Pirkei Avot : Torah, savoir-vivre et discernement
La Michna de Rabbi Elazar ben Azaria et le lien entre Torah, derekh Erets et bina.
Rav Amram Levy
Ensuite : PIRKEI AVOT {Series 5772} (31/10/12), 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous sommes à la Michna de Yod Zayin. Rabbi Elazar ben Azaria, je lis la Michna, après je traduis, et après on expliquera.
Rabbi Elazar ben Azaria dit: Im ein Torah, ein derekh Erets; im ein derekh Erets, ein Torah. S'il n'y a pas de Torah, il n'y a pas de derekh Erets; s'il n'y a pas de derekh Erets, il n'y a pas de Torah. Im ein Chokhmah, ein Yira; im ein Yira, ein Chokhmah. Im ein Da'at, ein Binah; im ein Binah, ein Da'at. Im ein Kemah, ein Torah; im ein Torah, ein Kemah.
Il avait coutume de dire: Kol shechokhmato merubah mi-maasav, lemah hu domeh ? Celui dont la sagesse est plus grande que ses actions, à quoi ressemble-t-il ? Le-ilan she-anafav merubim veshorashav meutim, à un arbre dont les branches sont nombreuses et les racines peu nombreuses. Veharuach ba'ah veykarah vehofkhah al panav, le vent vient, le déracine et le jette sur sa face. Shene'emar: vehayah kha-arar ba-aravah, velo yir'eh ki-yavo tov, veshakhan charerim ba-midbar, eretz melechah velo teshev. Aval kol shemaasav merubim mi-chokhmato, lemah hu domeh ? Mais celui dont les actions sont plus grandes que sa sagesse, à quoi ressemble-t-il ? Le-ilan she-sharashav merubim veanafav meutim, à un arbre dont les racines sont nombreuses et les branches peu nombreuses; même si tous les vents du monde soufflent sur lui, ils ne pourront pas le faire bouger de sa place. Shene'emar: vehayah ke-etz shatul al-palgei mayim, il sera comme un arbre planté auprès de l'eau.
Rabbi Elazar ben Azaria dit donc: s'il n'y a pas de Torah, il n'y a pas de savoir-vivre. Attention, derekh Erets ne veut pas dire la politesse. C'est le savoir-vivre, les bonnes mœurs, les mœurs morales. Aujourd'hui, en hébreu moderne, derekh Erets signifie la politesse, mais dans la Michna et dans la Guemara, cela veut dire le savoir-vivre.
Il y a donc une Torah et un derekh Erets. Et l'un est la condition de l'autre: s'il n'y a pas de Torah, il n'y a pas de savoir-vivre, et réciproquement, s'il n'y a pas de savoir-vivre, il n'y a pas de Torah. Vous voyez, l'un est condition de l'autre.
Continuons. S'il n'y a pas de sagesse, il n'y a pas de crainte de Dieu; et s'il n'y a pas de crainte de Dieu, il n'y a pas de sagesse.
Ensuite: s'il n'y a pas de Binah… En général, on traduit Binah par « intelligence ». Mais on va voir que c'est la faculté de discernement. Pourquoi ? Il faut s'attarder un peu sur le mot. Si on veut comprendre le sens profond de chaque mot dans la langue hébraïque, il faut approfondir et voir d'où vient la racine du mot.
Alors, Binah, c'est quoi ? La faculté de discernement. Mais qu'est-ce que discerner ? C'est trier, de façon intellectuelle, d'une chose à l'autre, d'une idée à l'autre. Savoir trier par le travail de l'esprit. Ça vient d'un mot: ben, binah. Binah, c'est quelqu'un qui sait discerner entre les choses. La Guemara dit que les femmes ont beaucoup plus de faculté de discernement.
Il y a le mot Binah, et on construit la Binah à partir de là. Donc, il met Binah et Da'at. S'il n'y a pas d'intelligence, s'il n'y a pas de faculté de discernement, il n'y a pas de connaissance. Da'at, c'est la connaissance. Et le contraire: s'il n'y a pas de connaissance, il n'y a pas d'intelligence, il n'y a pas de faculté de discernement.
Ici, kemah, c'est la farine. Mais dans ce passage, c'est dans le sens de la nourriture, le fait de subvenir à ses besoins. S'il n'y a pas de nourriture, s'il n'y a pas de farine, il n'y a pas de Torah. Et le contraire: s'il n'y a pas de Torah, il n'y a pas de nourriture.
Il avait coutume de dire. Pourquoi le texte dit-il Hou hayah omer et non simplement amar ? Pourquoi utiliser ces trois mots ? Hou, lui, l'auteur de cette Michna. Il ne prêchait pas seulement pour les autres: il appliquait ce qu'il disait. C'est pour cela que le rédacteur de la Michna, Rabbi Yehouda HaNassi, a employé ces mots: Hou hayah omer. Ce qu'il enseignait, l'auteur l'appliquait dans sa vie.
Donc: kol shechokhmato merubah mi-maasav, celui dont la sagesse est plus grande que ses actions, à quoi ressemble-t-il ? À un arbre dont les branches, anafav, sont nombreuses, et dont les racines, sharashav, sont peu nombreuses. Vous savez qu'un arbre qui a peu de racines et beaucoup de branches ne tient pas debout devant les vents, devant les ouragans, devant les vents très forts. Sharashim sont les racines, anafim les branches.
Donc il ressemble à un arbre dont les branches sont nombreuses et les racines peu nombreuses. Le vent vient, le déracine et le jette sur sa face. Comme il est dit dans Jérémie: Il sera comme un arbre solitaire sur un terrain vide. Et il ne jouit pas de ce qui est bon, puisqu'il se trouve sur un terrain aride, dans le désert, sur un sol salé et inhabitable.
Maintenant, le contraire. Celui dont les actions sont plus grandes que sa sagesse, celui-là, même si tous les ouragans du monde, tous les vents du monde soufflent sur lui, ils ne peuvent pas le faire bouger de sa place. Pourquoi ? Parce que ses racines sont solides et nombreuses. Comme il est dit dans le prophète: il sera comme un arbre planté auprès de l'eau, et qui étend ses racines vers le courant; il n'a pas à craindre la chaleur, son feuillage reste vert, et l'année de sécheresse ne l'inquiète pas, il ne cesse pas de porter du fruit.
Voilà l'image que nous donne Rabbi Elazar ben Azaria. C'est à peu près la même image que dans l'autre texte, mais ce n'est pas le même texte.
Nous allons prendre chaque sentence de l'enseignement de Rabbi Elazar et expliquer ce qu'il veut nous dire. D'abord, une brève biographie, comme toujours, de Rabbi Elazar ben Azaria. C'est très important pour savoir à qui on a affaire.
Rabbi Elazar ben Azaria était très considéré parmi les Tanaïm de son époque. Il descendait d'une grande famille très noble, une famille de prêtres; il était Kohen. Il était de la dixième génération d'Ezra HaSofer. Vous avez entendu parler d'Ezra HaSofer, qui est monté avec la permission de Cyrus, Koresh, pour construire le deuxième Temple. Et il a constitué la Grande Assemblée de cent vingt sages, dont les trois derniers prophètes, Haggaï, Malachie et Zacharie, étaient membres. Et Ezra HaSofer était l'un des ancêtres de Rabbi Elazar.
Vous avez entendu parler de la ville de Yavné ? Rabban Yohanan ben Zakkaï, qui était prince du Sanhédrin, est venu voir Vespasien et lui a demandé de ne pas détruire ni tuer la dynastie de Rabban Gamliel, les rabbins, et de lui donner la ville de Yavné, où il pourrait installer le Sanhédrin après la destruction du Temple. C'est là qu'il a réuni cinq élèves, les plus brillants qu'il y avait: Rabbi Elazar ben Azaria, Rabbi …
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