Parachat Beha’alotekha (02/06/15)
Rav Yossef David
Ensuite : Behaalotekha : allumer la flamme jusqu'à ce qu'elle monte seule, 41 min
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Paracha de Béhaalotecha. En fait, on va voir que cette paracha marque une brisure qui va se produire dans le livre de Bamidbar. Il y a bien les deux noun inversés, et ils font qu'à partir de maintenant, on va retarder l'histoire de beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps. Ces noun inversés, on va voir ce que c'est, et pourquoi la paracha de Béhaalotecha n'aurait pas pu terminer l'histoire. On va voir ce qui s'est passé, et ce que nous avons fait au milieu.
À partir de Béhaalotecha, on passe de crise en crise. La première est dans Béhaalotecha, après il y a Chela'h Lekha, après il y a Kora'h. Chaque paracha apporte une nouvelle crise à l'échelle nationale, et cela va nous ralentir complètement. Voilà.
On n'en comprend pas encore le problème. On va voir ce qu'il y a avec ce précepte. Pour situer la paracha de Béhaalotecha, il y a plusieurs sujets complètement différents, a priori. Pour la présenter, on va dire ce que le Midrach nous enseigne: si les Bné Israël n'avaient pas fauté, on aurait reçu les cinq livres de la Torah et le livre de Yéhochoua'. C'est tout. Tout le reste, on n'aurait pas eu besoin de le recevoir, parce qu'après le livre de Yéhochoua', on ne serait plus jamais sortis d'Israël. On aurait construit le Beit Hamikdach, et l'histoire aurait été finie.
Quels sont donc ces cinq livres de la Torah dont on parle ? Dans la paracha, on a deux noun inversés qui sont écrits dans le livre de la Torah lui-même. Quand on regarde dans la Torah, au début de Chéla'h… Non, je crois que c'est avant. Au début de Chéla'h, d'accord.
Les deux noun, la Guemara nous dit que c'est comme s'ils venaient fermer un livre de la Torah. C'est comme si la Torah était un ensemble de livres: Béréchit est un livre, Chemot est un livre, Vayikra est un livre, Bamidbar jusqu'au premier noun est un deuxième livre, et encore un livre. Entre le premier noun et le deuxième noun, il y a encore un cinquième livre. Ces noun fonctionnent comme des livres de la Torah: ils produisent une séparation, comme celle qui existe entre les livres. Vous avez déjà vu, dans la Torah elle-même, qu'entre Béréchit et Chemot il y a cinq ou six lignes complètement blanches. C'est vraiment une séparation d'un livre à un autre. Je rappelle cela, parce que l'on dit que ces noun ont le même effet de séparation qu'un autre livre de la Torah. C'est énorme. On n'aurait pas pensé qu'une simple lettre ait un effet pareil. On va essayer de voir pourquoi.
Ce sont deux noun, et ils sont marqués dans le texte. Quand on lit la Torah, on voit que ce sont deux noun inversés dans le texte. Ce que dit le Midrach, c'est que ces deux livres font encore un nouveau livre de la Torah. On aurait donc sept livres, selon cette explication.
Selon le Midrach, on aurait: Béréchit, Chemot, Vayikra, Bamidbar jusqu'à Béhaalotecha, puis les trois pessoukim de Vayehi binsoa, Vayehi haMoché, et le pessouk lui-même de Vayehi binsoa, Vayehi haMoché. Ensuite il y a encore Parachat Aleph, qui est un autre livre, et Devarim, encore un livre. Cela nous fait sept livres de la Torah, selon ce calcul. Trois livres sont dans Bamidbar.
À quoi sert tout cela ? À expliquer ce que l'on a dit tout à l'heure: si les Bné Israël n'avaient pas fauté, on aurait reçu cinq livres de la Torah, et on va voir lesquels. Ensuite, on aurait reçu le livre de Yéhochoua', et c'est tout. Regardez: quand on fait le calcul, où s'arrête la Torah si elle n'avait pas été interrompue ? Quels sont les derniers passages de la Torah ? Sur le calcul que l'on vient de faire, la Torah se termine après Yéhochoua'…
Non. Puisque les deux noun forment un nouveau livre de la Torah, et que le Midrach dit que, si les deux noun n'avaient pas fauté, on aurait reçu les cinq livres de la Torah et le livre de Yéhochoua', il faut regarder ce passage inversé. Ces deux noun viennent fermer, si l'on veut, un livre. C'est comme si le livre allant de Bamidbar jusqu'à Béhaalotecha formait un livre, et que de Vayehi binsoa jusqu'à Vayehi haMoché, c'en était un autre, puis on continue jusqu'à Devarim. Ce sont des micro-livres, deux pessoukim, deux versions d'un même livre.
Si l'on suit les calculs du Midrach, quel est le dernier passage de la Torah ? Replaçons tout cela dans le contexte, car tout ce qui suit est une escalade de fautes que nous avons commises dans le désert. Dans le dernier passage, il est dit: Vayehi binsoa haaron, Vayomer Moché: Kouma Hachem… Vayehi binsoa… Quand ils ont fait transporter l'Arche, le Aron HaBrit, le tabernacle, Moché a dit: Kouma Hachem, que la Chekhina se lève, et qu'Il soit dispersé loin de nos ennemis. Le verset répond alors Chouva, chouva…. Ce mot final est fort, et vous allez comprendre pourquoi ce passage est enfermé entre deux noun.
Imaginez: un homme, Moché Rabbénou certes, mais un homme, dit à la Chekhina de se lever. C'est fort. Regardez ce qui est écrit: Vayehi binsoa haaron, Vayomer Moché, Kouma Hachem. C'est fort, quand même. Imaginez le niveau: il est permis à un homme de venir dire à HaKadosh Baroukh Hou quoi faire. Quand Moché dit cela, la Chekhina se lève, et l'on commence à avancer dans le désert. Vous avez compris ? C'est énorme. C'est comme s'il disait: « Lève-Toi, Hachem. »
Qu'est-ce que Hachem peut faire, dans ces conditions ? Moché Rabbénou, c'est tout de même fort, non ? Cela paraît assez énorme. Celui qui connaît un petit peu la manière dont HaKadosh Baroukh Hou gère son monde comprend que c'est ainsi qu'Il le gère. Je voudrais expliquer quelque chose que nous avons expliqué il y a quelques mois, et c'est le moment de le reprendre. Vous vous rappelez, quand on a parlé des sacrifices, des korbanot: est-ce que les korbanot sont un besoin des hommes ou un besoin du ciel ? Je vois que vous l'avez oublié, on peut répéter.
C'est un besoin du ciel, c'est ce qui est écrit dans la Guemara. Pourquoi ? Parce que HaKadosh Baroukh Hou a décidé, Il aurait pu décider autrement, de montrer qu'en fonction de nos actes, sa présence, sa présence divine, la manière dont Il agit dans le monde, sera plus grande ou moins grande. Vous comprenez ? HaKadosh Baroukh Hou ne change pas sa volonté; Il veut toujours faire du bien. Mais selon la manière dont nous préparons nos ustensiles pour recevoir ce bien ici-bas, selon les actes que nous accomplissons, la présence divine sera plus grande ou moins grande sur terre. C'est ce que dit la Guemara: korbanot ça'ar gavoha, les korbanot, c'est un besoin d'en haut. C'est-à-dire que HaKadosh Baroukh Hou a mis comme condition, parmi les lois de la hachgaha, de la Providence, que selon nos actions, Il influencera plus ou moins. Vous avez compris ?
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