire seulement une tête, mais l'intériorité du changement. Chana ne veut pas dire seulement une année, mais un changement. Donc Roch Hachana: le début, la clé, la matrice.
Morale: à Roch Hachana, on vient au Beit HaKnesset non pas pour demander pardon à HaKadosh Baroukh Hou. Il n'y a pas de texte dans la lecture de notre prière concernant le pardon, ça c'est Yom HaKippourim. À Roch Hachana, on est avant tout dans le fait de le proclamer roi de l'univers. Qui dit roi dit qu'il y a quelqu'un qui veut recevoir sa royauté. Encore une fois: Oumal Khoutou, Beratson Kiblou.
S'il n'y a pas de ratson, s'il n'y a pas de désir de le recevoir, de le placer sur nous comme roi, ce qui sous-entend de recevoir toutes les données qu'il a prévues pour ce monde, et ce ne sont pas des données humaines, ce sont des données divines. C'est-à-dire que les valeurs qui appartiennent réellement à ce monde sont chez lui. Quand je le proclame roi sur moi, c'est comme si je signais que j'étais prêt à recevoir ces valeurs, ces critères, dans la vie que je mène ici-bas. C'est clair.
Donc, à Roch Hachana, nous venons remettre à jour ce lien entre lui et le monde. Et nous sommes Israël, l'intermédiaire entre lui, entre l'infini, béni soit-il, et le monde. C'est-à-dire qu'Israël appartient un petit peu au monde, et un petit peu à l'éternité. Nous sommes comme une interface entre l'infini et le fini.
Lorsqu'il est dit que Dieu nous a choisis parmi les nations, quel est son choix ? Le choix que nous soyons des canaux, un grand canal par lequel l'infini se dévoile dans ce monde. Israël a reçu ce rôle de par sa nature. Nous avons été créés avec cette nature intrinsèquement, à l'intérieur de nous-mêmes. On n'y peut rien. Ce n'est pas un choix qui a commencé par nous. Ça, c'est une création divine. Et nous, nous avons un seul choix: activer cette chose-là, ou bien la laisser dans son sommeil. Comme un cadeau que je reçois: j'ai le choix de l'ouvrir ou de le laisser fermé.
HaKadosh Baroukh Hou m'a donné ce cadeau, en tant que nation, il nous a donné ce cadeau. Certains diront que c'est un cadeau empoisonné, parce que c'est très difficile d'être le canal entre l'infini et le fini. Ceux qui comprennent la Torah savent que ce n'est pas un cadeau empoisonné, Chaz Vechalom, mais une bénédiction. Toujours est-il que c'est à l'homme d'ouvrir ce cadeau, et d'appuyer sur le bouton pour activer les données qu'il contient. C'est ce que nous venons de faire à Roch Hachana. Quand on dit Veti Mloch Aleinou, que tu sois roi sur nous, ça veut dire que j'accepte, que j'appuie sur le bouton qui fait dévoiler ton royaume sur terre. Donc je suis là pour activer le royaume du ciel sur terre. Et ça, c'est ma fonction, en tant que nation.
Pourquoi je dis « en tant que nation » ? Parce qu'il est une autre règle qui nous dit clairement: « En melech belo am ». Il n'y a pas de roi s'il n'y a pas de peuple. Donc il ne s'agit pas seulement, au niveau individuel, d'arriver à Roch Hachana à la synagogue, mais quand tu arrives à Roch Hachana à la synagogue, tu dois prendre conscience de ce lien.
Il n'y a pas de roi s'il n'y a pas de peuple. Si le peuple d'Israël n'existait pas dans ce monde, le roi de l'univers, bien qu'il soit roi de facto, ne pourrait pas se dévoiler. Pour nous, quelque chose qui existe mais qui n'agit pas, qui ne se dévoile pas, c'est comme s'il n'existait pas. Du pétrole qui n'a jamais rencontré une allumette pour faire un combustible: ce pétrole ne m'intéresse pas, parce qu'il n'est pas réellement appliqué, utilisé. Eh bien, HaKadosh Baroukh Hou, Hass vé-chalom, s'il ne descend pas, entre guillemets, dans notre monde, c'est comme s'il n'existait pas, alors qu'il existe. Pourquoi ? Parce que tout le but même de la création, c'est que le Créateur revienne dans sa création. Et il a utilisé un canal qui s'appelle Israël. Donc nous sommes responsables de son retour sur terre.
Quand je dis « retour », bien entendu, ce n'est pas qu'il a disparu. C'est une façon humaine de parler, car ce sont des notions très profondes. Mais nous devons savoir que si Israël n'est pas, il n'y a pas de représentant de Dieu sur terre. En exagérant, Israël, c'est le divin sur terre. Tout ce que vous allez voir dans votre vie concernant HaKadosh Baroukh Hou, concernant Dieu, vous ne le verrez que par l'intermédiaire d'Israël. Jamais vous ne verrez autre chose. Il n'y a rien d'autre à voir. Il n'a ni corps, ni forme.
Comment est-ce que je peux voir HaKadosh Baroukh Hou dans ma vie, par rapport au peuple d'Israël et aux actions du peuple d'Israël dans l'histoire humaine ? Tout ce qu'Israël va faire dans ce monde, …
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