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Les vœux et la parole : la paracha Matot-Massei

Pourquoi la Torah traite des vœux au milieu des grandes questions d'Israël, et pourquoi il faut éviter de s'engager par des vœux.

8 min

Rav Dov Bigon

Ensuite : Mishpatim : les lois viennent du Sinaï, pas des nations, 21 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Dans la paracha Matot-Massei, nous terminons en fait le Chumash Bamidbar, qui s'appelle Chumash Baderech. À la fin, nous abordons des sujets généraux, comme la guerre de Midian, puis les deux tribus et demie qui nous aident à conquérir la terre et à la diviser: des choses très générales.

Mais au début de la paracha, il s'agit d'une chose très particulière: l'affaire des vœux de la femme ou de la fille, et de leur annulation par le père ou par le mari. Qu'est-ce qui relie l'un à l'autre ? Tout d'un coup, on s'occupe d'une chose personnelle, particulière, au milieu de ce processus général. C'est cette question.

Alors, dans le livre de Bamidbar, on va bientôt arriver à la fin: on termine le Sefer Bamidbar ce Chabbat. On y parle beaucoup de choses générales, qui concernent Erets Israël. On voit par exemple la guerre de Midian que Moché va mener, et on voit aussi la répartition de la Terre d'Israël, et les deux tribus qui vont participer ou non à la guerre. Mais il y a quand même une question: au début de la paracha, on voit un sujet qui paraît très particulier, très individuel. On parle de personnes qui font des vœux, et de la manière dont un mari peut défaire un vœu, annuler un vœu que sa femme a fait. À première vue, quel est le rapport entre cette chose individuelle et tout le reste de la paracha, qui parle de choses générales ?

La Torah n'exprime pas de choses petites. Des choses sont déterminées, et cela a l'air privilégié. J'ai aussi une réponse à cette question à l'aide de la Torah. Les grandes règles ne doivent pas être liées aux choses petites de la vie, même des choses comme celles-ci. Quand tu comprends cela, les choses petites deviennent aussi des choses grandes. Tu comprends ce que je dis ?

— Oui, je comprends.

La réponse, on dit que c'est justement ce qui nous est enseigné: même quand on traite de sujets qui concernent la généralité d'Israël, on ne laisse pas de côté les plus petits détails. C'est le cas de cette paracha: les vœux, une femme qui a fait un vœu et dont le vœu peut être annulé. Là, chaque détail est important. Au contraire, à partir du moment où l'on sait lui donner son importance, même les petites choses deviennent très importantes.

Mais d'une manière ou d'une autre, je voudrais dire qu'il est bon de ne pas faire de neder. Quand un homme fait-il un neder ? Il y a deux possibilités: l'une est négative, l'autre positive. La possibilité négative, c'est comme dans notre paracha: l'homme a une douleur, il dit « je fais un neder », et cette douleur va passer.

Mais il y a aussi un point positif, excusez-moi. Par exemple, l'homme dit: je suis capable d'arriver en Erets Israël. Je suis venu de Paris, c'est ça, je suis venu en Erets Israël. C'est un point. Pour moi, c'est un point, et c'est bon, il le faut déjà. Il dit: je veux apprendre la Torah, la Guemara. Mais, en tout cas, les Hazal disent, malgré le point positif,

Il n'y a pas besoin de beaucoup d'excuses. En tout cas, tout ce que vous dites, il faut le dire sans honte. Par exemple, vous allez à la Knesset, et on vous dit que la Knesset est élevée. Et bien sûr, les gens disent: bon, ils exécutent la Knesset, etc. Mais la vérité, c'est que c'est très difficile. Pourquoi ? Parce que peut-être que vous ne payez pas. Peut-être que vous oubliez. Peut-être…

On voit que les hakhamim poussent à éviter de faire des vœux. Il y a pourtant deux types de vœux: des vœux positifs et des vœux négatifs.

Les vœux négatifs, ce sont ceux que les gens font à la suite d'une colère, ou d'une émotion. Par exemple, une femme qui a de la colère va dire: « Non, je fais le vœu de ne plus… », etc. Ce sont les vœux négatifs. Mais même dans les vœux positifs, par exemple quelqu'un qui fait le vœu d'aller en Erets Israël, le vœu d'étudier la Torah et d'étudier un certain nombre de, les hakhamim nous ont quand même dit de ne pas abuser, de ne pas en faire beaucoup, à cause de la force qu'a la parole. Car à partir du moment où une personne a fait un vœu, si elle ne le tient pas, c'est quelque chose de grave. C'est pour cela qu'ils nous ont dit non.

Oui, ce n'est pas différent. La bouche, le discours, c'est comme un acte. Il y a une expression comme celle-ci dans les Hazal: on s'engage par la bouche. C'est comme si tu t'engageais. Un exemple similaire: quand tu parles avec ton ami et que tu lui promets quelque chose, puis tu ne le fais pas, alors ton ami te dit: « Qu'est-ce que tu es ? » Tu dis quelque chose, et tu ne te réconcilies pas.

Le neder, c'est devant Chamaïm, devant D.ieu. C'est plus grave: tu t'engages devant Chamaïm. Il faut donc beaucoup s'en garder. Surtout quelqu'un qui est un homme inquiet. Il y a certains inquiets ici qui, soudain, s'inquiètent, comme… Cet exemple, c'est Ishtach. Le neder, le neder. Comment… Il faut beaucoup s'en garder. Dans la loi de la Torah, je dis: oui, il faut toujours parler sans faire de neder.

Il a posé la question: est-ce que ça change si on le dit en français ? Il a dit un vœu, et il a dit que ça ne change rien, parce qu'en fait c'est une parole: quand il parle, une personne s'engage à faire quelque chose. Même avec un ami, si l'on ne fait pas ce que l'on a dit, celui qui n'est pas fidèle à sa parole n'agit pas bien. Et un vœu, c'est une fidélité envers HaKadosh Baroukh Hou, donc c'est encore plus grave. Il faut donc s'habituer à dire chaque chose avec émouna, à dire Bli neder avant, sans vœu, pour ne pas être attrapé malgré tout.

Cette faute-là, de ne pas tenir sa parole.

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