Shlah Lekha : le refus d'entrer en Erets Israël
Pourquoi les explorateurs ont trahi le projet d'Hachem, et ce que leur faute révèle de profond chez le peuple juif.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Parachat Chelah (11/06/12), 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Merci beaucoup. Parachat Chelah Lekha, l'une des paracha les plus actuelles de la Torah, puisqu'elle parle du refus du peuple juif d'accepter le projet d'HaKadosh Baroukh Hou de conquérir la terre d'Israël. Ce refus est en soi très étrange. On va voir qu'il y a plusieurs niveaux de refus, pourquoi ils ont refusé, quelles en sont les raisons. Mais il y a quelque chose de très profond: le peuple juif, d'une manière générale, aime bien renoncer à sa terre. J'ai remarqué aujourd'hui que c'est très actuel. On a la moitié de la Knesset qui manque, comme ça. D'où la problématique.
Donc on va voir les différentes parties, comment ça s'est passé au niveau des différents événements, et comment la paracha enchaîne ensuite sur d'autres choses qui sont liées. On va faire un premier passage rapide sur la paracha pour voir les différentes parties, et à travers ça, on verra comment elles sont toutes liées. Donc, première partie: on a …
On s'en rend compte dans la paracha de Devarim. Moshé Rabbeinu n'a pas demandé d'envoyer des explorateurs, et HaKadosh Baroukh Hou encore moins. C'est le peuple qui lui a dit: écoutez, il faudrait qu'on envoie des explorateurs, il faut qu'on envoie des espions, si on veut voir ce qui se passe, et avec ça on va pouvoir décider comment attaquer, tout ça. Ce qui, en soi, est compréhensible, du point de vue militaire. On a des militaires dans l'armée qui font ça toute la journée. C'est quelque chose de logique.
Et on va se rendre compte que la volonté de ces gens-là n'était pas une volonté militaire. Moshé Rabbeinu a tout de suite compris, quand il a vu de quoi il s'agissait, mais c'était trop tard. Leur volonté était d'annuler le projet d'HaKadosh Baroukh Hou, en fait: que les gens ne rentrent pas en Israël.
Ils sont partis, et ils sont revenus… Ils sont déjà repartis dans leur tête. C'est-à-dire que, dès le départ, ils savaient. Moshé Rabbeinu s'en est rendu compte après. Dans notre paracha, on ne le voit pas, mais dans Devarim il y a écrit… Dans le premier commentaire de Rashi, c'est marqué. Je vais d'abord expliquer comment ça s'est passé. Le peuple vient et dit: on va envoyer des explorateurs. Moshé Rabbeinu dit: c'est une bonne idée, pourquoi pas ? Après, quand les gens commencent à dire « on va faire ça, on va faire ça », il a compris que leur véritable intention, après qu'il avait déjà accepté, n'était pas militaire, mais au contraire de trouver des moyens d'annuler le projet d'HaKadosh Baroukh Hou. C'est la raison pour laquelle HaKadosh Baroukh Hou dit: Chelah Lekha, envoie pour toi-même, moi je ne t'ai rien demandé.
C'est écrit dans Devarim, parce qu'une partie des dialogues qui sont marqués dans la paracha de Devarim ne sont pas marqués chez nous. Donc, quand on lit deux paracha, on arrive à compléter. C'est ce qu'a fait Rashi: avant d'écrire son commentaire, il avait lu la Torah, les premières paracha. Mais on va voir ça dans Rashi, les choses y sont résumées. Vous avez bien compris comment ça se passe.
Donc Moshé Rabbeinu voit, il sait ce qu'ils vont voir là-bas, et il essaie de leur donner des conseils, pour que, malgré ce qu'ils vont voir, il ne soit pas démonté et qu'il reste adhérent au projet d'HaKadosh Baroukh Hou. On va avoir plein de raisons pour lesquelles ça s'est passé comme ça. Mais avant de voir toutes les raisons profondes, le rapport avec l'actualité, et ce qu'il y a de très profond dans le peuple juif, pourquoi ce refus revient à chaque fois, de rentrer en Israël et de faire ce qu'on doit y faire, j'aimerais qu'on passe sur la paracha. Il y a un fil tout le long de la paracha, qu'on lit avec les commentaires.
Donc, première partie: on a la liste des gens qui vont partir, avec leur nom. Ce sont les gens qui ont été nommés. Ce ne sont pas les grands. Ce sont ceux qui ont été désignés par les chefs de…
Les tribus, ce ne sont pas eux-mêmes. Peut-être que c'étaient des gens qui avaient plus d'aptitudes militaires, ou des choses comme ça.
— En tout cas, ce ne sont pas les mêmes. Il y a Amar Michmi d'un côté, qui était chef de la tribu de Yehouda, et là on a Kalev ben Yefouné. Ce ne sont pas les mêmes, il n'y a pas un nom en commun. Donc ce sont ceux qui ont été envoyés, et ce sont des gens très haut placés dans la tribu. Pas les mêmes que les chefs de tribu qui ont été nommés avant, mais des gens très haut placés. Tu as raison, c'est une bonne remarque.
Donc, première partie: la liste des gens qui vont partir. Et le briefing que Moshé Rabbeinu va leur faire avant de partir. Il va leur dire: ne vous inquiétez pas. Si vous voyez des villes fortifiées ou non fortifiées… Si elles ne sont pas fortifiées, ça veut dire que les gens sont courageux, et si elles sont fortifiées, ça veut dire qu'ils ont peur, donc qu'on n'aura pas de problème avec eux. Et il leur demande aussi s'il y a des gens justes dans la ville qui vont les protéger par leur mérite. Ils leur posent toutes sortes de questions. En fait, ils leur demandent ce qu'il faut voir, et à travers ce qu'il faut voir, ils espèrent… Bon, on va voir que ça ne va pas marcher, qu'ils ne vont pas faire leur complot. Ils avaient déjà compris, puisqu'ils essayaient déjà d'éviter le complot.
— Oui ?
Un tsadik, après la bouche de Moshé ? C'est quoi ? Qui est tsadik ? Où tu vois le mot tsadik là ? Je n'ai pas compris.
— Quand Moshé leur dit: y a-t-il quelqu'un de juste ? Ah oui, quelqu'un de juste. On dit que, dans l'Aggada… Dans la Guemara, évidemment, d'après les sept-neuf… Attends, non, ils n'auraient pas été sauvés. Mais quand tu vas combattre un ennemi, par exemple… Moi, j'ai combattu les Arabes, dans les différentes guerres. Quand tu combats, par exemple, le Hezbollah, tu sais que ce sont des gens qui, au niveau de leur morale individuelle, ont une très grande émouna en Hachem, dans leur vision de Hachem, et une très grande mission, ils sont prêts à mourir pour ça. Tu sais que quand tu les combats, tu as affaire à des gens d'un haut niveau. Ils n'ont pas ton niveau, mais ils ont quand même un haut niveau. Au Moyen-Orient, c'est le cas le plus haut. Après, non.
Si ce sont des gens corrompus, fainéants, comme beaucoup d'armées arabes qu'on a combattues dans nos guerres, c'est là que quand tu avances, ils reculent. Quand tu avances, ils n'avancent pas. Tu comprends ? Donc c'est important de savoir à qui on a affaire, quel type de gens. Non, un tsadik au sens de l'individuel, non. La Guemara raconte qu'il y a quatre avis différents sur le personnage de Job: à quelle époque il vivait, s'il a vécu, ou s'il est un personnage imaginaire. …
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