Le schisme entre Yehouda et Israël, et la responsabilité du peuple
Pourquoi la séparation des royaumes n'est pas seulement le fait du pouvoir, mais aussi de l'acceptation du peuple.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Le Roi Yerovam et le cadavre de la déchirure, 59 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chapitre 12, verset 16. Je vais faire un résumé auparavant. En attendant que vous cherchiez, je résume exactement ce que nous avons vu la semaine dernière, c'est-à-dire la rencontre entre Rechavam, le roi de tout Israël, et Yérovam, qui est rappelé par les dix tribus, pour se mesurer aux clauses sociales et économiques qui pèsent lourdement sur le peuple d'Israël. Face à ces revendications, le roi Rechavam va consulter pendant trois jours les anciens, puis les jeunes de la cour, ceux avec qui il a grandi, qui ont quarante ans eux aussi à ce moment-là, et qui lui disent: écoute, la sagesse des anciens était de prêter l'oreille au malheur du peuple, bien entendu.
Ce que nous avions étudié la semaine dernière, c'est la rencontre du pouvoir politique avec les revendications sociales des masses. Ce qui est toujours d'actualité, d'ailleurs. Il y a fait. Et donc Rechavam décide de ne pas être à l'écoute des enfants d'Israël, et le schisme a lieu. Un schisme dont je vous avais parlé en terminant le cours, et qui appartient à ce que nous appelons, dans l'étude du Tanakh, la double causalité.
Première causalité, terre à terre: c'est ce que je viens de décrire. Les impôts et les périodes de réserve pèsent énormément sur les enfants d'Israël. Il y a une revendication sociale, le pouvoir accepte ou non, et voilà. L'autre causalité, c'est le fait que l'Éternel avait envoyé son prophète, Ahiya HaShiloni, auprès de Yérovam, pour lui dire: sache que de toi, je vais faire le roi d'Israël, parce que je vais découper le royaume en deux. Il ne restera à Yehouda qu'une seule tribu, et au royaume d'Israël, eh bien, ce sont dix autres tribus, puisqu'avec Yehouda il y avait Binyamin.
Dix autres tribus, tu en seras le roi, nommé par moi. Donc rappelez-vous tout cela. La double causalité: la première, très immanente, très terre à terre, les revendications sociales, la non-réponse du pouvoir face à ces revendications; et la deuxième, causalité transcendante, causalité divine, qui dit: je ne peux pas, dans les conditions où se déroule cette fin de royauté de Chlomo, laisser les choses telles qu'elles sont. Il va falloir, comme nous disons en français, trancher dans le vif du sujet.
Trancher dans le vif du sujet, c'est le schisme, c'est la brisure, c'est la cassure, c'est la séparation. Si vous avez dans la tête ce qu'on a dit hier, vous comprenez que lorsqu'il y a séparation, il y a perte de confiance, perte de fidélité, perte de vérité. Vous comprenez tout ce qu'on a étudié hier. C'est incroyable, c'est tellement… on n'arrive pas à séparer une chose de l'autre. Et en conséquence, la séparation, c'est que l'amour entre Dieu et le peuple d'Israël a été blessé.
A été, pour parler bien français, échaudé, et donc les conséquences vont être la séparation. Dieu ne se sépare pas vraiment d'Israël, puisqu'avec Ahiya HaShiloni, le prophète, il nomme Yérovam à la tête des dix tribus, certainement dans l'espoir qu'au sein d'Israël subsiste, en tout cas, une déchirure intérieure. Voilà. C'est là où nous en sommes, et nous allons voir ce qui se passe après. Nous en sommes au verset 16 du chapitre 12. Je lis, je traduis, j'explique, et vous allez voir encore une fois la richesse que recèle le texte, qui nous emmène bien au-delà de ce que nous pouvons penser dans une simple lecture.
Vayar kol Yisraël, et tout Israël vit. Je vous répète, pour ceux qui ne l'ont pas entendu, qu'à chaque fois qu'il y a le verbe vayar, qui veut dire « il vit », regardez: il y a un vav qui peut être considéré comme conjonction de coordination, et il nous reste donc yare, craindre. Incroyable ! Je vous ai donné des dizaines de clés pendant cette année. C'est-à-dire, qu'est-ce que ça veut dire ? Si je suis capable de lire ici « il vit », je peux aussi lire de la même manière « il craint ». Vous savez à quel moment vous devenez craintif ? Lorsque les choses vous apparaissent dans le visuel le plus concret, le plus réel qu'il soit. Vous êtes d'accord avec moi ?
L'idée du chien ne vous fait pas peur. Mais voir le bouledogue éveille en vous une sécrétion d'adrénaline qui vient prouver que la peur s'y installe. N'est-ce pas ? Vous voyez ? J'essaie de donner des exemples pour que vous compreniez le mieux. Parce qu'il y en a marre de dire que Rony Akrich, c'est trop compliqué. C'est compliqué pour les chébabes, mais ce n'est pas compliqué pour ceux qui veulent utiliser ce que Dieu leur a donné, c'est-à-dire le sékhel. Tout est compréhensible. Vous avez vu hier, Torah ne fait pas... vous avez posé mille questions. Nous n'avons pas fait tout ce que j'avais prévu, eh bien, on a répondu à toutes les questions, et vous avez eu un cours de haut niveau, avec un sujet qui vous permet d'aborder les grandes questions de l'homme. Regardez: Vayar kol Yisraël ki lo shama Aleem. Vous comprenez tout de suite.
Je reste un peu sur les choses, parce qu'on n'est pas quantitatif, donc je reste. Vous savez, ils virent que le roi ne répondait pas à leurs revendications, qu'il n'entendait pas ki lo shama. Seulement, entre vayar et shama, regardez comment ça marche. Vayar, ils virent, mais craignirent, d'accord ? Parce que tout d'un coup la réalité faisait que, non, si mon père vous a mis 10 % d'impôts, moi j'en mettrai 20; si mon père vous a battus avec des bâtons, moi je vous battrai avec des scorpions. Vous vous rappelez ? Donc non seulement ils se rendent compte, ils virent, ils se rendent compte, mais cette conscience de la réalité qui venait d'être révélée éveillait en eux une crainte.
Ve lama, ce qu'ils virent les rendit craintifs, ki lo shama. Alors maintenant vous allez me dire: ils ont vu ce qui les a amenés à craindre, parce que quoi ? Parce que lo shama. Qu'est-ce que c'est shama ? Le mot signifie entendre, mais aussi trouver l'équilibre, le pouvoir, le pouvoir politique. Et là, afin de pouvoir assurer à la nation un équilibre, un centre de gravité qui l'empêche de tomber dans les erreurs, si le roi n'entend pas, qu'est-ce que vous dites ? Que le roi ne répond pas à l'équilibre recherché. Il y a donc des équilibres.
Et qu'est-ce que virent les enfants d'Israël ? Et de quoi eurent-ils la crainte ? Vous avez la réponse maintenant. Avez-vous vu comment, avec une demi-phrase, nous avons ouvert le débat de société ? Vous rendez-vous compte ? Ça relève du génial ! C'est divin, c'est le cas de le dire.
Vayar kol Yisraël ki lo shama Aleem. Je vais pousser le bouchon un peu plus loin. Aleem, c'est Rechavam. Vous êtes tous d'accord ? Moi aussi je suis d'accord, c'est Rechavam. Mais étant donné que les termes peuvent être au sens propre ou au sens composé, si je compose le terme, je parle de qui ? De l'Éternel. Qu'est-ce que j'ai dit tout à l'heure ? Que le schisme, la séparation en deux, ferait du royaume d'Israël …
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