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Pirkei Avot : la chavrouta, l'étude à deux

Rabbi Elazar ben Chamoua et la valeur de l'élève, puis la chavrouta, l'étude partagée entre compagnons.

37 min

Rav Yaakov Nahon

Ensuite : Pirké Avot 3:14 : l'homme créé à l'image de Dieu, 44 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, si vous voulez, on va prendre la Michna, Yod, Beit, tel quel. On va demander à Avenir de nous lire la Michna en entier, et on va réfléchir dessus. Rabbi Elazar ben Chamoua omer: Yehi khvod talmidkha, tariv lekha keshelakh, oukhvod khavercha… khavercha… khavercha

On s'arrête ici d'abord, c'est bon. Rabbi Elazar ben Chamoua omer: Yehi khvod talmidkha, tariv alekha ke shel… khvod. On traduit ça en général par l'honneur.

Ça devrait normalement être ressenti par l'élève.

Ça devrait être senti par les lèvres. On verra ce que disent les commentaires. Khabib, c'est cher. Cher. C'est comme le mot khiba, yeterra … Khabibi. Comment ? Ça veut dire quoi ? Khen, toujours ? C'est dans la Aggada, mais pas écrit de cette façon-là. C'est ahavi. L'oncle, c'est le frère de mon père. Ça devient ahavi, le frère de papa.

Ce n'est pas très vif, quelque chose. Peut-être. Quel est le problème ? Pour le moment, c'est tout ce qu'on a vu. On n'a pas vu plus que ça. Maintenant, on passe à un autre niveau, et ça, c'est important comme tout. Il faut que vous sachiez, que vous compreniez qu'il y a une zone dans laquelle, avec le temps, vous aurez l'occasion d'y travailler, mais…

Dans l'étude, le fait d'avoir quelqu'un qui est votre havrouta est quelque chose d'extrêmement important. Ça prend son temps, mais c'est quelque chose qui nous accompagne pendant une vie entière. Moi, par exemple, je viens de finir l'étude avec un haver qui était mon directeur d'école pendant 40 ans. Et j'étudie encore avec lui, et c'est ma havrouta. C'est quelque chose qu'il faut essayer de couver, essayer de travailler sur ces dimensions-là.

D'avoir quelqu'un qui est ton intime, avec lequel tu peux ouvrir ton cœur, et en qui tu as confiance, et ton étude grandit avec le fait que tu as quand même quelqu'un que tu comprends de plus en plus. On a besoin de quelqu'un d'autre. L'étude seule, ce n'est pas un sens. On ne peut pas étudier tout seul. Ça existe, on peut faire une khazara sur son étude. Mais l'essentiel de l'étude, c'est quelque chose qui est dialectique, dans lequel il y a une conversation, parce que les gens sont différents.

Et vous avez entendu mille fois qu'on vous a dit: Shiv'im panim baTorah. Ça veut dire que la façon de réagir par rapport à un message de la Torah dépend de l'individu. Elles ne sont pas les mêmes. Il y a soixante-dix façons de réagir différemment devant le même texte. Parce que les êtres sont différents, ils entendent différemment, et ça réveille chez eux des choses différentes, des côtés différents de leur être. Les personnes sont intéressées, touchées

par des thèmes qui sont différents les uns des autres, parce qu'elles sont différentes. Et justement, cette différence fait partie de la grandeur du Créateur. C'est-à-dire que le fait que ces êtres différents se réunissent, se comprennent ensemble, viennent finalement raconter la grandeur de Celui qui les a créés, qui a créé l'un et l'autre. À mon sens, on peut avoir plusieurs havroutot, parce qu'on peut avoir plusieurs havroutot. D'ailleurs,

tu peux avoir aussi utilisé la havrouta dans des zones d'étude différentes. Ce ne sont pas forcément les mêmes. Il y a une havrouta qui est plus sensible à telle zone de la Torah, et d'autres qui sont plus sensibles à d'autres zones de la Torah. Elles se construisent peu à peu. Idéalement, ça peut être très proche, mais ça peut être très loin. Je ne sais pas si vous connaissez une histoire qui est finalement tragique. C'est l'histoire de Resh Lakish et Rabbi Yo'hanan. Vous connaissez cette histoire-là ? Vous avez entendu cette histoire-là ?

C'est l'histoire de Resh Lakish, qui était l'élève de Rabbi Yo'hanan. Autour d'une étude entre Rabbi Yo'hanan et Resh Lakish, s'est soulevé un sujet en rapport avec des armes. Resh Lakish, qui était l'élève de Rabbi Yo'hanan en principe, a corrigé son maître. Et ça n'a pas plu à Rabbi Yo'hanan. Et il a répondu à Resh Lakish: « Bon, toi tu comprends, parce qu'on sait quel était ton passé. » Resh Lakish était un voleur de grands chemins, à l'époque.

Rabbi Yo'hanan a regardé Resh Lakish d'un œil un peu dur, et Resh Lakish est mort. Rabbi Yo'hanan s'est retrouvé sans Resh Lakish, qui était sa havrouta. Il est mort très vite après ça, en disant: « O havrouta, o mitouta »: « Je n'ai plus mon haver, je n'ai plus qu'à mourir. »

Ça peut en arriver à ce niveau-là. Ça ne veut pas dire que c'est systématique. Mais le genre de relation qui se fait entre deux haverim qui étudient ensemble n'est pas moindre, tout en étant dans la pureté de l'étude, n'est pas moindre que l'union que l'on peut avoir dans une autre zone entre l'homme et sa femme. C'est un autre monde, mais c'est aussi quelque chose qui est de l'ordre de l'unité, et ça va très loin.

Justement, dans la havrouta, le côté intéressant, c'est que l'autre est différent de toi. Et c'est grâce à ça, finalement, que tu réveilles des aspects différents, parce que les gens sont différents. Moi, j'ai eu l'occasion dans ma vie d'avoir des havroutot différentes, qui n'étaient pas les mêmes, et j'étudie avec des personnes dont je sais qu'elles ont des rencontres avec…

Des havroutot qui ne sont pas forcément les mêmes. Ce n'est pas une havrouta. Mais dans le cas spécifique de Rabbi Yo'hanan, c'était sa havrouta. Son maître… Kevod havercha ke mora rabach, c'est-à-dire l'importance que tu donnes à ton haver d'étude est aussi importante que le respect que tu peux avoir normalement pour ton maître. Je ne pense pas qu'on restera toujours sur le français dans nos explications.

On commence par du français, on passe sur le franbreu, et ensuite sur le brefran, et finalement on finira sur l'hébreu. Mais pour le moment, essayons d'avancer, et de temps en temps de nous connaître en faisant le cours en français. Oumoura rabecha. Maintenant, quand tu te retrouves vraiment devant ton maître, ke moura Chamaïm, quelqu'un que tu peux avoir pour le ciel. Le ciel, c'est notre Créateur. C'est sûr qu'on ne peut pas être à la hauteur de ce genre de choses.

Donner quand même de l'importance à son maître. Il y a un passage ici qu'il faut essayer de comprendre comme si c'était. Ce n'est pas, mais comme si c'était. Essayer d'accentuer cette importance de la relation humaine, donner beaucoup d'importance à la relation humaine. Il faut bien comprendre. Le projet de la création est un projet qui n'est pas simple. Le fait qu'il y ait une multiplicité humaine

qui peut créer des dimensions de vitalité de groupe, c'est quelque chose de très important, des peuples. C'est pour cela que HaKadosh Baroukh Hou a créé des peuples. Mais il ne faut jamais oublier cette chose qui est terrible: l'expérience humaine de la rencontre entre deux êtres différents, au début de la création, s'est traduite par une terrible tragédie. La terrible tragédie,

Cours de Machon Meir

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