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Lag BaOmer, joie de la progression et convalescence d'Israël

Pourquoi la période de l'Omer est une joie en marche, et comment elle est devenue une période de deuil après la révolte de Bar Kokhba.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Rabbi Chimon bar Yo'haï et la Torah cachée, 35 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous. Comme vous le savez, la période de l'Omer, entre Pessa'h et Chavouot, est une période de joie. Effectivement, le Rambam et Nahmanide, dans son commentaire sur la Torah, nous expliquent que la Torah a institué une sorte de Hol HaMoèd, c'est-à-dire de jours profanes au sein d'une fête.

Entre Pessa'h et Chavouot, de même que vous avez un Hol HaMoèd entre le premier et le dernier jour de Pessa'h, et entre le premier et le dernier jour de Souccot, vous avez comme une longue fête de cinquante jours, avec un début qui est Pessa'h, une fin qui est Chavouot, et au milieu il y a la joie. Pourquoi la joie ? Parce qu'il y a une progression. Quand on progresse, on est toujours heureux. Il y a en fait deux sortes de joie que la tradition appelle simha

et sasson. Simha, c'est quand on est arrivé à la réalisation de son rêve: j'ai réussi, je suis dans la joie. Ça, c'est la simha. Il y a une autre forme de joie, qu'on appelle sasson. C'est la joie de celui qui est en route vers la réalisation de son but, la joie de la progression. C'est ce type de joie que nous trouvons à l'époque de l'Omer. C'est un peu à la manière de quelqu'un qui est en convalescence. Nous étions dans la maladie de l'exil en Égypte, et

puis il y a la santé de la Torah. Et entre la maladie et la santé, il y a une période qu'on appelle la convalescence: on va de mieux en mieux, on n'est pas encore arrivé jusqu'au bout, on n'est pas arrivé au but, mais ça commence à aller de mieux en mieux. Donc il y a une joie. C'est ce qu'explique le Rambam.

Maintenant, vous comprenez pourquoi un des maîtres du judaïsme d'Alep, en Syrie, au XIXe siècle, Rabbi Abraham Hamaoui, a expliqué que le mois d'Iyar, qui est le mois intermédiaire de cette période, est l'époque de la réussite d'Israël: Yom HaAtzlacha, Yemé HaAtzlacha l'Israël. On a même trouvé des initiales pour le mois d'Iyar: Ani Adonaï Rofécha, « Je suis l'Éternel qui te guérit ». Évidemment, c'est la convalescence et le rétablissement. Alors, il y a toujours un problème quand on est en convalescence, c'est le risque de rechute. Tout va

bien, mais on risque de retomber. On peut dire, d'une certaine manière, que le malade est mieux protégé que le convalescent. Parce que le malade, tout le monde sait qu'il est malade. Il y a des processus intérieurs dans le corps qui protègent le malade de l'effort superflu, il y a les médecins, il y a toute la société qui, tout autour, préserve le malade. Et l'homme en bonne santé, il est en bonne santé. Mais l'homme qui est en route fait moins attention, il risque de retomber. C'est ce

qui explique, pour moi, que cette période de joie soit devenue, dans l'histoire, une période de deuil. D'accord ? Maintenant, vous savez qu'à l'époque du Hol HaMoèd, après la halakha, on ne se rase pas la barbe, et on ne se marie pas. On ne se rase pas la barbe pendant cette période pour se la raser avant la fête, et on ne se marie pas parce qu'on ne mélange pas une joie avec une autre: ayn arvin simha béssimha. Donc vous voyez bien que ces interdictions de l'époque de

l'Omer sont, à l'origine, des interdictions heureuses, qui sont devenues des interdictions malheureuses, de deuil, à cause des malheurs qui se sont accumulés sur le peuple juif pendant cette époque.

Vous comprenez que cette époque est une époque où l'on essaie de rétablir l'indépendance d'Israël. Et il y a eu une tentative de ce genre à l'époque de Rabbi Akiva. Rabbi Akiva a soutenu, de toutes ses forces spirituelles et autres, l'action libératrice de Bar Kokhba. Bar Kokhba a dirigé la révolte contre les Romains, il a tenté de rétablir l'indépendance d'Israël à cette époque, il a régné pendant trois, quatre ans, il a même frappé monnaie, et les historiens sont partagés là-dessus, il a peut-être rétabli le culte à Jérusalem, momentanément. Les élèves de Rabbi Akiva étaient également des soldats dans l'armée de Bar Kokhba. C'était l'époque de la Hachami, mais c'était aussi des soldats. Et ils sont morts à cette époque, de manière tragique, ou ils sont morts au combat. Vous le savez.

Alors, évidemment, on vous raconte des tas de choses, que c'était une histoire d'épidémie, de la maladie qu'on appelle askara, etc. En fait, c'est totalement faux. Nous avons un témoignage historique, celui de Rabbénou Sherira Gaon. Rav Sherira Gaon était un des grands maîtres de Babylonie, au milieu du Moyen Âge, qui a transmis des traditions historiques préservées dans la yeshiva de Pumbedita, et qui nous dit que les élèves de Rabbi Akiva sont morts pendant la guerre de Bar Kokhba. Simplement, ce texte n'était pas connu de Rachi. Rachi explique le texte de la Guemara qui parle d'une épidémie comme étant littéral, alors qu'en fait la Guemara ne parle pas là de la réalité historique. Et donc Rav Sherira Gaon, dans son livre, la Iggueret, qui est un livre d'histoire rabbinique, de très haute fiabilité.

En tout cas, qu'est-ce qui s'est passé à Lag BaOmer ? Sur la tradition, on dit que les élèves de Rabbi Akiva ont cessé de mourir. Ça veut dire quoi, qu'ils ont cessé de mourir ? Eh bien, ça veut probablement dire qu'il y a eu une victoire militaire très importante. Effectivement, nous avons un témoignage de Dion Cassius, l'historien romain qui parle de la révolte. Il nous dit que l'empereur avait pour habitude, quand il se présentait devant le Sénat à Rome, de dire: « Paix sur moi et sur mes armées. » Et un jour, quand Hadrien est arrivé au Sénat à Rome, il n'a pas prononcé cette formule, parce qu'il venait d'apprendre qu'une légion entière avait disparu, jusqu'au dernier homme, en entrant dans le territoire occupé par Bar Kokhba. Donc vous voyez qu'il ne rigolait pas, les soldats de Bar Kokhba. Ils massacraient les Romains.

On ne sait pas s'ils se servaient de menhirs pour ça, mais il y a un texte dans la Guemara qui parle d'un certain Bar... des Romains, identifié par les historiens avec Bar Kokhba, qui était très fort et lançait de très grosses pierres sur les armées romaines. Oui. Certains prétendent que c'est ça qui aurait inspiré le personnage d'Obélix chez Goscinny. À savoir. En tout cas, Goscinny ne l'a jamais confirmé. Mais enfin, ce n'est pas du tout impossible. — Comment ?

— Sa fille l'a confirmé ? Ah d'accord, c'est très bien. Voilà, c'est très bien. Donc il faudrait retrouver des menhirs, et peut-être des piles de casques, dans les lieux des combats de Bar Kokhba. Non, il y a un rapport très direct entre le personnage de Rabbi Akiva, Bar Kokhba, et la personnalité d'un des plus grands élèves de Rabbi Akiva, Rabbi Shimon Bar Yochaï. Rabbi Shimon Bar Yochaï a œuvré après la révolte, après l'échec de la révolte, et c'est lui qui continue la tradition de l'opposition aux Romains. C'est d'ailleurs la raison …

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