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Hilkhot Techouva de Maïmonide : faut-il une mitsva de techouva ?

Maïmonide ne compte pas la techouva parmi les commandements, contrairement au Ramban ; le cours examine ce désaccord.

52 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La techouva selon Rambam : pourquoi faut-il la dire ?, 50 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, bonjour tout le monde. Nous allons étudier, dans le peu de temps qui nous reste jusqu'à Kippour, ce qu'on appelle les Hilchot Techouva, les règles concernant la techouva telles qu'elles sont consignées par le Rambam. Les Hilchot Techouva font partie d'un livre plus grand, le Mishné Torah. Le Mishné Torah est fait de combien de chapitres ? Sept ? Sept chapitres ? Très bonne idée. Quoi encore ? Je vois que vous hésitez. Vous savez certainement, mais vous avez peur de vous mettre en évidence.

Le Mishné Torah est composé de neuf chapitres ? Encore une autre possibilité, très bien. On peut jeter comme ça, au hasard. En vérité, le Mishné Torah est composé d'exactement, mais très exactement, mille chapitres. Pas 999, pas 1001, mille. Ça a pris dix ans à Maïmonide pour l'écrire. Si vous supprimez Chabbat et Yom Tov, il vous reste donc trois chapitres par jour pendant dix ans. Il faut le faire, quand même.

En tout cas, les Hilchot Techouva que nous allons étudier, en tout cas partiellement, sont composés de dix chapitres. Quel est donc le pourcentage, si on s'en tient aux chapitres, par rapport au Mishné Torah ? Un centième. Il y a donc ici… Non, non, ça veut dire que la maison ne recule devant rien. Bon. Ça, vous pouvez le garder, c'est extraordinaire. Voilà. Donc ceci représente 1 % du Mishné Torah. Nous allons étudier une partie de ce 1 %. C'est tout.

Donc, puisque nous sommes dans la période où nous sommes censés faire techouva, la période d'Eloul, entre Roch Hachana et Kippour, nous étudions les règles concernant la techouva. La première question qui va se poser à nous est de savoir: dans la liste des 613 commandements de la Torah, est-ce qu'il y a un commandement positif qui nous enjoint à faire techouva ? Est-ce qu'il y a une mitsva de faire techouva ? Vous avez compris ma question, ou pas ? Vous n'êtes pas largués ? Bon, d'accord.

Très bien. Donc, la question de savoir s'il y a une mitsva de faire techouva, nous allons voir quelle est l'opinion du Rambam. Vous ouvrez donc au premier chapitre, à la première halakha. Je sais que c'est écrit en hébreu, mais nous allons traduire, pour ceux qui sont encore en difficulté par rapport à la langue de nos ancêtres. Kol mitsvot shebatorah: tous les commandements de la Torah, vous y êtes, n'est-ce pas ? Ben assé, que ce soit des commandements positifs. Ben lo assé, que ce soit des commandements négatifs, c'est-à-dire qu'il faut faire ce qu'il ne faut pas faire.

Im avar adam al hatmel: si un homme a transgressé l'un de ses commandements, l'une de ses mitsvot, ben bezadon, ben bishgaga, soit intentionnellement, soit sans l'intention de le faire. Lorsqu'il fait techouva et revient de sa faute, il doit en faire l'aveu. En français, on dit « confession », mais je n'aime pas ce terme, il a un relent de christianisme. Il doit donc en faire l'aveu devant Dieu béni soit-Il.

Ish o isha, asher yaassou mikol hatot haadam: un homme ou une femme qui ferait un de tous les péchés de l'homme, veid vaddou et hatata asher assou: ils devront avouer la faute qu'ils ont faite. Zé vidouï devarim: c'est l'aveu en parole. Ou vidouï zé, et cet aveu-là, mitsvat assé, est un commandement positif.

Donc, quel est le commandement concernant la techouva d'après Maïmonide ? Le vidouï, n'est-ce pas ? L'aveu. Est-ce qu'il y a, d'après ce que l'on vient de lire, une mitsva de faire techouva ? Non. N'est-ce pas ? Disons qu'une conséquence de la techouva, c'est le vidouï. Le Rambam dit: quand on fait techouva, on fait le vidouï. C'est ça, la mitsva. Mais faire techouva n'est pas dans la liste des mitsvot. Vous avez compris ?

De même que, par exemple, si je porte un vêtement qui a quatre coins, je dois mettre des tsitsiyot. Mais je n'ai pas de mitsva de porter un vêtement de ce genre. Si je le porte, il doit y avoir des tsitsiyot. De même, si je suis rassasié, je dois faire birkat hamazon. Si je ne suis pas rassasié, pas de birkat hamazon. C'est-à-dire que la techouva est une condition de la mitsva, mais n'est pas la mitsva elle-même, d'après Maïmonide.

Le Ramban, Nahmanide, Rabbi Moshe ben Nahman, n'est pas d'accord avec le Rambam. Ne vous étonnez pas. Le Ramban, dans son commentaire sur la Torah, dit que faire techouva est un commandement positif. Où a-t-il été chercher tout ça ? Dans la paracha de Nitsavim, dans laquelle il est dit: ki mitsva hazot asher anokhi metsavekha hayom, ce commandement que je t'ordonne aujourd'hui, lo nifla hi mimekha, n'est pas quelque chose d'inaccessible. Et c'est quoi, le commandement en question ? C'est ce qui est écrit un peu plus haut: veshavta ad Hachem Elokekha, tu reviendras à l'Eternel ton Dieu.

Donc, pour le Ramban, ce que dit le verset, « tu reviendras à l'Eternel ton Dieu et tu accompliras ses commandements », c'est une mitsva en soi, indépendamment du vidouï. Vous savez que dans mes cours, ça commence facile, après ça devient difficile. Alors, est-ce que c'est clair jusqu'à présent ? Si ce n'est pas clair, il faut poser la question maintenant. Vous avez bien compris, tous ? Génial.

Maintenant, nous allons passer à une question osée. Qui a raison ? Le Rambam ou le Ramban ? Les deux. C'est-à-dire que si quelqu'un dit aujourd'hui « maintenant il fait jour », et qu'un autre dit « non, il fait nuit », les deux ont raison ? Soit c'est une mitsva, soit ce n'est pas une mitsva. Comment ? Ça veut dire quoi, de dire « les deux » ? Explique ce que tu dis. Ah, d'accord, je veux bien. Mais dans ce cas-là, quand il fait jour et que quelqu'un dit « il fait nuit », il a tort.

Ah, d'accord. Donc c'est à voir: est-ce que c'est une mitsva de faire techouva ou pas ? C'est une controverse entre le Rambam et le Ramban. Comment est-ce que les deux peuvent avoir raison ? Oui ?

— Donc, ce que tu dis, c'est que c'est le Rambam qui a raison. C'est-à-dire que tu t'identifies avec…

Vous avez compris ce qu'il a dit ? On ne peut pas savoir qui a raison. Alors pourquoi est-ce qu'on discute ? Pourquoi est-ce qu'on étudie ? Nous avons un grand principe dans l'étude: nous cherchons la vérité. Il y a une différence entre ce que vous appelez la yeshiva et la synagogue. Je vais à la synagogue pour écouter le rabbin, pour qu'il me dise ce que je dois faire et ce que je dois penser. Monsieur le rabbin est là pour me dire. Je suis un ignorant, le rabbin me transmet la vérité de la Torah.

La yeshiva, c'est exactement le contraire. À la yeshiva, je viens découvrir quelle est la vérité. Pour cela, je dois investir ma réflexion personnelle, discuter, ne pas être d'accord, remettre en question, arriver à une conclusion. Or, ici, nous sommes dans une …

Cours de Machon Meir

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