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La mort, un scandale pour l'homme créé à l'image de Dieu

Pourquoi la mort est révoltante, et pourquoi la résurrection des morts est indispensable à la émouna monothéiste.

35 min

Rav Oury Cherki

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ouverture: regarder la mort en face

Chers amis, puisque vous êtes réunis aujourd'hui, je vais essayer de couvrir de ma voix le tumulte de l'assemblée nombreuse qui est venue s'assembler ici. Vous m'avez demandé de vous entretenir d'un sujet assez intéressant et, disons, joyeux: la mort. La mort !

Vous savez, il y a une expression en français, « regarder la mort en face ». C'est considéré comme un effort particulier, parce que la plupart des hommes ont une réaction de répulsion par rapport à la mort. On préfère ne pas y penser. En fait, c'est un vrai problème de ne pas penser à la mort, parce que le meilleur moyen de s'y préparer, de la confronter comme il faut, c'est souvent d'y penser. Ne vous en faites pas, la mort est inévitable.

Donc ce n'est pas la peine d'essayer de l'esquiver. Deuxièmement, c'est une expérience qui ne se produit qu'une seule fois dans la vie, et donc elle est particulièrement passionnante. Aucun des vivants ne sait ce que c'est. On peut donc dire que, quand on y arrive, c'est un privilège de savoir comment ça se passe. C'est intéressant quand même de savoir. Comme de toute manière nous sommes assurés d'y arriver, ce n'est pas la peine de se presser. D'accord ?

On peut toujours repousser ça autant qu'on veut, parce que de toute manière ça arrivera. Ce n'est pas la peine de se précipiter, parce qu'après, quand on l'a déjà fait, on ne peut plus rien faire. Il vaut mieux le faire le plus tard possible, mais ce n'est pas une raison d'en avoir peur. Non, le cours est sur la mort. D'accord ? Bon.

Sur le plan existentiel, il y a quelque chose de terriblement révoltant dans l'idée de mourir. C'est peut-être la raison de la répulsion que les gens ressentent par rapport à cela. Il y a ici un soufflet adressé à l'être le plus noble de la création. Nous, nous sommes les hommes. L'homme est créé, comme dit la Torah, à l'image de Dieu. Alors comment se fait-il qu'un être créé à l'image de Dieu soit susceptible de la dégradation qu'implique la mort ? Vous ne vous rendez pas compte ? C'est vraiment un scandale.

Si on réfléchit bien, il y a beaucoup de choses scandaleuses dans la vie de l'homme. Par exemple, le fait de manger. Moi qui suis le sommet de la création, le couronnement de tout ce qu'il y a, je dépends d'un morceau de pain. Vous vous rendez compte ? Et si ce morceau de pain me manque, eh bien, je ne peux plus continuer. S'il n'y a pas une bouffée d'air, un peu d'eau, je ne peux pas continuer à vivre. C'est quelque chose d'absolument révoltant si on y réfléchit très sérieusement. Il y a ici un problème.

On peut dire, d'un certain point de vue, que la mort est un scandale. Sartre disait: la mort est un mur. C'est-à-dire qu'on arrive, voilà, on est coincé. C'est un mur. Et c'est, disons, pour une conscience monothéiste, intolérable. C'est la raison même pour laquelle le judaïsme se présente comme une réparation du problème de la mort. C'est pour ça que la Torah dit: « J'ai mis la vie et la mort devant toi. »

Tu choisiras la vie. Il y a donc une préférence accordée à la vie. Là, c'est un point très important. Il y a un texte dans le livre de Devarim à ce propos, surprenant. Je reprends ici, c'est dans Devarim, dans la paracha de Vaét'hanan, au chapitre Dalet. Si je ne me trompe pas, c'est probablement au verset Kaf ou quelque chose dans ces eaux-là. J'ai un moyen de régler ce doute.

En consultant le texte. Voilà. Et ici, le livre de Devarim. Je reprends au chapitre Alef, au verset… Je me suis complètement planté. C'est au chapitre 5, verset… chapitre V, au verset 4. Le verset 4, je ne me suis pas trompé, mais c'est le chapitre où j'ai été trompé. « Vayehi keshomahe metakol mitoha chosher »: « Ce fut, lorsque vous entendîtes la voix des profondeurs des ténèbres

Lorsque la montagne flambait dans le feu, et que vous vous approchâtes de moi, tous les chefs de vos tribus et vos anciens, et que vous me dîtes: que l'Éternel notre Dieu nous a montré sa gloire et sa grandeur

Et sa voix, nous l'avons entendue de l'intérieur du feu. En ce jour, nous avons vu que Dieu parle avec l'homme et qu'il reste vivant. Et présentement, pourquoi mourrions-nous ? » C'est-à-dire ? Quoi, qu'est-ce qu'il y a encore ? Mais c'est moi qui explique avec vous. Ce n'est pas ce que j'ai dit.

J'ai dit autre chose. La question est de savoir ce que nos ancêtres ont pensé avant la révélation, et ce que la révélation leur a appris. Ils ont dit: maintenant que nous avons été témoins de la révélation, nous ne voulons plus mourir. C'est-à-dire que jusqu'à présent nous pensions qu'il était préférable de mourir. Mais maintenant que nous avons vu… Et pourquoi ont-ils pensé qu'il était préférable de mourir ? Parce que nous étions, comme tout le monde, des mystiques. C'est-à-dire l'homme, sans qu'il soit emprisonné dans le monde de la matière, et qui préfère, pour rencontrer Dieu, mourir. N'est-ce pas ? Oui, le contact est possible à travers la mort. Mais maintenant nous avons découvert que le contact est possible à travers la vie. Donc maintenant, ça ne sert plus à rien de mourir. D'accord ?

C'est pour ça que la Torah, la paracha de Nitsavim, nous dit: Ha'hayim vehamavet natati lefanekha, « J'ai mis devant toi la vie et la mort. » Et en temps normal, si tu étais normal, tu choisirais évidemment la mort. Ouvakharta bahayim: mais moi, je t'ordonne de choisir la vie. Lema'an tihye ata vezar'akha, afin que tu vives, toi et ta descendance, al haadama, sur la terre que Dieu te donne. C'est-à-dire qu'il y a une préférence du Créateur pour la vie sur terre, à travers les générations et à travers la perpétuation de l'histoire.

Que la mort… Intéressant. C'est-à-dire que le Créateur s'intéresse justement à ce qui est paradoxal: la vie sur terre. Oui ?

— Ah, parce qu'ils avaient une idée de Dieu, il y avait une nostalgie de Dieu. C'est-à-dire que, dans la mémoire de l'histoire, il y a la mémoire d'un temps de proximité, ce qu'on appelle le Jardin d'Éden, un truc comme ça. Il y a donc une sorte de nostalgie naturelle chez les hommes, qui est le produit de cette antique proximité, et donc un désir de retour.

Ce n'est pas vraiment une conscience, c'est conscient. La nostalgie est quelque chose de conscient. C'est ce qu'on appelle la nostalgie métaphysique. Ça existe. Eux n'ont pas expérimenté, mais ils avaient la mémoire de cette expérience chez leurs ancêtres. C'est ce qu'on appelle la proximité originelle: l'homme a une trace, quelque part, d'une proximité antique. Parfois on rattache cette proximité au temps de la gestation.

Par exemple, dans les midrachim, on nous dit que l'homme, dans le ventre de sa mère, étudie toute la Torah. Ça …

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