L'équilibre de l'âme selon le Rambam, premier chapitre
Pourquoi l'équilibre intérieur conditionne l'étude de la Torah et la morale, selon les huit chapitres de Maimonide.
Rav Yehoshoua Zuckerman
Ensuite : Le général avant le détail : la nature de chaque être, 51 min
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Ce dont nous avions parlé: le premier paragraphe traite de la morale, de la morale au niveau de la personnalité, qui doit être morale. Cette morale-là nous enseigne à être quelqu'un d'harmonieux. C'est ce que nous avons appelé ici l'équilibre. En d'autres termes…
Quand tu étudies, l'étude ne peut être une étude réelle, une étude valable au niveau divin, qu'à une condition: que toute ta personnalité, on pourrait dire toute ton âme, prenne part à cette étude. Si ce n'est que le côté intellect, alors ce n'est pas l'étude demandée. Au contraire, nous disons que quelqu'un qui n'est pas équilibré dans toutes les parties de son âme n'est pas quelqu'un de moral. Ça, c'est la première chose.
Je crois que la chose la plus importante, c'est que moins nous sommes équilibrés, c'est-à-dire moins il y a d'unité dans la personnalité, automatiquement… On ne peut pas non plus parler de l'unité divine. Pour que l'unité divine se réalise sur terre, en nous, dans notre personnalité, il faut nécessairement que nous-mêmes soyons déjà arrivés à l'unité, c'est-à-dire que toutes nos forces soient vraiment unies. C'est ce que j'appelle être vraiment un dans l'âme. Ça, c'est le premier aspect.
Maintenant, le Rambam nous enseigne un second point. Nous allons étudier dans ce premier paragraphe quatre points. Le second, c'est ce que j'appellerais le fait de réaliser le fait humain, le fait humain dans tout ce que nous faisons. Il y a là une notion qui est assez…
Si vous vous souvenez, nous avions parlé du klal et du prat: le groupe est avant l'individu. De même, nous parlerons aussi de l'âme dans son entité, qui est avant ses forces. Quand nous parlons de cette façon de voir les choses, nous allons devoir nous demander quelle est la chose. On pourrait dire: qui est le clan, quelle est sa réalité, qu'est-ce qui est le général avant l'individu ? On pourrait aussi parler d'un autre terme: le potentiel. Quel est le potentiel de l'homme ? Est-ce que l'homme est seulement quelqu'un qui parle, quelqu'un qui devrait se mettre à l'étude, ou le sentiment ? Est-ce que l'homme est le corporel ?
Il faut donc rechercher et savoir ce qu'est le fait humain. Le Rambam nous dit clairement que l'homme, on pourrait dire sa personnalité, toute sa personnalité, c'est l'homme. C'est la réalité humaine: c'est une âme, et une âme qui n'a aucune attache, on pourrait dire, au côté matériel.
C'est-à-dire que lorsque l'homme a été créé, on pourrait dire qu'il a le but de sa vie appartenant seulement au côté âme, donc au côté supérieur. Le but de notre vie est de réaliser l'unité, d'unir le côté âme et le côté corps, c'est-à-dire d'être capable de réaliser totalement l'âme en respectant totalement le corps.
Si, par exemple, nous parlons de quelqu'un qui mange: est-ce que manger, par exemple, comme un animal et manger comme un homme, c'est la même chose ? C'est assez clair que non. Nous ne pouvons donc jamais oublier que le côté général de l'homme est l'âme, et que, nécessairement, quelle que soit l'action que nous faisons, doit toujours apparaître ce côté qui est l'essentiel de l'homme, ce qu'on appellera l'âme.
Si l'on parlait, par exemple, du corps, de la peau, des os, des molécules, là aussi les savants, avec leur microscope, dans leurs recherches, ne sont pas capables de déceler l'âme. Alors que nous, nous disons que c'est là une partie de la réalité de l'âme. Donc, d'abord, il est l'âme, et ensuite c'est un corps. C'est ce qu'il dit.
Ainsi, dans ce deuxième paragraphe, un être moral est seulement quelqu'un qui sera capable d'être fidèle à sa façon d'être au niveau de l'âme, à ses lois d'âme, dans le corps. C'est assez clair ?
On peut expliquer que chacun a une neshama. Ce ne sont pas des neshama identiques, chacune a une partie différente. Mais ce n'est pas la même âme comme… — Est-ce la même âme ou pas la même âme ? — C'est la même âme. — Ah, tu dis que c'est la même âme. — Non, ce n'est pas la même âme, mais elle vient de la même chorech, de la même racine. L'unité infinie divine se réalise dans une multiplicité de réalités limitées. Quand nous parlons d'Israël, le fait que nous sommes tous Israël, c'est une même âme. Seulement elle se réalise de différentes façons: chacun a un autre visage, une autre empreinte digitale, etc.
Ce n'est pas notre sujet. Ici, le Rambam ne parle pas du peuple d'Israël, il parle seulement de l'individualité. Quand nous parlons de morale, nous en avons parlé tout à fait au début: la morale, qui s'occupe des vertus, s'occupe de développer notre personnalité individuelle, alors que les mitsvot sont la façon de se conduire du peuple. Les vertus de la morale vont amener l'être à être tov, je dirais même plus. Alors qu'il y a des mitsvot qui sont la façon de ce qu'on appellerait plus être un Juif: par exemple mettre les tefilin, ou respecter le Chabbat. Quand j'appartiens au peuple d'Israël, je respecte le Chabbat. Individuellement, personne ne respecterait le Chabbat s'il n'y avait pas de Juifs.
— Encore une fois, il faut que je te réponde. — Tu parles du peuple d'Israël, ce n'est pas notre sujet. Quand on parle du peuple d'Israël, c'est une chose innée, naturelle, qui dépend de la mère, et qui ne dépend pas de notre libre arbitre. À ce niveau-là, on ne peut toucher à l'âme du peuple qui est en nous, ni en bien ni en mal. Le libre arbitre n'a de pouvoir que sur l'individu. Ce qu'on appelle, pour être plus précis, nefesh et roua'h. Nefesh, c'est le côté de vie donné par Dieu à l'individu au niveau corporel. Roua'h, c'est le côté de vie donné à l'homme au niveau de la pensée et de la parole. Et neshama est le côté de vie d'un homme qui appartient à un peuple.
Notre contrôle est donc seulement sur le nefesh et le roua'h, au niveau individuel: au niveau de la pensée rationnelle, de la parole et des actes. Alors que la neshama ne dépend pas du tout de nous. À ce niveau-là, nous disons veamrou kulam tsadikim. Je parle d'Israël: tous sont des tsadikim au niveau de la neshama, pas au niveau de la réalisation individuelle. Au niveau de la réalisation individuelle, nous avons sans cesse à nous améliorer. — Non, non, je parle d'Israël, ce n'est pas mon sujet. — Ok, nous allons… Ok. Non, à ce niveau-là, nous disons que redresser les vertus…
C'est vraiment le travail que nous avons à faire sur nous-mêmes: redresser les vertus. Le Rambam dit au deuxième paragraphe que le redressement des mœurs, des vertus, n'est pas autre chose que le traitement de l'âme selon ses facultés. Nous avons là une vérité fondamentale, qui est en fin de compte le but de tout ce petit livret: le redressement des mœurs.
Si vous vous souvenez, nous avons dit que le mot midot a deux sens. Mida veut dire mesure, mais le mot mida veut aussi dire habit. Les madim, l'uniforme …
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