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Bonnes et mauvaises conjugaisons de la nefesh

Comment l'appréciation erronée de la réalité, poussée à l'extrême, mène à la perte de repères.

1 h 01

Rav Rony Akrich

Ensuite : L'homme intègre : tamim, la perfectibilité et le libre arbitre, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Boker tov, Chalom lekoulam. Il y a ce polycopié que je vous avais donné, celui qui traite de l'esprit, normalement. Oui, d'accord, mais ça ne fait rien. Vas-y, donne-lui un exemplaire aussi, parce qu'il faut qu'il se remette dans le bain avant de sombrer. Voilà: le crayon, la tête ouverte. Le pied, c'est rien du tout, tout est dans la tête.

Nous avions vu cette phrase du Rav Kook, qui était tellement cardinale. Et je me suis dit que non seulement ce que nous voyons dans le Tanakh à travers Yehoshoua, mais aussi dans les chapitres qui nous restent, ils ne nous restent pas tellement. J'ai donc dit: peut-être une fois comme ça, une fois comme ça, à moins que Rav David nous donne des heures particulières. Mais il y a quelque chose ici que nous avions commencé à voir ensemble, et qui était très important. Je vous rappelle ce que j'ai traduit en français, vous l'avez devant vous.

L'hiver est sa saison de pluie tant attendue, les feuilles mortes jonchent les sols. À propos de la phrase du Rav Kook, Chana Neshama Meira, lorsque l'âme... éclaire, c'est-à-dire qu'elle a la potentialité, que vous offrez à l'âme la possibilité d'éclairer. Gam Chamayim Otefa Arafel: même les cieux, qui sont embrumés et emplis de brouillard, c'est-à-dire que nous sommes dans une période d'obscurité. Alors, si l'âme a la potentialité d'éclairer, c'est-à-dire si elle est emplie de confiance, de fidélité, de vérité pour ce qu'elle est,

alors, même dans les moments obscurs, Gam Chamayim Otefa Arafel, Mefikim Or Nahim, il est possible de voir paraître et apparaître une lumière harmonieuse, une lumière douce, pas une lumière qui nous éclate la bulle. Le premier cours que nous avons fait là-dessus est sur internet, vous pouvez le réécouter.

Voici ce que je vous ai traduit en français, à ma manière, bien sûr: les nuages s'amoncèlent et s'unissent, ils offrent un gris plus ou moins sombre aux cieux. On l'avait vu, c'est Ayelet HaChachar, l'aurore de l'histoire, où, dans la nuit la plus obscure, commencent à pointer les premiers rayons. L'obscurité devient plus présente car les jours raccourcissent. L'hiver traduit ce qui nous paraît être un temps mort, le devoir d'hiberner. L'hibernation a un sens.

C'est parce qu'elle est consciente qu'après l'hiver, il y a un printemps, et que le fait d'hiberner, c'est le fait de se préparer à l'éclosion, au refleurissement, au renouveau. Dans cette idée d'hiver dont je parle, et d'hibernation, c'est le lieu, le moment où l'homme remet en question sa propre existence, et où, si vous vous laissez entreprendre par l'obscurité,

par l'état sombre de la réalité, il est clair, bien entendu, que vous allez déprimer. Ne pas être capable de voir dans l'infini obscur le rayon de lumière provoque, en tout état de cause, non pas seulement une autre obscurité, mais l'assombrissement même de notre possibilité de voir et d'entrevoir.

Je vous ai écrit un pessimisme conséquent d'un état trop sombre, bien entendu. L'homme prend conscience de sa finitude. Mais si l'homme prend conscience de sa finitude, c'est-à-dire qu'il est limité dans le temps, cela veut dire qu'il limite l'existence de l'homme à sa seule personne, c'est-à-dire à l'existence propre de sa singularité, sans entrevoir qu'à travers cette singularité-là, il est capable de faire naître

et de devenir une suite à sa propre histoire. C'est la raison pour laquelle je vous avais dit, je le dis et je le répète, que nous ne conjuguons pas le verbe avoir pour être. Ce n'est pas notre accumulation d'avoir qui nous fera devenir. C'est par contre notre conjugaison de l'être qui sera capable de nous faire avoir. Mais notre premier avoir à nous, les Hébreux,

ce sont ces enfants, qui sont seuls capables d'assurer la pérennité de ce devenir. L'homme est une finitude dans son regard corpusculaire, mais il est une éternité dans l'âme qui le meut. Êtes-vous capables d'entrevoir véritablement l'éternité qui vibre au sein des profondeurs de votre être, et de ne pas arrêter l'appréciation

de l'avènement, de l'événement, quel qu'il soit, dans les quatre coudées du corps physique tel qu'il nous est représenté ? Le fait de vouloir des enfants, c'est parce que nous voulons une suite. Pas parce que nous poursuivons quelque chose, mais parce que nous suivons quelque chose: la ligne du devenir, le fait que le monde est véritablement en devenir et que nous y travaillons

afin d'essayer d'y apporter le meilleur. Bien que nous ayons l'impression, et parfois pas seulement l'impression mais la certitude, que le monde auquel nous sommes confrontés est le monde de l'adversité, le monde où le mal est prépondérant, envers et contre tout, les Hébreux sont capables de traverser l'histoire, comme le dit Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal, de traverser l'histoire.

Malgré qu'ils soient ceux qui seront le plus poursuivis, le plus spoliés, le plus violentés, le plus violés, et envers et contre tous ces aléas de l'histoire, ils sont omniprésents. Omniprésents parce qu'ils sont certainement ceux qui relèvent de l'éternité, qui n'est autre que Tsour Israël ou Ekhaker. L'éternité d'Israël ne se démentira pas. Quel est le regard que vous jetez sur ce que vous êtes, sur ce que vous attendez de vous-même ?

C'est ce que nous sommes en train de voir à travers ces textes.

Si dans le Tanakh nous faisons de l'historiosophie, en tirant les leçons de l'histoire, ici, avec l'historiosophie du Tanakh, c'est ce que nous apprenons. Il est clair que nous avons appris un certain nombre de choses, parce que vous avez vu, à travers les événements du livre de Yehoshoua, et j'espère que nous continuerons à voir, que ces événements, et surtout les personnages qui les font advenir, sont

éminents dans le sens où ils nous enseignent quelque chose, ils nous transmettent quelque chose. C'est cette manière d'être qui est importante. Encore une fois, même si aujourd'hui tout est basé sur la manière d'avoir. Vous comprenez ce que je veux dire quand je parle de la manière d'avoir ? La manière d'acquérir, la manière de posséder, et de penser que parce que vous êtes capable d'acquérir et de posséder,

alors vous êtes. C'est-à-dire qu'en fin de compte, votre possibilité de conjuguer le verbe « je suis », c'est à travers ce que vous possédez, mais non pas à travers ce que vous êtes. Est-ce que c'est clair ce que je viens de dire ? Vous avez été formatés pour penser que l'accumulation des biens sera votre être. Dans quels termes pensez-vous ? Vous pensez en termes d'avenir pour vous ?

Vous avez raison de penser à votre avenir, mais l'épithète, c'est avoir. Mais si vous pensez comme Rony, que ce n'est pas l'avenir que vous cherchez mais votre devenir, votre épithète, c'est être. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'avoir. Il s'agit simplement de savoir si l'on met la charrue avant les bœufs ou les bœufs avant la charrue. L'avoir n'a jamais encore prouvé quoi que ce soit sur le devenir de l'être.

C'est ce que nos sages nous apprennent, c'est ce que nos philosophes, qui sont d'autres sages extérieurs au texte tanakhique, à la pensée hébraïque, ont été capables …

Cours de Machon Meir

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