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Guidon face aux Ephraïmites et aux princes de Midian

Comment Guidon répond aux reproches d'Ephraïm, aux refus de Souccot et Peniel, et à la question de la juste mesure.

54 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Shimshon, un enfant promis : nazir, Tsora et Dan, 1 h 05

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Prenez le chapitre 8. C'est-à-dire ? Vous y êtes ? Azanatou Matrilim. Je ne traduis pas tout, je n'explique pas tout, j'essaye de traverser l'essentiel. On termine Gidéon, cela fait plusieurs semaines que nous sommes dessus. Malheureusement, on n'a jamais la chance, pratiquement pendant toute l'année, d'avoir des semaines qui se suivent, et ce deuxième semestre, on se voit seulement partiellement.

Allez, venez, on va le lire ensemble. Ça commence par Vayomro elav ish Ephraim. C'est bien ? Je rappelle la conjoncture. L'événement est que Gidéon a été nommé pour sauver Israël de l'hégémonie midianite. Pour cela, il a préparé une armée de trente mille hommes, qu'il a fait venir des autres tribus et pas seulement de la sienne.

L'Éternel lui dit qu'il y a trop d'hommes, si vous vous rappelez, et il l'engage à déclarer premièrement que celui qui se sent faible, en tout cas apeuré par la guerre, rentre chez lui. Deuxièmement, vous vous rappelez, il n'en reste tout juste que trois mille. Et il y a cette expérience d'envoyer les hommes s'abreuver au ruisseau, et la manière dont ils vont s'abreuver: les premiers se jettent à l'eau, comme le fait notre cher ami le chien, en lapant — je me suis trompé, c'est lapé l'eau. Les deuxièmes prennent l'eau avec leurs mains, à genoux, et la portent à la bouche. Ce qui fait dire à l'Éternel: seuls ceux qui ont porté l'eau à la bouche, et n'ont pas lapé, seulement ceux-là pourront être avec toi. Nous avions explicité les raisons pour lesquelles ces trois cents hommes participeront à la guerre contre Midian. Point barre.

La suite est ici: Vayomru elav ish Ephraim. La guerre a été gagnée. Je n'entre pas dans les détails de la stratégie et de la logistique militaire. J'essaye de dire simplement que le combat a été engagé seulement avec trois cents hommes. Vous vous rappelez le leitmotiv divin: ces trois cents hommes, afin que vous puissiez reconnaître que ce n'est pas seulement par votre force, par la force de vos bras, que vous avez gagné cette guerre, mais qu'au-delà de la force de ce bras, il existait un vecteur transcendantal, à même de subvenir à l'événement humain. Bien entendu, je parle de l'Éternel. C'est de Lui que je parle. Le vecteur transcendantal, c'est le divin.

Qu'est-ce que tu dis ? Oui, non, c'est divin, mais je ne sais pas, il y en a qui croient au soleil, à la lune, aux étoiles. Bon. Alors on en était là: Vayomru elav ish Ephraim, les gens d'Ephraim sont venus voir Gidéon: Mah azot assita lanou, lo kiratanou kishetelekhta lehilakhem beMidyan. Qu'est-ce à dire ? Gidéon, tu ne nous as pas appelés, alors que tu t'es engagé dans la guerre, tu ne nous as pas appelés pour participer à la guerre ? Ma davar azé assita lanou, qu'est-ce que ça veut dire ? Assita lanou, ce que tu nous as fait subir. Vayarivu itó behozeka. Et il y a eu une confrontation entre les gens d'Ephraim et Gidéon.

Gidéon leur répond: Ma assiti atkhem keElehem... En clair, dans cette phrase, il dit: je ne vous ai pas appelés à la guerre, mais quand je vous ai appelés, c'était pour poursuivre les fuyards de Midian. Vous vous rappelez peut-être, sinon je le rappelle, qu'il fallait briser les ponts et les berges du Jourdain, afin d'empêcher l'armée de Midian de traverser le Jourdain et de s'enfuir vers ses foyers. Or, bien avant cela, par la brisure des ponts, vous les avez encerclés, et vous avez pu en finir avec ces hommes-là. Ce que vous avez fait, vous, en brisant les ponts, est beaucoup plus important que ce que moi j'ai pu faire. Moi, Avi Hézer: vous vous rappelez que Avi Hézer est le nom de la famille à laquelle appartient Gidéon.

La réponse de Gidéon face à cette confrontation n'est donc pas celle d'un chef qui, bien évidemment, pourrait voir dans la dispute des enfants d'Ephraim, entre guillemets, un crime de lèse-majesté: comment osez-vous remettre en cause le pouvoir central ? Non, chez Gidéon il y a une réponse tout à fait étonnante: ne vous plaignez pas, vous avez fait plus que nous en menant le combat, vous avez fait en brisant les berges et les ponts du Jourdain. Cet apaisement de Gidéon est remarquable.

On comprend que ceux qui se sont présentés devant Gidéon en veulent à Gidéon de ne pas les avoir appelés pour participer à la guerre. Et pourquoi Gidéon apaise-t-il les enfants d'Ephraim ? Tout simplement parce que dans leur propos il y a quelque chose qui appelle l'apaisement et qui ne peut pas provoquer la colère. Quelle est cette chose ?

Là ? Non ? Enfin, oui, mais laquelle ? Je parle des enfants d'Ephraim. Restez dans l'immanence du propos. Il y a, dans les propos des enfants d'Ephraim, quelque chose qui ne provoque pas Gidéon, mais qui amène Gidéon à réagir avec apaisement. Quel est ce comportement ou cette parole ? Les enfants, on vient de le lire. Je répète.

Oui, mais essayez de me donner le sens de réflexion du propos qui est le leur. Qu'entend Gidéon ? Les mots, Gidéon les entend, comme toi et moi nous les avons entendus. Mais qu'est-ce qu'il entend au-delà des mots ? Non, ce n'est pas ça. Non, non, ce n'est pas ça. Qu'est-ce qu'entend Gidéon ?

Les enfants d'Ephraim viennent et lui disent: « Pourquoi nous as-tu appelés, pour venir combattre avec toi ? » C'est-à-dire quoi ? Plus que cela. Oui, plus que cela: la participation, la collaboration à l'événement guerrier. Vous avez complètement oublié que nous venons de traiter, il y a cinq minutes, que parmi les trente mille qui se présentent pour combattre avec Gidéon, à peine a-t-il dit que celui qui a le cœur fragile et celui qui a peur peut s'en retourner dans ses foyers, vingt-sept mille s'en retournent chez eux. Et eux viennent se plaindre qu'on ne les a pas appelés à participer ! C'est face à leur mesure, face aux dons qu'ils sont prêts à faire d'eux-mêmes, concernant la prise de conscience d'une responsabilité collective, que vient s'apaiser le propos de Gidéon. La prise de conscience d'appartenance à une responsabilité collective. Est-ce que c'est clair ce que je viens de dire ?

Je vous en apprends tout de suite: la prise de conscience d'une responsabilité collective va à l'encontre de l'individualisme à part entière. Est-ce que c'est clair ? Oui. De toute manière, ils n'étaient pas obligés de venir se disputer avec Gidéon au sujet de cet événement. Ils auraient pu, puisque la chose s'était déroulée, qu'ils avaient brisé les ponts et les berges, Shalom à Israël, venir provoquer ici un débat national concernant la non-participation d'Ephraim au combat d'Israël. Il y avait là des relents d'une responsabilité collective que voulaient faire valoir les enfants d'Ephraim, et qui nous apprennent, à nous, au-delà du temps et au-delà de l'espace, ce que veut dire pour nous la responsabilité collective.

Est-ce qu'il ne manque pas aujourd'hui de gens qui regardent le monde d'un œil égoïste ? Aujourd'hui, le monde est individualiste. Vous vous …

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