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Yom HaAtsmaout, une mitsva de la Torah selon le Rambam

Le Rambam range l'édification de l'État parmi les mitsvot, et le 5 Iyar devient un jour de sainteté.

1 h 00

Rav Yossef Benshoushan

Ensuite : Yom HaAtsmaout, le Hallel de l'indépendance, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, on dit exceptionnellement, puisque Yom HaAtsmaout approche, on va essayer de comprendre de quoi il s'agit. Comment tu t'appelles ?

— Ariye.

Ariye, chez nous, qui l'a inventé. Non, tu as le droit de le dire. Si tu n'avais pas posé la question, je n'aurais pas eu à répondre. Donc merci pour la question. Est-ce que Yom HaAtsmaout, on a envers lui une approche émotionnelle, comme un hobby ?

Tu vois, toi, tu aimes bien jouer de la guitare. Lui, il aime bien faire de la peinture. Et lui, il aime bien se taper sur la tête avec un marteau en plastique à Yom HaAtsmaout, ou bien faire des grillades. Ça te fait vraiment plaisir de manger des grillades, mais… Est-ce que telle est notre approche envers Yom HaAtsmaout ?

Alors, comment tout cela a-t-il commencé ? Tout d'abord, cela commence par la législation halakhique du Rambam, Nekhmanid. Il y a que les Français qui disent ça, Nekhmanid et Maïmonid. On différencie entre les deux.

## Les 613 mitsvot

Vous savez qu'il y a ce qui s'appelle le Sefer HaMitsvot, le livre des mitsvot du Rambam, dans lequel il fait le décompte des 613 mitsvot. Comme vous le savez, dans la Torah, il y a bien plus que 613 ordres. Si tu parcours le Choumach et que tu cherches tous les impératifs, tu trouveras beaucoup plus que 613. Donc il faut décider une bonne fois pour toutes ce qui rentre dans les 613 et ce qui ne rentre pas. Sauf qu'il ne faut pas dire que les autres ne sont pas des mitsvot. Ce sont aussi des mitsvot. Il faut voir ce qui rentre dans ces 613.

On a une tradition, une massorète, qui dit 613. D'un autre côté, quand on ouvre la Bible, on trouve bien plus que 613. Donc il faut poser, en bonne et due forme, quels sont les critères avec lesquels on va décider de faire rentrer telle mitsva dans les 613 et telle autre non. Par exemple, on pourrait dire que la construction du Beit HaMikdach est une mitsva, la construction de l'autel est une mitsva, la construction des ustensiles est une autre mitsva. Ou bien on pourrait dire que la construction du Beit HaMikdach est une mitsva, et que toutes les autres choses que j'ai citées ne sont que des dérivées de la mitsva. C'est une façon de voir les choses. On n'est pas obligé de voir de cette manière, mais on peut voir de cette manière.

Donc il faut d'abord poser les critères de base. C'est ce qu'a fait le Rambam. Dans son grand livre, le Sefer HaMitsvot, il écrit d'abord, avant tout, quatorze critères de base, en fonction desquels il a décompté les mitsvot. Il arrive ainsi à un décompte de 613 mitsvot, qui se divise en positives et négatives, comme on le sait: 248 positives et 365 négatives.

Le chiffre des 613, il est marqué dans la Guemara. Tradition que six cents et quelques mitsvot existent, mais on ne sait pas exactement lesquelles sont comprises dans les 613. Sur ce, vient le Rambam.

Il fait quelques rajouts. Si vous ouvrez le livre des mitsvot du Rambam, à la fin des mitsvot positives, il y a, je crois, une dizaine de rajouts du Rambam, qui, à son avis, ont été omis. Il aurait dû faire rentrer ces mitsvot dans le décompte des 613. Le quatrième rajout, nous enseigne le Rambam:

## La mitsva de la souveraineté

« D'une autre nation que la nôtre. » Si je formule ça de manière positive, cela veut dire qu'on doit faire en sorte qu'Erets Israël soit aux mains de notre nation. En d'autres termes, sous la souveraineté du peuple d'Israël.

Qu'est-ce que ça veut dire, un territoire géographique sous la souveraineté d'un peuple ? Comment ça s'appelle ? Un État, tout simplement. C'est quoi, l'État français ? C'est le fait que ce territoire, défini par des frontières, qui est la terre de la France, soit sous la souveraineté du peuple français. Donc c'est quoi, l'État d'Israël ? C'est simple: c'est le fait que Yerouchalayim soit sous la souveraineté du peuple d'Israël.

Il en ressort donc que, selon le Rambam, il y a une mitsva de la Torah, une mitsva positive, d'édifier l'État d'Israël.

Pour les mitsvot, on a l'habitude de faire des brakhot, de manière générale. Pas toutes les mitsvot, mais la plupart. On dit: acher kidéchanou bemitsvotav, Dieu nous a sanctifiés par l'intermédiaire de ces mitsvot. La kedoucha de Hakadoch Baroukh Hou' vient vers nous par l'intermédiaire de ce canal qu'est la mitsva. On l'a expliqué pas mal de fois: la mitsva, c'est un acte par lequel on rentre en contact avec Hakadoch Baroukh Hou'. C'est comme ça que la vie divine, la kedoucha, vient intensifier notre vie.

Cette mitsva n'est-elle pas citée dans le Sefer HaMitsvot du Rambam ? Non, il ne l'a pas mentionnée. Il a mentionné d'autres mitsvot. Dans le Sefer HaHalakha du Rambam, il est écrit qu'il faut toujours habiter en Erets Israël et pas en houtz la-Aretz. Celui qui habite hors de la Terre est considéré comme un idolâtre, etc. Il est donc évident que, pour le Rambam, Erets Israël a une importance capitale. Cependant, il n'a pas mis cela dans le décompte des 613 mitsvot.

Qu'est-ce que la mitsva ? Ne pas l'abandonner aux mains d'une autre nation que la nôtre. Il faut faire en sorte que notre nation soit souveraine en Erets Israël. Il est interdit qu'Erets Israël soit sous une domination autre qu'israélienne. Donc, en d'autres termes, nous sommes obligés de faire en sorte qu'Erets Israël soit sous souveraineté israélienne, ce qui veut dire édifier l'État d'Israël. Selon le Rambam, il y a donc une mitsva d'édifier l'État d'Israël.

Il élargit énormément ce sujet en nous expliquant bien que la mitsva essentielle est le kibouch, c'est-à-dire la conquête. De là découle la mitsva de construire Erets Israël. Il ne suffit pas de conquérir. On pourrait dire: voilà, j'ai conquis, j'ai mis des fils de barbelés, j'ai levé le drapeau d'Israël, c'est bon, j'ai fait la mitsva. Non. Il faut aussi construire. Il est interdit d'abandonner Israël dans un état de ruine, de désolation.

Troisième chose dans la mitsva: y habiter. Il y a donc kibouch, yichouv et yéchiva. Le kibouch, c'est la conquête; le yichouv, c'est l'installation, la réinstallation d'Erets Israël; la yéchiva, c'est le fait d'y habiter. Voilà.

## Conquérir, et non exterminer

Et le Rambam dit: surtout, ne te trompe pas en croyant que cette mitsva n'est actuelle qu'à l'époque de Yéhochoua. Et surtout, ne te trompe pas en croyant que la mitsva était d'exterminer les sept peuples. Il n'y a aucun idéal d'exterminer les sept peuples. Ce n'est qu'un moyen. Si tu as un autre moyen, avec plaisir. C'est-à-dire que si tu leur proposes de partir et qu'ils s'en vont tranquillement, tu n'as pas besoin de leur courir après pour les exterminer.

Et en effet, un des peuples, les Guirgachi, qui avaient probablement un peu plus de cervelle que les autres, est parti de son propre gré. Dieu l'a récompensé, lui a donné une terre aussi bonne qu'Erets Israël, du moins …

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