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Pourquoi manger casher ?

Le rav Lévy expose les raisons de la cacherout : maîtriser l'instinct animal et préserver la pureté du cœur.

44 min

Rav Amram Levy

Ensuite : quand et comment réprimander son prochain, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

L'objet de notre étude aujourd'hui, c'est la cachroute. Pourquoi manger cachère ? Je vous ai dit que la cachroute est une des pierres de base de l'édification de Erets Israël. Les lois de la cachroute sont très nombreuses, les prescriptions concernant la cachroute sont très nombreuses dans la Torah, et nous allons traiter plusieurs questions concernant ces lois. Une de ces questions: pourquoi manger cachère ?

Quelles sont les explications profondes, le sens profond de la cachroute ? À ce propos, le Ramchal, Rabbi Moshe Haïm Luzzatto, l'auteur de Messilat Yécharim, explique quel est le sens profond de la cachroute. Il dit la chose suivante: les aliments interdits, les mahalot assourot, introduisent la souillure dans le cœur et dans l'âme de l'homme,

au point de chasser et d'éloigner la kédoucha divine de l'homme. Il dit aussi que les nourritures interdites s'assimilent directement dans l'organisme humain et deviennent partie intégrante de sa chair. C'est-à-dire que lorsqu'on absorbe des aliments interdits, ou même des aliments cachers, ces aliments s'absorbent dans notre organisme et font partie de notre chair.

Les Hachamim ont fait un drach à partir du verset Venitmatem bam, c'est-à-dire: si vous mangez des nourritures non cachères, alors venitmatem, vous deviendrez impurs, vous contracterez la souillure, en d'autres termes. Et les Hachamim ont fait le drach suivant: il ne faut pas lire venitmatem, mais — vous deviendrez tmeim, sans le alef: veni tamten bam. C'est-à-dire que vous serez bouchés, votre âme sera bouchée, vous deviendrez idiots. Vous ne comprendrez rien du tout. En effet, la avera, finalement, le péché, bouche le cœur de l'homme et chasse l'esprit de sagesse que Dieu donne.

La question qui se pose maintenant: pourquoi la Torah règle-t-elle notre alimentation ? Notre nourriture a-t-elle donc une grande importance au point que la Torah [03:11] ait vu le besoin de nous donner tellement, tellement de halakhot concernant la cachroute ? Qu'importe à la Torah si on mange ceci ou cela, pourvu qu'on pense et qu'on agisse selon la Torah ? La réponse est la suivante. La Torah s'est donné beaucoup de peine pour prescrire beaucoup de prescriptions, beaucoup de mitsvot, beaucoup de halakhot. Il y a des dizaines et des centaines de halakhot concernant bassar vé halav,

concernant les mahalot assourot, concernant le bichoul et les goyim. Tout cela a un but: nous perfectionner, nous faire approcher et atteindre la proximité divine, c'est-à-dire améliorer notre comportement. L'homme a un instinct, finalement.

Il a l'instinct de consommer ce qu'il veut, ce que bon lui semble, ce qu'il voit. Il a l'instinct de manger ce qu'on veut, tout ce qui a bon goût, tout ce qui est agréable, et il n'y a pas de limite. Le HaKadoch Baroukh Hou, en nous donnant des mitsvot de mahalot assourot, veut nous donner la possibilité de maîtriser cet instinct, de vouloir manger ce qu'on veut.

Ce que les yeux voient et ce que le cœur envie: la Torah veut nous apprendre à maîtriser cet instinct. Cet instinct, c'est ce qu'on appelle le béhémi, l'instinct animal. L'animal voit n'importe quoi et il mange. Pour maîtriser cet instinct, la Torah nous donne des mitsvot. Tu veux manger ? Il faut d'abord égorger, il faut faire la shehita, la méliha.

C'est une éducation à maîtriser les choses. Attention. Pense. Regarde. Avant de faire n'importe quel acte, fais ceci et fais cela. Cela rend la chose beaucoup plus délicate et beaucoup moins animale.

C'est un autre sujet. Aujourd'hui, malheureusement, en Europe, vous êtes au courant, les gouvernements européens tendent de plus en plus à interdire la shehita, en disant que, d'après la shehita juive, l'animal souffre beaucoup. Or c'est le contraire.

Si vous connaissez bien les halakhot de la shehita: le couteau doit être aiguisé, il ne doit présenter aucune égratignure, aucune, rien, il faut qu'il soit lisse. S'il y a la moindre égratignure, le moindre défaut, la shehita est pessoula. C'est pour que, au moment où on égorge, l'animal ne sente vraiment la douleur qu'une dixième de seconde.

L'expérience montre aussi que le fait de tirer l'animal pour l'étourdir, ou pour l'assommer avant de l'égorger, le fait souffrir beaucoup plus que.

Comme je l'ai dit, la Torah veut nous apprendre à maîtriser notre instinct. À ce propos, le Zohar dit: quiconque se souille par des aliments interdits, quiconque mange [07:57] des aliments interdits, celui-là est comparé à un idolâtre. D'après vous, pourquoi ? Quelle relation y a-t-il entre le fait de manger des mahalot assourot et le fait qu'on considère quelqu'un comme un idolâtre s'il en mange ? Oui. Pourquoi le considérer comme un idolâtre ? Si l'on dit qu'il a transgressé tous les interdits de la Torah, d'accord, je comprends.

Mais pourquoi le fait de se souiller d'aliments interdits est-il considéré comme de l'idolâtrie ? Oui. Parce que ? D'accord, bon, ça, c'est sur le plan du drach. Mais quelle est la véritable raison ? Parce qu'un idolâtre, finalement, est quelqu'un qui est aliéné à des choses qui ne sont pas raisonnables, qui est dépendant de quelque chose. C'est ça, l'idolâtrie.

Il ne se contrôle pas, il ne se maîtrise pas. Car l'avodah zarah, ce n'est pas seulement l'idole. Par exemple, la drogue, c'est aussi de l'avodah zarah. Il y a des gens qui jouent au casino, qui perdent tout leur argent et toute leur vie dans les casinos: c'est de l'avodah zarah. Il y a des gens qui ne peuvent pas ne pas aller tous les jours au football, ou à des divertissements, à des plaisirs sensuels: c'est de l'avodah zarah.

Le sport: faire du sport, c'est une mitsva, d'après le Rambam. Mais faire du sport toute la journée, à longueur de journée, c'est de l'avodah zarah. C'est s'aliéner à des passions. Un métier, ce n'est pas vingt-quatre heures, c'est huit heures par jour. Un métier, on travaille huit heures.

Celui qui se souille d'aliments interdits, qui mange toujours des aliments interdits, et, comme on l'a dit, lorsqu'on absorbe des aliments, ces aliments deviennent partie de notre chair, n'est-ce pas ? Ils font donc partie de notre corps. Cela touche l'âme, et on devient dépendant,

on devient aliéné, et on devient dépendant de ses instincts les plus bas. Et comme l'idolâtre, il est dépendant. C'est pourquoi, comme dit le Zohar, celui qui se souille d'aliments interdits est lui aussi considéré comme un idolâtre.

Il y a un commentateur qui s'appelle Meshi Loach. Regardez ce qu'il dit à propos de l'explication de la cachroute. Il dit, je traduis: le fait de ruminer. Quels sont, par exemple, les signes des animaux permis ? La rumination et les sabots fendus. Ce sont les deux caractéristiques des ruminants à sabots fendus, c'est bien cela ?

Maintenant, regardez ce que dit le commentateur. Il dit la chose suivante, écoutez bien, c'est une explication extraordinaire: le fait de ruminer nous renvoie à une grande idée, celle de ne pas se précipiter sur une faveur ou un bien que Hachem aurait accordé, mais d'être disposé à le rendre. Vous avez compris ? Ruminer, c'est quoi ? C'est rendre ce qu'on a mangé. Celui qui rumine

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