Pirkei Avot 3, 1 : d'où tu viens, où tu vas
Rabbi Akavya ben Mahalalel et les trois faits à considérer pour ne pas tomber dans la faute.
Rav Amram Levy
Ensuite : Pirkei Avot : ne pas perdre son temps en route, 45 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom. On reprend la première Michna du chapitre 3, que nous avions commencée la fois dernière. On va l'expliquer en détail. Je lis. Vous avez tous le texte devant vous ?
On traduit la Michna:
Akavya ben Mahalalel, qui était d'ailleurs un des hommes les plus savants et les plus tsadikim, les plus pieux de son temps, enseigne. Il avait coutume de dire: considère trois choses, et tu ne tomberas pas entre les mains du péché. Quelles sont ces trois choses ? Sache d'où tu viens, où tu vas, et devant qui tu auras un jour à rendre des comptes.
Premier point à considérer: reconnais d'où tu viens. Ton origine, c'est une minuscule cellule. Où tu vas: vers la poussière, la pourriture et la vermine. Et devant qui tu devras un jour rendre des comptes sur tes actes dans ce monde-ci: devant le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il. Ça, c'est la traduction, littérale. Maintenant, on va expliquer en profondeur ce que veut dire Akavya ben Mahalalel.
Je rappelle ce que je vous ai dit la dernière fois: dans le Talmud, les Hachamim disent que parmi les centaines de milliers d'âmes israélites qui montaient au Temple pendant les trois régalim, les trois grandes fêtes, lorsqu'ils amenaient le sacrifice pascal par exemple à Pessa'h, personne n'égalait Akavya ben Mahalalel, ni en tsadikout, ni en sagesse, ni en piété. Il était à ce point sage et pieux qu'il était tsadik.
Maintenant, nous allons expliquer en détail ce qu'il dit. Ce sont trois points à reconnaître. Le premier: Da me'ayin bata, c'est-à-dire: il faut reconnaître d'où tu viens. Qu'est-ce qu'il veut nous dire par là ? Que l'homme doit savoir que son origine est finalement une origine humble et insignifiante. L'homme a été formé d'une cellule éphémère et nulle. Alors, de quoi peut-il être fier ?
Dans un autre endroit, Akavya ben Mahalalel nous dit que les rois les plus puissants et le plus misérable des hommes ont la même origine. D'où vient le roi le plus puissant ? D'une cellule. D'une minuscule cellule, avec les rapports d'un homme et d'une femme. Et le mendiant le plus misérable, l'homme le plus insignifiant, vient de la même cellule. Alors, de quoi être fier, finalement ? C'est ce que veut dire, à mon sens, Da me'ayin bata. Nous venons tous de la même origine. Et quand on se souvient de notre origine, nous dit Akavya ben Mahalalel, notre orgueil et notre vanité passeront d'eux-mêmes. Toute la vanité et tout l'orgueil de l'homme s'évanouiront si on sait qu'on est venu d'une cellule éphémère et nulle. Voilà ce que veut dire le premier enseignement.
Il faut savoir d'où nous venons. Qu'est-ce que nous étions à notre origine ? Même si on est aujourd'hui les plus puissants, les plus riches du monde, c'est la même origine.
Deuxièmement: veh'ana ve'ana, et où tu vas. Il faut souligner qu'il ne dit pas « où tu iras », mais « où tu vas ». Quelle est la différence ? Lorsqu'on dit « où tu iras », on fait allusion au but, à la finalité. Mais si on dit « où tu vas », c'est-à-dire dans le présent, la différence est la suivante, et c'est extraordinaire. L'homme, nous dit Akavya ben Mahalalel, va déjà à la rencontre de la mort depuis sa naissance. Chaque jour qui passe, il avance vers la finalité, qui est la mort. C'est pour cela qu'il dit: reconnais où tu vas. Nous allons toujours, chaque jour qui passe, nous rapprocher de la fin de l'homme. Si on se souvient de cela, l'orgueil et la vanité rentrent d'eux-mêmes. L'homme ne peut pas être fier et vaniteux à la fois.
Prenons l'exemple d'un débauché. Qu'est-ce qu'il fait ? Il court de plaisir en plaisir, il veut profiter des jouissances du corps, des plaisirs de la vie. Or, si on songe que ce corps, pour lequel nous abandonnons les biens les plus précieux de l'humanité, et qui veut aujourd'hui profiter des plaisirs de ce monde, a pour fin d'être enfoui dans la poussière, dans le sable, dans la terre, parmi les vers et les vermines, alors de quoi être fier ? C'est ce qu'il nous dit.
Mais quelqu'un pourrait dire: puisqu'on se rapproche de la mort, il vaut mieux profiter.
— Je m'attendais à cette question. Il y a des gens qui pensent comme ça. Mais il faut savoir que ces jouissances du corps et ces plaisirs de la vie ne sont pas éternels, ils ne sont pas stables. Le Saint, béni soit-Il, a mis l'âme dans le corps. Ce n'est pas parce que le corps va profiter pendant 70, 80, 90 ans que c'est fini, que c'est éphémère. Nous savons que l'âme, elle, est éternelle. La vraie jouissance de la vie, c'est pour l'âme, qui est éternelle. Les jouissances du corps, elles, sont éphémères, elles passent facilement.
Ces plaisirs-là sont fugitifs. Ce ne sont pas des plaisirs éternels. Je vous donne un exemple pour schématiser: je mange une pomme, ou je mange un steak, je profite. Deuxième steak, troisième steak, et finalement c'est terminé. J'ai profité pendant cinq minutes, dix minutes, un quart d'heure, une heure. Finalement, c'est passé. Mais si j'ai étudié quelque chose, je l'ai acquis. Tout ce qui est matériel passe. Les jouissances du corps passent. Elles ne sont pas éternelles. Les jouissances spirituelles, c'est-à-dire l'acquisition de la sagesse, par exemple: si j'ai appris Aleph et Beth, je ne l'ai pas perdu, c'est toujours Aleph et Beth. Si j'ai appris un passage de la Torah, il est acquis. Tout ce qui est rouhani, spirituel, est acquis pour toujours. Voilà, pour schématiser un peu la différence entre les deux.
Ceux qui pensent accumuler des trésors, de l'argent et tout ça, réaliseront, si le jour approche où ils devront quitter ces trésors, que ce ne sont pas les vraies jouissances de ce monde. C'est ce que dit la Guemara dans un autre endroit: Ein adam holekh imo ba'olam hazeh, personne ne prend avec lui dans ce monde-là ni l'or, ni l'argent, ni les diamants, ni les pierres précieuses. Qu'est-ce qu'on prend avec soi dans le monde futur ? Torah ou Maassim Tovim, la Torah et les bonnes actions. Ce qui reste, finalement. Tout le reste est éphémère.
Troisième enseignement d'Akavya ben Mahalalel: veleifné mi atah atid liten din veheshbon, devant qui tu devras rendre des comptes. Si l'homme pense qu'il est toujours à l'abri de toute surveillance efficace, il se dit: personne ne me voit, personne ne me regarde, personne ne me surveille, je fais ce que je veux. On peut alors être tenté de commettre des fautes, des péchés. D'où l'urgence d'être conscient du jugement divin qui nous attend, et qui ne nous laisse aucune échappatoire. Si l'on sait qu'un jour on devra rendre des comptes, on fera attention à nos actes. Si quelqu'un sait que s'il fait ceci ou cela il devra rendre des comptes, il est obligé de surveiller ses actes. C'est ce qu'il nous dit.
Il faudrait aussi ajouter qu'il y a deux catégories de personnes qui fautent. Il y a des gens qui fautent parce qu'ils sont …
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