Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Être reconnaissant envers autrui, chemin vers l'émouna

Le récit de Yitro et des filles de Midian montre comment la reconnaissance envers les hommes mène à la émouna en Hachem.

41 min

Rav Amram Levy

Ensuite : Pourquoi manger casher ?, 44 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, Tov, Shalom. Le sujet de notre cours aujourd'hui, c'est la Hakarat HaTov, c'est-à-dire savoir être reconnaissant envers son prochain, la reconnaissance du bien qu'autrui nous fait. On appelle ça la Hakarat HaTov, savoir être reconnaissant. Et je dis spécialement, spécifiquement, savoir être reconnaissant, parce que

être reconnaissant, c'est un savoir, c'est une science. Et ça, c'est un des principes de la Torah. La Hakarat HaTov, la reconnaissance du bienfait qu'autrui nous fait, c'est un des fondements de la Torah. Cette capacité de reconnaître le bien d'autrui est, comme je l'ai dit, un fondement très important de toute conduite morale de chacun.

C'est une grande mitsva de la Torah. Et nos sages nous ont enseigné dans la Guemara la chose suivante: tout celui qui est reconnaissant envers son prochain finira par être reconnaissant envers HaKadosh Baroukh Hou. Inversement, celui qui méconnaît le bien que lui a donné son prochain finira par méconnaître le bienfait d'HaKadosh Baroukh Hou.

Et on va expliquer, on va démontrer ceci. Beaucoup de textes dans la Torah nous enseignent cette conduite, cette mitsva, et nous expliquent la valeur de la mitsva d'être reconnaissant envers autrui. Parmi ces textes, on va citer l'histoire de Yitro. J'ai entendu parler de Yitro, le beau-père de Moshé Rabbeinu.

Il a eu le mérite de devenir le beau-père du grand roi d'Am Israël, Moshé Rabbeinu, qu'on appelle Ish Elohim, l'homme divin. La question qui se pose: quelle était la qualité de Yitro qui lui a valu ce mérite d'être le beau-père de Moshé Rabbeinu ? Apparemment, c'était un goy, c'était même un prêtre idolâtre. Alors qu'est-ce qui lui a valu d'être le beau-père de Moshé Rabbeinu ? Il lui a sauvé la vie. Ça, c'est un midrash, oui. Mais la Torah nous relate explicitement pourquoi

Yitro a eu ce mérite de devenir le beau-père de Moshé Rabbeinu. Vous avez certainement lu ce récit. On va le reprendre. La Torah nous apprend au sujet de Yitro que ses filles... Lorsque Moshé Rabbeinu s'est échappé d'Égypte, une fois qu'il a tué l'Égyptien, Pharaon a voulu le tuer pour avoir assassiné cet Égyptien. Moshé Rabbeinu s'est sauvé et est allé en Midian. À Midian, il s'est assis à côté d'un puits.

Et à cette époque, il y avait une injustice sociale. Quelle était cette injustice ? Il y avait une loi à Midian: si des filles viennent puiser de l'eau pour abreuver le troupeau, elles sont toujours les dernières. Même si un homme vient après elles, c'est elles qui passent après. C'est cette injustice qui a révolté Moshé Rabbeinu. Il n'a pas pu supporter cette injustice-là. Il voyait qu'à Midian, toute fille qui arrivait pour abreuver son troupeau était toujours la dernière à pouvoir puiser de l'eau.

Ce jour-là, Moshé Rabbeinu, voyant cette injustice, a sauvé les filles de Yitro. Yitro avait sept filles. Elles venaient toujours puiser de l'eau pour abreuver les troupeaux, et elles étaient toujours les dernières. Elles partaient le matin et rentraient très tard le soir.

Le jour où Moshé Rabbeinu est arrivé, il a vu cette injustice et il a sauvé les filles de Yitro des mains des bergers. Non seulement il a sauvé, il a puisé de l'eau, et en plus il a abreuvé les troupeaux de Yitro. Certes, à l'époque, même les gens riches faisaient travailler leurs enfants. Comme on le voit pour Rabbi; son père était immensément riche, et pourtant son fils travaillait dans les champs. Peut-être, mais enfin, l'histoire s'est passée comme telle.

Ce jour-là, elles sont rentrées chez elles très tôt. Alors leur père leur demande: comment se fait-il que vous soyez rentrées si tôt aujourd'hui ? Qu'est-ce qui est arrivé, un miracle ? Qu'est-ce qu'ont répondu les filles de Yitro ? Un homme égyptien, puisqu'il est habillé en Égyptien, nous a sauvées des mains des bergers. Et non seulement il a puisé de l'eau, mais il a aussi abreuvé les troupeaux.

Alors Yitro leur dit: Vé'ayo, où est-il ? Comment avez-vous délaissé cet homme qui nous a sauvées ? Allez le chercher et qu'il vienne manger du pain avec nous. Il vous a fait un bienfait, une tova. Pourquoi l'avez-vous délaissé ? Il était seul, il était poursuivi. Amenez-le à la maison pour qu'il mange avec nous.

Ce comportement de Yitro, qui sait reconnaître le bienfait de l'autre, nous enseignent nos sages. C'est une preuve de reconnaissance envers quelqu'un qui lui a procuré du bien. Il est évident pour lui que quelqu'un qui lui a fait du bien, il doit lui rendre du bien. Il faut être reconnaissant. Nous voyons donc que Yitro a fait preuve de reconnaissance envers Moshé Rabbeinu, qui a sauvé ses filles.

Et c'est justement cette qualité de reconnaissance qui a amené Yitro, par la suite, à reconnaître les bienfaits d'HaKadosh Baroukh Hou. Dans la paracha de Yitro, il est dit que le prêtre de Midian a entendu tout ce qu'HaKadosh Baroukh Hou avait accompli pour Israël, pour Moshé et pour le peuple d'Israël. Il est venu au désert et il a béni HaKadosh Baroukh Hou: Baroukh Hachem, Acher hitsil etkhem miyad Mitsrayim oumiyad Paro, béni soit Hachem qui vous a sauvés de la main des Égyptiens et de la main de Pharaon.

Alors que dit-il ? Vayomer Yitro, Yitro ajoute: Ata yadati, maintenant je reconnais, je traduis: que l'Éternel est plus grand que tous les dieux. Ata yadati ki gadol Hachem mi kol Elohim. Vous voyez le lien: Yitro a reconnu le bienfait que Moshé a fait à ses filles. Il a fait preuve de Hakarat HaTov, et cela l'a amené à reconnaître aussi les bienfaits d'HaKadosh Baroukh Hou. Il a reconnu Dieu, et d'après nos sages, il s'est même converti. Vous voyez donc cette mitsva.

Nous voyons donc cette preuve de reconnaissance, et qu'est-ce qu'elle amène ? Celui qui a compris, Yitro, qu'on ne doit pas délaisser un étranger qui a sauvé ses filles, aura aussi compris qu'il faut avoir de la gratitude envers HaKadosh Baroukh Hou pour avoir sauvé un peuple malmené et exploité en Égypte.

De même, nous voyons un autre exemple de reconnaissance. Lorsque Moshé était au désert, HaKadosh Baroukh Hou lui est apparu et lui a dit: je te nomme pour devenir le dirigeant d'Am Israël. Tu vas aller en Égypte et tu vas dire à Pharaon de libérer Am Israël. HaKadosh Baroukh Hou lui a ordonné cela. Qu'a-t-il fait ?

Au début, il a dit non, mais finalement il a accepté. Mais il a ajouté: il faut que j'aille demander la permission de mon beau-père. Preuve de reconnaissance. Il m'a donné asile, il m'a reçu dans sa maison. J'ai mangé et j'ai bu dans sa maison pendant des années, et j'ai marié sa fille. Je ne veux pas l'abandonner et le laisser seul. HaKadosh Baroukh Hou, c'est vrai, j'accepte d'aller en Égypte pour délivrer Am Israël, mais il faut que j'aille demander la permission de mon beau-père.

Alors il est allé demander à Yitro: est-ce que je peux y aller ? Hachem m'a demandé d'aller en Égypte. Yitro lui dit: vas-y, lekh leshalom, va en paix. Moshé Rabbeinu a donc fait preuve de reconnaissance, puisque celui …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

4 cours du Rav Amram Levy, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Hakarat HaTov, Émouna, Midrach et Torah, Cacherout.

  1. 1
    Être reconnaissant envers autrui, chemin vers l'émouna
    Le récit de Yitro et des filles de Midian montre comment la reconnaissance envers les hommes mène à la émouna en Hachem.
    En cours de lecture
  2. 2
    Pourquoi manger casher ?
    Le rav Lévy expose les raisons de la cacherout : maîtriser l'instinct animal et préserver la pureté du cœur.
    44 min
  3. 3
    quand et comment réprimander son prochain
    Joseph réprimande ses frères par amour : la tokhéha selon le Rambam et la paracha de Devarim.
    51 min
  4. 4
    Qu'est-ce que le Chabbat ? Un avant-goût du monde à venir
    Le Talmud compare les lois du Chabbat à des montagnes suspendues à un cheveu, et le Chabbat à un avant-goût du monde à venir.
    41 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav