Hilchot Techouva : la mitsva de la techouva chez Maïmonide
Le premier chapitre des lois de la techouva, la double formulation de la mitsva et la question des juifs normaux et anormaux.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Maïmonide, la techouva et la question du vidouï, 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Introduction au cours
Bon, shalom à tous. Nous allons passer ensemble un temps extraordinairement riche, riche en spiritualité. Un miracle s'est déjà produit en premier lieu: d'habitude, quand j'arrive à un cours sur un livre, les gens ont oublié d'apporter le livre. Or il s'est passé quelque chose d'absolument extraordinaire, de révolutionnaire: vous avez apporté le livre, ce qui est en soi déjà un acte de techouva extrêmement important.
De quoi s'agit-il ? Nous allons étudier ensemble. Le Rav David Partouche nous honore de sa présence. Le livre que nous allons étudier, nous n'arriverons probablement pas, dans le court temps qui nous est imparti, à l'étudier tout entier, mais nous allons quand même avoir quelques considérations sur le texte. Nous allons étudier Hilchot Techouva, les règles de la techouva selon l'enseignement de Maïmonide, le Rambam.
Je vous rappelle la bibliographie. Hilchot Techouva fait partie d'un livre plus vaste qui s'appelle Sefer Hamada, le livre de la sagesse ou de la science. Sefer Hamada fait partie d'un ensemble encore plus vaste, le Mishneh Torah, appelé également Yad HaChazaka, le code écrit par le Rambam qui résume toutes les lois orales. D'ailleurs, le Rambam nous dit dans son introduction: il suffit de lire le Tanakh et mon livre, et on sait tout. Pas mal. Ça s'est bien vendu, d'ailleurs.
Combien de temps le Rambam a-t-il mis pour écrire le Mishneh Torah ? Dix ans. Combien de chapitres y a-t-il dans tout le Mishneh Torah ? Mille. Mille chapitres exactement, pas 999 ni 1001. Pour l'écrire en dix ans, cela fait une moyenne de cent chapitres par an, donc trois chapitres par semaine. Génial.
La partie que nous allons étudier, Hilchot Techouva, comporte combien de chapitres ? Un, deux, dix ? — Dix. Comment tu le sais ? — Tu as regardé. Il a fait ce qu'il fallait faire. Il y a dix chapitres, c'est-à-dire que si nous arrivons à lire tout ce livre, nous étudierons un pour cent du Mishneh Torah.
La Torah comporte six cent treize commandements, deux cent quarante-huit positifs et trois cent soixante-cinq négatifs, c'est-à-dire ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Au début de chaque groupe de chapitres, le Rambam indique le nombre de mitsvot qui sont explicitées et expliquées dans le recueil. Combien de mitsvot a-t-il mises dans Hilchot Techouva ? — Une. — Comment tu le sais ? — Tu as regardé dans le livre. C'est très bien.
Vous êtes en train d'apprendre quelque chose de très important: pour savoir ce que dit la Torah sur un sujet, il faut lire la Torah. Ce n'est pas toujours évident. Certains vous diront: ce que dit la Torah, c'est ce que je pense. Ah bon ? Et pourquoi ? Parce que j'ai un très large chapeau et une très longue barbe. Plus la barbe est longue, plus le chapeau est large, plus ce que je dis, c'est la Torah. Je vous propose une lecture différente: pour savoir ce que dit la Torah, il faut lire la Torah. Il faut savoir comment la lire, ça je suis d'accord, mais il faut tout d'abord la lire.
## Une mitsva ou deux ?
Vous avez vu qu'il y a ici une mitsva. Vous savez lire l'hébreu, n'est-ce pas ? Plus ou moins. Nous allons lire la toute première ligne, après le titre Hilchot HaTeshuvah: vous avez ici mitsvat assé, un commandement positif, c'est-à-dire qu'il faut faire, et non pas ne pas faire. Puis: vehou — qui est-ce ? C'est là que ça se complique: cheiachou vachote mechet'o lifne Hachem veyit vaddeh. Que le pécheur revienne de ses péchés devant Dieu et fasse le vidouï, il avoue. En français on dit « confession », mais j'ai horreur de ce mot; il a un parfum d'église que je n'ai pas supporté. En tout cas, on doit faire le vidouï.
Vous avez compris: on nous dit qu'il y a une mitsva, mais la phrase qui explique cette mitsva est faite de deux éléments, ce qui pose un problème. Quels sont les deux éléments ? Faire la techouva et le vidouï. Alors, quelle est la mitsva ? La techouva ou le vidouï ? Les deux font la mitsva ? Peut-être. Et pourquoi ne pas dire qu'il y aurait deux mitsvot ? Par exemple, quand je fais la chehita d'un poulet, il y a deux mitsvot: faire la chehita et recouvrir le sang. Et ce sont deux bénédictions différentes: Asher kidéchanou vémitsvotav vetsivanou al chehita, et Asher kidéchanou vémitsvotav vetsivanou lekhasot et hadam. On pourrait donc très bien dire qu'il y a deux mitsvot, dépendantes l'une de l'autre, mais il y en aurait quand même deux. Peut-être. En tout cas, il y a ici un problème.
Pour mieux comprendre, je vous invite à lire le texte de la première halakha. « Tous les commandements de la Torah, positifs ou négatifs… Si un homme a transgressé l'un de ces commandements, volontairement ou involontairement, lorsqu'il fait techouva et revient de sa faute, il doit l'avouer, se confesser — le mot vidouï, il a un parfum d'église — devant Dieu béni soit-Il. » Ainsi qu'il est dit: « Un homme ou une femme qui ferait quelconque des péchés de l'homme… ils doivent avouer la faute qu'ils ont faite. » C'est l'aveu par la parole. Cette confession est un commandement positif.
Donc, d'après le texte, quelle est la mitsva ? Le vidouï, n'est-ce pas ? La techouva n'apparaît pas comme une mitsva. Très bizarre. Est-ce que cette opinion est acceptée par tout le monde ? Évidemment non. Comme toute opinion dans la Torah: quand quelqu'un dit quelque chose, quand un rabbin dit quelque chose, cela veut dire automatiquement qu'il y a quelqu'un qui dit autre chose.
— Je tiens à préciser que le public ici présent, ainsi que nos téléspectateurs, ne comprennent pas la langue hébraïque, donc tu dois t'exprimer entièrement dans la langue de Baudelaire. Alors, tu voulais dire quoi, mon fils ?
— Il faut faire la confession.
— Oui. Bon, d'accord, le vidouï. Pour faire la techouva, il faut faire le vidouï. Vous êtes d'accord ? Il faut la mitsva, si c'est la techouva… On peut faire techouva sans vidouï.
Maintenant, il y a quelqu'un qui n'est pas d'accord avec le Rambam, et on va y arriver. Celui qui n'est pas d'accord avec le Rambam, c'est le Ramban, Nahmanide. Rambam, c'est Rabbi Moshe ben Maimon; Ramban, c'est Rabbi Moshe ben Nahman. Le Ramban n'est pas d'accord. Pour le Ramban, il y a deux mitsvot dans la Torah: l'une de faire techouva, l'autre de faire le vidouï.
Où le Rambam est-il allé chercher tout cela ? D'où a-t-il trouvé qu'il y avait une mitsva de faire techouva selon la Torah ? Vous ne savez pas ? C'est dans Devarim, chapitre 30. Il est dit là-bas: Veshavta adé Hachem Elokhékha, tu reviendras vers l'Éternel ton Dieu; Veshamata béqolo, tu entendras sa voix; Véassita kol mitsvotav, et tu accompliras tous ses commandements. Pour le Rambam, quand la Torah dit « tu feras techouva, tu reviendras », cela veut dire qu'il y a …
Cours de Machon Meir
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