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Pourim, les masques et l'unité d'Israël

Le Midrach de Choulhan Arouh sur Mordekhaï et la plante mordoror, et ce que le Rav Kook y voit.

53 min

Rav Élie Kling

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, nous allons étudier un texte concernant Pourim, un midrash qui porte sur le minhag des masques et des déguisements. Il y a quelques années, j'étais avec quelqu'un qui venait de l'extérieur. Nous assistions à un défilé plus ou moins carnavalesque de Pourim dans la région de Tel Aviv, et cette personne me disait: « C'est quand même terrible que même en Israël on soit obligé de copier sur les Goyim. »

L'histoire du carnaval, des masques et des déguisements, c'est quelque chose qui vient de l'extérieur. Cela se passe au mois de février en général, à Rio, en Italie, à Nice. Et pourquoi serait-on obligé de prendre ça ? La vérité, c'est que le minhag des masques et des déguisements est un minhag important chez nous, et il remonte très, très loin. Il y a plusieurs raisons à tout cela, et je vais essayer de me concentrer sur une seule d'entre elles, en partant d'un midrash qui se trouve dans une Guemara.

La Guemara se trouve dans la Massekhet Houllin. C'est le texte que vous avez ici, au milieu, en haut plutôt. Le texte commence par une question qui est l'une des questions les plus curieuses que j'aie jamais vues dans le Talmud: Moshé min HaTorah minayin, littéralement: où est-ce qu'on a une allusion à Moshé dans la Torah ? Il faut vraiment relire la question pour la comprendre.

Tout le monde sait que Moshé non seulement a une allusion dans la Torah, mais qu'on ne parle que de lui dans la Torah. En tout cas, depuis le livre de Chemot jusqu'à la fin du livre de Devarim, il n'y a pratiquement pas de paracha, pas de passage, sans Moshé Rabbeinu. Donc « Moshé min HaTorah minayin » est évidemment une question très curieuse. En général, quand il y a une question un peu bizarre comme celle-ci, c'est que la réponse doit être bonne.

On raconte l'histoire d'un bahour yeshiva qui est allé voir son Rav et qui lui dit: « J'ai un grand hidouch sur les Tossefot ». Il avait étudié un passage du Talmud, puis il avait dit: « J'ai quelque chose de nouveau à dire concernant l'un des commentateurs là-bas. » Le Rav lui répond: « Je t'écoute. » Le garçon donne la question. Le Rav dit: « OK, quelle est la réponse ? » Le garçon donne la réponse. Une fois la réponse donnée, le rabbin lui dit: « Mais la question, c'est quoi ? » Le garçon répète la question. Le rabbin dit: « Mais je t'ai déjà dit la réponse, dis-la encore une fois. » Et ainsi de suite: la question, la réponse, la réponse, la question, six, sept fois.

Au bout de dix minutes, le garçon lui dit: « Mais enfin, si vous voulez vous moquer de moi, dites-le, mais franchement, c'est pas sympa, ça fait déjà six fois que je vous donne et la question et la réponse. » Le rabbin lui répond: « Non, je vais t'expliquer. Mon cher ami, quand c'est un grand hidouch, c'est quelque chose de nouveau à dire sur un passage du Talmud. Quelquefois, il arrive que la question soit excellente, mais que la réponse ne soit pas terrible. Mais ce n'est pas grave, ça valait la peine de donner tout le hidouch juste pour la question. Des fois, les questions sont importantes en elles-mêmes. Et puis des fois, c'est le contraire: la question n'est pas terrible, mais on la donne pour pouvoir donner la réponse, et la réponse, c'est quelque chose de très important. »

Alors là, quand tu m'as dit la question, je me suis dit: bon, sans doute que la réponse doit être bonne. Mais en écoutant la réponse, je me suis dit: peut-être que je n'ai pas compris la question. Et finalement, il s'avère que ni la question ni la réponse ne sont bonnes. Il s'agit ici, évidemment, de comprendre quelle est la réponse. Si on pose la question: est-ce qu'il y a une allusion à Moshé dans la Torah ? Sans doute qu'il y a une bonne réponse, parce que la question, franchement, on aurait pu trouver mieux.

Regardez la réponse: minayin, d'où est-ce que j'ai une allusion à Moshé dans la Torah ? Beshagam hou basar, parce qu'il est aussi cher, basar. Ce serait une allusion à Moshé dans la Torah. Quel est ce verset ? Où se trouve-t-il ? Il se trouve dans Béréchit. C'est curieux, parce que s'il y a bien un choumach où je suis censé ne pas trouver Moshé, c'est justement Béréchit, où il n'est pas encore né. L'allusion à Moshé dans la Torah se trouverait donc justement dans Béréchit et pas dans les autres livres.

En quoi Beshagam hou basar est-il une allusion à Moshé ? Regardez le contexte du verset. Il se trouve dans la paracha de Béréchit, au chapitre 6, à la fin de la paracha. En général, c'est une paracha tellement importante, la première du Choumach, qu'on arrive rarement jusqu'à la fin, parce qu'il y a tellement de choses à dire sur le début. Pourtant, la fin aussi est importante. Regardez le chapitre 6 du livre de Béréchit. C'est photocopié en bas à droite: « Lorsque l'homme a commencé à se reproduire et à être nombreux sur terre, il a eu des filles. » Bon, la vérité, il a eu aussi des garçons, mais ce qui nous intéresse pour l'instant, c'est le fait qu'il a eu des filles.

« Elles étaient belles. » Alors, c'est quoi les Bnei Elohim ? Les Bnei Elohim, d'après le pchat, d'après l'explication simple, il ne faut pas dire « divins », mais « des personnes de haut rang ». Vous savez qu'Elohim veut dire également des personnes haut placées, des juges. On voit cela dans un certain nombre de passages: « Béguichot et l'Elohim », amener devant le juge. Elohim peut être quelqu'un d'important, un juge, quelqu'un qui a une autorité quelconque sur la société. « Giborim », peut-être aussi. En tout cas, des gens haut placés, c'est l'idée.

Donc Bnei Elohim, d'après le sens littéral, ce seraient les enfants de la classe dirigeante. Et si c'est comme ça, si c'est l'explication de Bnei Elohim, alors Benot ha-adam, les filles de l'homme, « homme » prend le sens de simple homme, c'est-à-dire les classes populaires. Suivons l'explication première: Vayiru bnei Elohim benot ha-adam, cela veut dire que les fils des dirigeants ont vu les filles du peuple, ki tov hen, « elles étaient belles », et alors, eh bien, ils se sont servis. Va-yikhou lahem nashim mikol asher bahharou: ils se sont servis, sans se poser la question de savoir si les jeunes filles étaient consentantes, si elles étaient mariées, si elles étaient disponibles, etc. Évidemment, cela ne plaît pas à Dieu.

Vayomer Hachem: Lo yadon rouhi ba-adam le-olam. C'est un verset très difficile à traduire; il y a plusieurs traductions possibles. Je vous en donne une: Lo yadon rouhi ba-adam le-olam, mon rouah ne s'intéressera plus à l'homme. Ou plutôt: l'homme ne sera plus capable de comprendre mon …

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