Yom HaAtsmaout, le Hallel et la question du Machiah
Le Talmud (Sanhédrin 94a) et le Hallel : pourquoi la fête d'indépendance se dit comme une fête de salut.
Rav Oury Cherki
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Bienvenue aux ténèbres. Bon retour à la lumière.
Alors, je voudrais qu'on étudie un texte du traité de Sanhédrin, à la page 94a, Tsadik Dalet, 'Amoud Alef. Ça parle d'une particularité d'un mot dans un verset du prophète Yeshayahou, Isaïe en français. Qu'est-ce qu'il nous dit, le prophète Isaïe ? Il nous parle
d'une guerre qui s'annonçait entre le roi Sanhériv et le roi Hizkiyahou, Ézéchias en français. Il était roi de Juda, et la capitale de Juda, c'était Jérusalem. À l'époque du roi Hizkiyahou, la Judée n'était pas vraiment indépendante. Il était roi de Juda, mais il était tributaire, il faisait partie d'un empire, l'empire assyrien. On peut donc dire que la Judée était sous mandat assyrien.
Le roi de Juda, Hizkiyahou, décide un bon jour de cesser de payer le tribut, donc de devenir indépendant. Il veut passer d'une situation de dépendance à une situation d'indépendance politique. Le roi Sanhériv, qui ne l'entend pas de cette manière, part en guerre. Il arrive à défaire toutes les armées de Hizkiyahou et s'empare des forteresses de tout le pays. Une fois la conquête de tout le pays achevée, il fait le siège de Jérusalem.
Dans Jérusalem assiégée, Hizkiyahou n'a pratiquement plus de soldats pour se défendre. Sanhériv arrive avec une armée gigantesque. La Guemara nous donne un chiffre absolument incroyable, de deux milliards virgule six soldats. Vous comprenez bien que c'est un chiffre absolument impossible, mais c'est une manière figurée de parler.
Et il se passe un miracle. Une épidémie se déclare dans l'armée de Sanhériv. La Bible appelle ça: un ange de Dieu est envoyé pour frapper dans le camp de Sanhériv. Il perd en une nuit cent quatre-vingt-cinq mille soldats. Il quitte la Judée et se fait assassiner par ses fils dans son palais. Et le pays de Yehouda retrouve son indépendance. C'est un truc absolument incroyable.
Le prophète Yeshayahou parle de ça dans ses prophéties, de ce qui va se passer. Il parle de Hizkiyahou pratiquement comme du Machia'h. Il dit de lui, c'est dans le chapitre 9: « Les marbés à Misra, ou le shalom en Ketz,
pour celui qui est abondant en pouvoir, qui amène une paix infinie, al kissé David valmam larto sur le trône de David et son empire, etc., etc. » Celui qui abonde de pouvoir, en hébreu lémarbé hamisra, celui qui abonde en pouvoir. Le mot lémarbé s'écrit lamed, mem, resh, bet, hé.
Vous savez que la lettre mem, en hébreu, a deux formes: il y a le mem ouvert et le mem fermé. À la fin d'un mot, le mem est fermé; c'est ce qu'on appelle le mem final. Au milieu d'un mot, il est ouvert. Et là, nous avons une seule exception dans tout le Tanakh: dans le mot lémarbé, on a un mem final au milieu du mot.
La Guemara se demande pourquoi ce mem est fermé, alors qu'il aurait dû être ouvert. C'est quoi un mem ? C'est une initiale. L'initiale de quel mot ? Il y a beaucoup de mots qui commencent par mem, et il y en a un particulièrement aimable: Machia'h. C'est comme si le prophète avait voulu dire, de Hizkiyahou, qu'il est le Machia'h. Et puis quelque chose l'a coincé, il n'a pas pu dire le mot, et alors il a dit autre chose: lémarbé hamisra, etc. C'est comme ça que la Guemara comprend.
C'est-à-dire que Hizkiyahou serait un Machia'h raté. Et ce n'est pas n'importe qui, ce Hizkiyahou. C'est un grand type. De son temps, nous dit la Guemara dans le traité de Pessahim, tout le monde étudiait la Torah, même les enfants connaissaient la halakha, etc. Alors qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi ce Hizkiyahou, qui a eu un si grand miracle, un si grand miracle qui est arrivé à l'indépendance politique, n'a-t-il pas été le Machia'h ? C'est la question qui préoccupe la Guemara.
Je vous lis le texte: Lémarbé hamisra oulchalom en ketz, pour celui qui abonde en pouvoir et qui amène une paix éternelle. Amar Rabbi Tanhoum, Rabbi Tanhoum disait: Darach bar Kappara bi Tsipori. Bar Kappara a enseigné à Tsipori. Qui est Bar Kappara ? C'est un des grands hachamim de la Michna, le gendre de Rabbi Yehouda HaNassi. Rabbi Yehouda HaNassi, vous connaissez ? L'auteur de la Michna. Et Tsipori, c'est où ? C'est en Galilée. Il y a des ruines extraordinaires, vous devriez voir ça.
Mipnei mah kol mem shebeimah tsa'ouah petouha, vezeh satoum: pourquoi est-ce que le mem qui est au milieu d'un mot est toujours ouvert, et celui-là est fermé ? Il s'est passé quelque chose. Bishvil ha-Kadosh Baroukh Hou, la'assot Hizkiyahou Machia'h, ve-Sanhériv Ev Gog oumagog: c'est parce que le Saint béni soit-Il voulait que Hizkiyahou devienne le Messie, et que Sanhériv, le roi d'Assyrie, soit considéré comme la guerre de Gog et Magog, la grande guerre finale contre le Machia'h à la fin des temps.
Amar Idat HaDin: alors pourquoi ça n'a pas marché ? Parce que la rigueur s'est présentée devant Dieu. Qu'est-ce que c'est, ça ? La rigueur dit finalement au Saint béni soit-Il: Ribono shel olam, maître du monde, oumah David melekh Israël, comment se fait-il que David, le roi d'Israël, qui a dit tant de louanges devant Toi,
(le roi David, vous savez, a écrit le livre de Téhillim, le livre des psaumes), lo asita Machia'h, tu n'en as pas fait le Machia'h ? Hizkiyahou ch'asita lo kol ha-nissim, Hizkiyahou, pour qui tu as fait tant de miracles, et qui n'a pas dit un seul cantique devant Toi, tu vas en faire le Messie ? C'est pour ça, disent les Sages, que le mem s'est fermé.
Qu'est-ce qu'on reproche à Hizkiyahou ? D'avoir refusé de dire une louange à Hakadosh Baroukh Hou, de réciter le Hallel, lorsqu'il a accédé à l'indépendance politique. C'est la raison pour laquelle il n'est pas devenu le Machia'h. Ça a l'air un peu énorme.
Il y a beaucoup de questions qui se posent. D'abord, pourquoi aurait-il dû dire une louange ? Est-ce que c'est une halakha ? Et si c'est vraiment une halakha, pourquoi ne l'a-t-il pas faite ? Et pourquoi est-ce si grave ? Parce que vous savez, il y a des péchés pires que ceux-là, j'en connais des pires que de ne pas dire le Hallel. Et pourtant, on dit: s'il avait dit le Hallel, il aurait été le Machia'h. Il n'a pas dit le Hallel pour l'indépendance, il n'est pas le Machia'h. Un peu énorme. Allons voir ce que la Guemara va chercher là-dedans.
Tout d'abord, la source: c'est dans le traité de Pessahim, à la page Kouf Yod Zayn, 'Amoud Alef, c'est-à-dire 117a. Vous voyez, je suis précis dans la référence. Il y a une question qui est posée à propos du Hallel: pourquoi est-ce qu'on récite le Hallel ? Bonne question, n'est-ce pas ? La Guemara répond: halel zémiro amarou, qui a dit le Hallel ? Nevi'im she-betokham, les prophètes qui étaient parmi eux,
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