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Pirké Avot 5 : étudier la Torah à deux, à trois, à dix

Le rabbin Avraham Ibn Ezra et le rabbin Yehouda HaNassi tirent la Chekhina dans une assemblée d'étude, et le rav Levy explique pourquoi.

51 min

Rav Amram Levy

Ensuite : Pirké Avot : l'œil mauvais et le piège de l'argent, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

C'est le, euh, Pirkei Avot, la Michna de Rabbi Nehounia ben HaKana. D'accord, vous y êtes ? Bon, comme d'habitude, on reprend. Comme d'habitude, nous allons résumer la Michna d'avant. C'est la quatrième Michna. Voilà, résumée en quelques mots, pour qu'on s'en rappelle. Rabbi Hanina ben Hakhinaï disait: Hanér balayla, celui qui veille la nuit,

et celui qui se met seul en route, tout seul, et celui qui tourne son cœur vers des choses insignifiantes, des choses futiles, qui n'ont aucune importance, harezé, mitchayé, benafsho, cette personne-là se rend coupable de sa perte.

Et nous avons expliqué, de la manière suivante, en résumé, cette Michna: la vie de chacun de nous est comparée à la journée. Il y a trois temps dans la journée: le matin, le midi et le soir. La vie de chacun de nous est comparée à ces trois temps-là.

L'âge de l'homme, qu'il vive 70 ans, 80 ans, 120 ans, sa vie est comparée à la journée. Le matin, c'est la jeunesse, c'est l'enfance. Le midi, c'est l'âge mûr. Et le soir, c'est la vieillesse.

Et ce que nous enseigne cette Michna, en bref, c'est que celui qui ne se réveille que la nuit, c'est-à-dire qui ne commence à étudier la Torah et à accomplir les mitsvot qu'à la vieillesse, cause finalement sa propre perte. Parce que, comme nous dit Chlomo HaMelech: Zekhor et Boreekha, souviens-toi de ton Créateur.

Comment ? Bimei bahourotekha, pendant ta jeunesse. C'est-à-dire qu'il faut toujours se réveiller dès la jeunesse. Commencer à faire des mitsvot à la vieillesse, c'est a posteriori. Mais a priori, il faut toujours, dès la jeunesse, essayer de ne pas tourner son cœur vers des choses futiles et insignifiantes.

C'est ça ce qu'il nous dit ? Oui. Bon, nous passons aujourd'hui à la Michna numéro 5, la Michna 50. Je lis.

Rabbi Nehounia ben HaKana omer, il avait coutume de dire. Il n'a pas dit amar, il a dit omer. Parce que l'enseignement de nos sages est un enseignement éternel, toujours dans le présent, toujours d'actualité. C'est pour ça qu'on traduit omer par « avait coutume de dire ».

Qu'est-ce qu'il disait ? Hamekabel alav ol Torah, celui qui prend sur lui le joug de la Torah, c'est-à-dire celui qui accomplit des mitsvot et étudie la Torah, ma'avirin mimenu ol malhout ve-ol derekh éretz, celui-là est délivré du joug de l'État. Comment explique-t-on le joug de l'État ? Par exemple, les impôts, les travaux qu'il faut faire pour l'État. Il est délivré, il est dispensé. Celui qui prend sur lui le joug de la Torah est dispensé du joug de l'État.

Et au contraire: bekhol porek mimenu ol Torah, celui qui rejette le joug de la Torah, qui ne fait pas attention à la Torah, qui n'étudie pas la Torah, noten alav ol malhout ve-ol derekh éretz, on lui impose le joug de l'État et celui des soucis quotidiens. Il aura des soucis quotidiens pour gagner son pain, et il aura aussi le joug de l'État.

Avant d'étudier cette Michna, comme d'habitude, on va parler un peu de son auteur. Qui était l'auteur de cette Michna ? Rabbi Nehounia ben HaKana. Il faut dire d'abord qu'il vivait à l'époque du Temple, et qu'il était contemporain de Rabban Yochanan ben Zakkaï, qui a vécu la destruction du Temple et qui a obtenu de Vespasien, de l'empereur romain, la ville de Yavné,

où tout le Sanhédrin s'est installé après la destruction du Temple. Le Talmud raconte, dans le traité de Méguila, que Rabbi Akiva a posé une question à Rabbi Nehounia, qui avait vécu très longtemps, jusqu'à un âge très avancé, quatre-vingt-dix ans. Rabbi Akiva lui a demandé: comment as-tu atteint un si grand âge ? Quel est ton mérite ?

Il lui a répondu: voici la raison pour laquelle j'ai vécu longtemps. Trois raisons. Premièrement, je n'ai jamais aspiré aux honneurs au détriment de mes amis. Il y a des gens qui aspirent aux honneurs au détriment des autres: si les autres échouent, eux en profitent pour s'élever, en exploitant l'échec des autres. Je n'ai jamais aspiré aux honneurs au détriment des autres. Premièrement.

Deuxièmement, lorsque quelqu'un m'offensait ou me blessait, je lui pardonnais le jour même. Je n'ai jamais passé la nuit à garder rancune à quelqu'un qui m'avait offensé. C'est une grandeur d'âme. Troisièmement, je m'efforçais toujours d'aider les pauvres en leur accordant des prêts.

Voilà la réponse de Rav Eytan Fiszon à la question de Rabbi Akiva: comment, étant si âgé, a-t-il mérité une longue vie ? Il accordait des prêts aux pauvres, il s'efforçait toujours d'aider les pauvres partout. Ces quelques paroles nous donnent plus ou moins une idée de la personnalité de Rabbi Nehounia ben HaKana.

Nous trouvons aussi Rabbi Nehounia ben HaKana dans la Guemara de Bra'hot, dans la prière. Ses paroles figurent, je crois, au début ou à la fin de chaque traité du Talmud. C'est une prière très courte, qu'il formulait toujours lorsqu'il entrait au Beit Hamidrach le matin et lorsqu'il en sortait. Vous vous rappelez ?

Dans la Guemara de Bra'hot ? Oui, voilà. Lorsqu'il entrait, c'est une prière très courte, finalement. Qu'est-ce qu'il disait ? En entrant au Beit Hamidrach, il disait la chose suivante: Yehi ratson milfanekha, Hachem Elokeinu, que ce soit ta volonté, Hachem notre Dieu, ve-Elokei avoteinu, « qu'il n'y ait pas d'obstacle et d'erreur à cause de moi dans la halakha, et que mes amis ne se réjouissent pas de mes erreurs dans la halakha ».

Pourquoi insistait-il tellement pour que ses amis ne se réjouissent pas de ses obstacles dans la halakha ? Parce qu'il ne voulait pas que ses amis soient punis du fait qu'ils se moquaient de lui, dans le cas où il se serait trompé dans la halakha. Shelo ekashel bidvar avera, « que je ne trébuche pas sur une faute ». Bikhnisato mahomer: en entrant dans le Beit Hamidrach, qu'est-ce qu'il disait ? Yehi ratson shelo ekashel bidvar avera, que je ne trouve pas d'obstacle, que je ne fasse pas d'erreur dans la halakha, et que mes amis ne se réjouissent pas de mes erreurs, parce qu'il ne voulait pas que ses amis soient punis pour s'être moqués de lui.

Et bitz'eto mahomer, en sortant du Beit Hamidrach, il remerciait Hakadosh Baroukh Hou en signe de reconnaissance: she-chamta helki be-yoshvei Beit Hamidrach, c'est-à-dire qu'il remerciait Hakadosh Baroukh Hou de lui avoir donné la chance d'étudier, d'avoir eu une part au Beit Hamidrach.

Cette prière, courte qu'elle soit, figure dans tous les livres, dans tout le Talmud. Revenons maintenant aux paroles de Rabbi Nehounia ben HaKana, ce verset qui nous dit: Kol hamekabel alav ol Torah, tout celui qui prend sur lui le joug de la Torah,

est dispensé, il est délivré du joug de l'État et des soucis quotidiens, c'est-à-dire du gain du pain. Ce verset exprime clairement, le plus clairement possible, l'idée sur laquelle est basée notre Michna. Qu'est-ce qu'il veut nous dire ? Que le penchant naturel de l'homme le porte toujours à s'accrocher à ses soucis, à ses préoccupations quotidiennes, n'est-ce pas ? C'est ça, le Yetser ha-tov et le *Yetser …

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Ce cours fait aussi partie de la série « Pirkei Avot ».

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