Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Yehezkel 36, 16 et suivants : profaner le Nom et la terre

Pourquoi Hachem dit que ce n'est pas pour Israël qu'il a fait le peuple, et ce que signifie vraiment la profanation du Nom.

50 min

Rav Rony Akrich

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Boker tov lekoulam. Aujourd'hui, nous étudions Yehezkel, chapitre 36, à partir du verset 16. Ce passage sert de Haftara pour la paracha de Para, en général, mais je le choisis moi-même, personnellement, parce que je veux faire un parallèle absolument détonnant. Je n'ai pas dit « étonnant », j'ai dit « détonnant », avec Pessa'h.

Je commence. « Et ainsi l'Éternel s'adressa à moi. » Yehezkel est un prophète qui a été oint comme prophète en Erets Israël, dans le royaume d'Israël, et qui a ensuite été déporté, quatorze ans avant la chute du Premier Temple, avec le royaume d'Israël, en Babylonie.

C'est donc en Babylonie que Yehezkel est interpellé par l'Éternel. Vous allez voir un passage où, quand j'ai dit « détonnant », je suis en dessous de la vérité. Mais bien sûr, tout dépend de qui le présente. Nous allons faire exploser les choses. Si le texte commence par Vayehi, tout de suite vous me dites que ce qui va suivre... Quoi ? Vous vous rappelez pourquoi ? On ne le répète pas. Vayehi davar Adonaï, et là, il est mort, et ainsi l'Éternel s'adressa à moi.

Ben adam, beit Israël yochevi almatam. Homme, la maison d'Israël est assise sur sa terre. Vayitmé ota, et ils l'ont rendue impure, be darkam ou be aliloteam, par leurs faits, par leurs comportements. Ketumat nidah, comme l'impureté de la nida. Ayta darkam, les efanai, fut leur manière d'être, le chemin suivi par eux. Je vous ai donné une traduction qui est littérale.

Nous allons essayer de voir, bien entendu, ce qu'il y a entre les lettres, comme d'habitude, c'est-à-dire les blancs, qui sont, bien évidemment, porteurs d'un véritable message qui va au-delà de la lettre. Je reprends. Ben adam. Vous vous rappelez ce que je dis à chaque fois: lorsque le mot ben est placé devant un autre terme, il y a, véritablement, une autre appellation, et il y a un sens donné à cette appellation. Ben, c'est l'enfant, mais c'est aussi la racine du verbe construire. C'est donc que le nom qui suit, de par l'essence qu'il supporte, c'est-à-dire de par le projet qu'il porte, devra être construit. Raison du mot Ben Israël, Ben adam.

Adam est la créature humaine, mais ce n'est pas encore l'homme, parce qu'il n'y a pas eu de gestation fœtale pendant neuf mois. Il n'est que adam. Celui qui sera son enfant, sorti de la partie matricielle de la femme, sa compagne, cet enfant-là aura tout à faire. Dans le nom adam, comme projet, il faudra qu'il devienne ben adam, celui qui construit le projet. Ainsi, Ben Israël.

Est-ce que c'est clair ? C'est grandiose ! Ben adam, beit Yisraël yoshvi almatam.

Les enfants d'Israël sont installés sur leurs terres. Ils y résident, mes princes, ils y résident. À l'ulpan, on nous apprend malencontreusement... Non, je n'habite pas dans le sens de séjourner pour un temps, de séjour. Ger, c'est celui qui vit sans lien avec le pays, avec une carte de séjour, c'est le sens du verbe séjourner, lagur, guer. Alors que ceux qui habitent, qui résident, sans carte de séjour, c'est yochev, lichvot, yachav. Vous savez ce que je veux dire ?

Donc, cette maison d'Israël était installée sur la terre. Je veux vous faire entendre quelque chose que vous avez déjà entendu lorsque j'ai choisi, avec Abraham, de mettre ces hommes sur la terre. Vous avez donc appris avec Rony qu'il y a un rapport intrinsèque dans la relation de l'homme et de la terre.

Parce que l'homme, dans cette seule langue hébraïque, est au masculin, alors que la terre est féminine, et que j'ai choisi l'homme et la terre pour essayer, dans leur rencontre, de se conjuguer, comme tous les couples de la terre, afin de comprendre quelle était leur conjugalité, afin d'entendre qu'ils voulaient jouir du fruit de leur passion amoureuse. Eh bien non, cela ne s'est pas passé ainsi. Ben adam, beit Israël, yoshvi, almad matam. Virgule !

L'impureté. Bonne question. Dans cette relation, telle que je vous l'ai expliquée il y a quelques secondes, en quoi [06:14] cette relation devient-elle impure ? Dites-moi le mot, le verbe. Israël ou la terre auraient pu, l'un ou l'autre, croire vis-à-vis de l'autre... Il a fait tromper, tromper, tromper le projet. C'est comme si le nom d'Israël avait été fourvoyé, falsifié, trompé.

À toi, l'individu, Maxime, ce que l'Éternel demande, c'est que tu sois toi. Le fait que tu sois là, l'avidité, le désir, l'aspiration de vouloir devenir l'autre, c'est te fourvoyer, te falsifier. C'est ton avodah zara. Avodah zara !

C'est un travail qui est étranger à ce que tu es, toi, en ton âme et conscience. Se mettre au service de ce qui n'est pas moi, partir à la recherche seulement de l'autre, non pas dans une reconnaissance d'association, mais dans un plein conformisme: il y a là de l'avodah zara.

Je fais exprès d'employer le terme hébreu, parce que le mot « idolâtrie » me dérange un peu. Et là, l'Éternel vient, dans un anthropomorphisme extraordinaire, expliquer en quoi cette tromperie, cette vilenie de l'homme pour son épouse, ou de l'épouse pour l'homme, est significative.

Ketouma, tanida. Qu'est-ce que c'est, la nida ? Qu'est-ce que c'est, la période menstruelle ? Avant le fait, il n'y a pas encore de fœtus. Qu'est-ce qui se passe au moment de la menstruation ? Il y a ovulation. C'est-à-dire que lorsqu'il y a ovulation, il y a une probabilité réelle d'une future fécondation. Et c'est parce que la fécondation ne s'est pas faite ni réalisée qu'il y a comme une perte de ce qui aurait pu être. Et la perte de ce qui aurait pu être, c'est ce sang qui s'écoule et se perd. Grandiose ! Quel anthropomorphisme pour dire que la relation d'Israël à la terre est une relation de tromperie, de vilenie amoureuse: ketouma, tanida, ayta darkam, lefanai.

Et vous croyez que nous en resterons là ? Non, point ! Verset 18: Vechpokhti hamati alehem. Je verserai ma colère sur eux. Je déverserai ma colère. Vous pouvez essayer d'être autre. Mais le fait que vous ne vouliez point être vous-même, ce mois-ci, [09:34] vous rattrapera d'une manière ou d'une autre. Il est dommage de penser que, lorsque le moi vous rattrapera, il n'en fera qu'à sa tête, qui ne sera pas la vôtre, et que, dans cette relation un peu, comment dire, tendue, il y aura des souffrances et des douleurs. Vechpokhti hamati alehem.

Je déverserai ma colère sur eux. Ne venez surtout pas m'accuser. Ne venez surtout pas chercher le coupable. Le coupable, c'est vous, vous qui avez créé les conditions qui ont fait que la situation s'est déversée de la plus mauvaise des manières sur vous. Cela aurait pu bien se passer. Je vous avais dit, lorsque vous la rencontriez, de l'aimer à tout jamais. D'être fidèle, d'être passionné, d'être aimant. Mais du jour où vous avez commencé à la tromper, pensiez-vous que le terrain resterait vierge, alors qu'il était défriché de la manière la plus mauvaise qui soit ?

Pouviez-vous attendre des fruits, quels qu'ils soient, d'une relation aussi malheureuse, aussi incongrue, aussi malsaine ? Aucun fruit n'était capable de naître et de …

Cours de Machon Meir

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav