La Torah de Moshe Rabbeinu et la transmission du texte
Le degré de Moshe Rabbeinu, la prophétie unique, et la fixation du texte de la Torah et de la Masora.
Emmanuel Chiber
Ensuite : Étudier le Tanakh : la base de toute l'étude, 56 min
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## Les trois degrés du Tanakh
Bien. Donc, au cours précédent, nous avons abordé la répartition du Tanakh en trois parties: Torah, Nevi'im et Ketouvim, en expliquant qu'il s'agit de trois degrés différents de transmission du texte.
Le degré de la Torah est celui de Moshé Rabbeinu, qui est le sujet du cours d'aujourd'hui. Nous allons aborder ce qu'est la Torah, comment Moshé Rabbeinu l'a rédigée, et les différentes traditions. Nous commencerons à regarder comment la Torah est partagée.
Le degré des Nevi'im, dont nous avons parlé la semaine dernière, est celui de la prophétie. Dans un autre cours, nous allons aborder tout le Nevi'im. Nous regarderons un par un qui étaient les prophètes, quels sont leurs livres et qui a écrit ces livres.
Le troisième degré est celui des Ketouvim, le degré du Roua'h HaKodech.
Avant d'aborder la rédaction de la Torah elle-même, une petite introduction très importante. Il existe une différence fondamentale entre la prophétie de Moshé Rabbeinu, et celle des prophètes, et les Ketouvim, qui relèvent du Roua'h HaKodech.
## La prophétie de Moshé Rabbeinu
Pas tout le monde ne peut choisir d'être Moshé Rabbeinu. Il n'y a qu'une seule personne comme Moshé Rabbeinu, c'est lui-même. Il fallait que quelqu'un donne la Torah, et Moshé a été choisi. Ça a peut-être été quelqu'un d'autre, mais en tout cas c'était Moshé Rabbeinu.
Moshé a donc une prophétie du niveau de la prophétie de Moshé Rabbeinu, à qui Hachem parle comme à un homme qui parle avec son ami. Il est prêt à la prophétie à tout moment. À ce degré, seul Moshé Rabbeinu l'a eu. C'est pour cela que la Torah ne peut être donnée que par quelqu'un de ce niveau.
Après la Torah, on ne peut plus rien renouveler. Après la Torah, on ne peut plus rajouter de mitsvot. Tout est contenu, les 613 mitsvot, tous les commandements, tout est contenu dans la Torah.
Alors pourquoi y a-t-il eu des prophètes ? Nous avons vu la dernière fois que les prophètes ont été donnés parce qu'il y a eu des fautes, et il a donc fallu qu'il y ait des personnes qui interviennent pour faire revenir, pour faire faire techouva, etc. C'est pour cela que le Talmud, que nous avons vu la dernière fois, dit que s'il n'y avait pas eu de fautes dans l'âme d'Israël, on se serait contenté de la Torah et du livre de Yehoshoua. Nous reviendrons sur le livre de Yehoshoua.
## Devenir prophète
Mais comment devient-on prophète ? Il faut se préparer à la prophétie, et c'est une très grande préparation. Nous voyons dans les livres de Chmouel et dans les livres des Melakhim des Bnei Nevi'im, des Bakhoi ishivot, qui étudient dans le Beit Midrach de la prophétie. Ils veulent devenir prophètes. C'est une concentration, c'est une sainteté. Et s'ils le méritent, Hachem leur parlera. Mais pas tout le monde.
Il n'y a pas automatiquement de prophétie. Être prophète, cela veut dire entendre la parole divine, et pas tout le monde peut l'être.
Depuis Malachie, le prophète Malachie, donc depuis le début du Second Temple, un peu avant la période de Hanouka, il n'y a plus de prophétie. Donc, si aujourd'hui quelqu'un arrive et dit « je suis un prophète », on lui souhaite bonne guérison.
Si c'est le Machia'h, c'est le Machia'h. Si ce n'est pas le Machia'h… si ce n'est pas le Machia'h. Effectivement, quand nous arriverons au livre d'Yeshayahou, nous étudierons peut-être le 53e chapitre, qui parle justement des difficultés de la reconnaissance du Messie, parce qu'il va falloir le reconnaître, et ce n'est pas toujours évident.
Donc, en tout cas, voilà le niveau de la prophétie.
D'après Maïmonide, il n'y aura jamais plus grand que Moshé Rabbeinu. Il existe certains avis, certains kabbalistes, qui pensent que le Machia'h sera du degré de Moshé Rabbeinu, mais non dans le sens de dévoiler une autre Torah que la Torah de Moshé Rabbeinu. Il existe des dimensions, des compréhensions de la Torah. C'est exactement le thème d'aujourd'hui, quand nous parlerons de la Torah.
Mais le troisième degré est celui des Ketouvim.
## Le Roua'h HaKodech
Cela veut dire que l'on peut atteindre le Roua'h HaKodech. Qu'est-ce que le Roua'h HaKodech ? Il y a une Braïta. Une Braïta, c'est un enseignement des Tanaïm, et celui-ci est d'Éliyahou HaNavi, Éliyahou le prophète, qui connaissait son domaine. Il dit la chose suivante: « Je prends à témoin le ciel et la terre: qu'il soit homme ou femme, jeune ou âgé, juif ou non-juif, selon ses actes, s'il en est digne, il recevra le Roua'h HaKodech. »
Le Roua'h HaKodech est un degré que quelqu'un peut avoir, même aujourd'hui. Si quelqu'un a un degré de sainteté, d'attention à sa bouche, qui ne fait pas de médisance, et qui remplit certaines conditions, il peut avoir le Roua'h HaKodech, même aujourd'hui. Ce degré est un degré accessible: c'est le degré des Ketouvim.
## Le Sefer Torah
Alors, comment se présente la Torah ? À priori, le support le plus original de la Torah, c'est le Sefer Torah. Quand vous montez à la Torah, vous avez le Sefer Torah, écrit à la main.
Maintenant, dans le Sefer Torah, comment le texte est-il écrit ? Qu'est-ce que vous voyez dans le Sefer Torah ? Il y a la ponctuation ? Comment sait-on où partager un verset ?
Qui est prêt à lire les deux premiers versets de la Torah ? Vas-y. Comment ça s'appelle ? Rouven.
Vas-y, Rouven. Rouven, tu as très très bien lu. Maintenant, pourquoi as-tu partagé le verset comme ça ? Je te donne un exemple. Le deuxième verset dit: « Véhaarets haïta tohou vavohou ». On peut lire « Véhaarets haïta tohou vavohou » parce qu'on est habitué à entendre le tohou vavohou. Mais qu'est-ce qui m'empêche de lire autrement ?
Alors, pourquoi as-tu lu de la façon dont tu as lu ? Parce que la Massora le dit. Le vav et le 'hakher étaient sur le pasouk. C'est également grave. On a beaucoup de traditions.
Donc, quand vous regardez le Sefer Torah, vous voyez une série de mots, l'un après l'autre. C'est la seule chose qui est visible dans le Sefer. Au début, en tout cas, dans le Sefer Torah, il y a une série de mots.
Mais il y a aussi, par contre, des interruptions. Dans le Choumach que vous avez, par exemple, la première parachah, qui commence avec le mot Béréchit, le premier passage, où se termine-t-il ? Le premier passage, pas le premier verset: à quel moment voyez-vous l'interruption ?
Très bien. D'abord, on a la création du premier jour, et là vous voyez l'interruption. Vous voyez une interruption ? Voilà. Et après, le deuxième verset commence à quelle ligne ? Vehaarets haïta tohou vavohou… Ça commence quand, ce verset ? Ok. Donc, ça, c'est ce qu'on appelle une parachah.
## Chapitres et parachiot
Maintenant, première introduction importante. Nous avons l'habitude de partager le Tanakh en chapitres et en versets. La répartition en chapitres figure dans les Bibles chrétiennes, anglicanes. On ne sait pas exactement quand cela a commencé, mais cela a commencé entre le VIIe et le VIIIe siècle.
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