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Le Rambam et la balance des mérites et des fautes

Pourquoi la rétribution est une mesure qui tient à l'homme lui-même, et qui retranche les hommes du monde qui vient.

50 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Hilchot Techouva : la mitsva de la techouva chez Maïmonide, 54 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous pouvons donc continuer notre étude pénétrante des Hilchot Techouva du Rambam. Comme je n'ai pas de livre, je vais demander à un des élèves qui a le texte de le lire.

— Oui ? Ah, il y en a déjà un. C'est très bien. Merci. Mais toi, comment vas-tu faire ? Quel sacrifice. Bon. Alors nous en sommes au troisième chapitre, si je ne me trompe. Voilà.

La halakha, je crois que nous avons entièrement fait le chapitre dalet, n'est-ce pas ? Oui. Donc nous sommes au hé. Il y a une particularité dans la manière de peser les mérites et les transgressions. Vous savez qu'on a dit que chaque homme a des mérites et des démérites, et qu'il y a l'image de la balance dans laquelle on pèse.

Les mérites et les démérites. C'est une image très ancienne, l'image de la balance, probablement même antérieure au peuple juif. On la trouve déjà chez les Égyptiens: on voit ce thème dans les inscriptions, dans les pyramides, d'une balance dans laquelle on pèse les mérites et les démérites des hommes. Cette image se retrouve également chez les Romains: la justice est toujours accompagnée d'une balance.

Mais il y a une petite différence entre la balance telle qu'elle est comprise en général dans la tradition d'Israël, et telle qu'elle est comprise en général chez les nations. La balance est un élément extérieur. Vous allez, par exemple, acheter des légumes ou des fruits, et on vous les pèse sur la balance. Mais si vous êtes copain avec le vendeur, il vous dit: voilà, pour toi, c'est vrai que ça pèse tant et tant, mais tu paieras moins que les autres. Pourquoi ? Parce que je t'aime bien. D'accord ? C'est tout à fait possible.

C'est-à-dire que la balance, étant extérieure à la personne, lui est en fait indifférente. Elle est même, pourrait-on dire, d'une certaine manière, arbitraire. Et donc vous avez cette idée, qu'on appelle en hébreu sakhar vé-onech, la récompense et le châtiment, ou la rétribution en général. Et cela pose toujours un problème, cette histoire de rétribution.

Parce qu'on peut toujours dire la chose suivante. Je monte au ciel, et je vois là-bas trois vieux anges à lunettes, avec les ailes posées de côté, puisqu'ils sont au tribunal. Ils me disent: voilà, nous avons ici, sur la table, deux énormes volumes, de gros tomes. Dans le premier volume, il y a la liste de toutes les actions que tu as faites pendant ta vie. Et dans l'autre volume, c'est ce qui, selon la loi, te revient à cause de ce que tu as fait.

Alors on dit: voilà, tu as prié avec kavana pendant trois jours. Pour trois jours de bonne kavana dans la prière, tu mérites un verre de nectar dans le Gan Eden. D'accord. Là, tu as étudié pendant la chazara, ça fait… trois minutes dans le four numéro quatre. Et puis on fait la liste, après on fait le total, on fait parfois des équilibres, etc. Et finalement, voilà, ça c'est la note à payer, vous passez là-bas, ça vous arrive.

Alors, la réaction de la personne en jugement, la personne que l'on juge, peut-être: « Mes maîtres, vous avez raison, selon la loi, c'est ce qui me revient. Mais je vous demande de me faire grâce. Je ne le dirai à personne. Ceux d'en bas, je ne le raconterai pas. Je ne retourne pas en bas pour dire que vous avez renoncé au jugement. » D'accord ? Ça tient ou ça ne tient pas ? Ça tient. D'accord ? « Après tout, Dieu est bon et miséricordieux. Pourquoi s'acharnerait-il à punir le méchant ? De toute façon, il ne peut plus faire de mal. C'est ça ? »

Effectivement, le problème est là. Il y a une des bonnes midot, c'est ce qu'on appelle la vatranout, être prêt à renoncer. D'accord ? On te doit de l'argent, ce n'est pas grave, tu renonces. C'est une bonne mida. Alors pourquoi HaKadosh Baroukh Hou ne se conduirait-il pas de la même manière ?

C'est donc que nous avons en fait mal compris ce que c'est que le sakhar vé-onech. La rétribution, en fait, n'existe pas dans le judaïsme au sens où on l'entend; il y a ce qu'on appelle mida keneged mida, mesure pour mesure, et c'est tout à fait différent. Cela voudrait donc dire que l'homme a la forme d'une mesure. Vous savez ce que c'est qu'une mesure ? C'est un verre, un récipient dans lequel on mesure des liquides ou des solides, peu importe. Et selon la forme du récipient, ainsi vient le contenu.

Donc c'est l'homme qui est lui-même le récipient de ce qui lui revient. Si on revient au thème de la balance, la balance, c'est l'homme lui-même. C'est-à-dire que l'acte que je fais me transforme. Ce n'est donc pas que je suis jugé par un code extérieur à ma personne; je suis jugé par moi-même.

C'est pour cela que le Midrash dit que les tsadikim sont jugés par le yétser tov et que les rechaïm sont jugés par le yétser ra. C'est-à-dire que c'est moi-même qui me transforme. Il y a par exemple une expression très belle dans la Michna: kol maasekha ba-sefer nikhtavim, toutes tes actions sont écrites dans le livre. Et les commentateurs ont expliqué: quel est le livre dans lequel nos actions sont écrites ? Eh bien, le livre, c'est nous-mêmes. Je suis un livre dans lequel j'écris mon sort.

Donc il sera jugé pour ce qu'il a fait de bien par son yétser tov, il sera jugé pour ce qu'il a fait de mal par son yétser ra. Oui, c'est ce que ça veut dire. C'est la manière de le dire. Disons comme ça: c'est nous-mêmes qui nous jugeons. Exactement. Nous sommes la résultante de nos actions.

On ne peut donc pas dire à quelqu'un: tu peux mettre la main dans le feu, nous te ferons une dérogation, ta main ne brûlera pas. Mettre la main dans le feu, ça veut dire brûler sa main. Sauter dans l'eau, ça veut dire se mouiller. C'est la conséquence intrinsèque de l'action elle-même. On ne peut donc pas, ici, renoncer. Il ne peut pas y avoir de renoncement au jugement, puisque le jugement est intrinsèque à l'action.

— Et alors ? Ça va culpabiliser ?

Pas du tout. Je suis la résultante de mes propres actions. Ce n'est pas de la culpabilisation, c'est une constatation. Quelqu'un qui se coupe un doigt: le doigt est coupé. D'accord ? Sa punition, c'est que le doigt est coupé. Et quelqu'un qui fait attention à ne pas se couper le doigt, sa récompense, c'est que le doigt est entier. Disons que c'est ça, le jugement. Dans le monde à venir, c'est le moment où tout devient clair.

Je reviens à la halakha que nous lisons, la halakha numéro hé. Bé-sheha-shoklim avonot adam mi-zekhuyotav, au moment où l'on soupèse les péchés de l'homme et ses mérites: ein mechashvin alav avon shechatav rishon ve-sheni ela mi-shelishi va-elakh, on ne comptera pas contre lui le premier péché ni le deuxième, mais seulement à partir …

Cours de Machon Meir

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