Shmuel, Eli et la rencontre de l'autre avant D-ieu
Pourquoi Chmuel grandit au service de D-ieu, et pourquoi les fils d'Eli trahissent leur héritage moral.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Rahav, la prostituée qui sauve les espions de Yehoshoua, 57 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture et lecture du verset 11
Bon, alors, je reprends. Je reprends Yud Aleph, Chmouel Alef, Perek Bet, Pasouk Yud Aleph. Boker tov lekoulam, Sorayim tovim, et bienvenue aussi à nos chers téléspectateurs. Enfin, la vérité, ce n'est pas que pour regarder, c'est pour entendre, donc c'est télé-entendeurs. Bon, je reprends Yud Aleph.
Et on va très vite, parce qu'on l'a vu, et après on passe au cours d'aujourd'hui. Vayélekh Elkana Ramata el beito, ve-haNaar haya mecharet et Adonaï et penei Eli. Je vous avais expliqué qu'ici nous prenons connaissance que Chmouel sert au sanctuaire de Chiloh. Il a certainement grandi. Regardez ce qui est écrit: mecharet et Adonaï et penei Eli. On se rappelle le et, bien sûr, la préposition. Quand on l'a oublié, on se rappelle que et, c'est Aleph Tav, c'est-à-dire que ma rencontre avec l'Éternel, ma rencontre avec l'homme, la rencontre avec autrui doit se faire dans un rapport substantiel, c'est-à-dire du début à la fin. Je t'aime pour ce que tu es, non pas pour ce que je voudrais que tu sois. C'est un regard pertinent dans l'altérité.
Dans cette altérité, je suis à la recherche de la substance de l'autre, de ce qui l'est profondément. Donc il sert l'Éternel ici, et comment sert-il l'Éternel ? Et Adonaï et penei Eli. Dans son rapport, dans ce face-à-face avec Eli, le Cohen, le prêtre, Eli devient son directeur de conscience, son instructeur spirituel, oui.
Mes enfants, vous êtes perdus ? Nous sommes au verset 11. Voilà, je passe vite, parce qu'on l'a déjà vu, donc le cours est sur internet. Maintenant, lorsque nous entendons que Chmouel est au service de l'Éternel, à travers sa rencontre avec celui qui en est le fonctionnaire, vous vous rappelez ? A Cohen, le fonctionnaire. Celui qui est au service d'Eux, c'est le fonctionnaire.
Dans ce cas de figure, nous avons un verset 12 qui vient présenter une opposition. L'opposition ici: Oubné Eli, Bné Bliyaal, les enfants d'Eli. Pourquoi ai-je un besoin, non pas inopiné, mais essentiel, de faire valoir que nous sommes les enfants d'Eux ? Au fait, vous pouvez me dire Mazal tov.
Je suis grand-papa depuis lundi après-midi. Rachel, ma fille, a accouché. Voilà. Bézrat Hachem. Ceux qui sont là,, nous vous dirons, Omar Atamar, Pella, Hanouka, Yom Chéni, Abba, Bézrat Hachem. Alors, ici, lorsque nous venons dire que nous sommes les enfants de..., à la naissance, à chaque grand événement, même jusqu'à l'événement final, nous rappellerons que la personne est le fils ou la fille d'Eux.
Quelle est donc la nécessité ontologique de vouloir, de manière insistante, rappeler que nous sommes les enfants d'Eux ? C'est tout simplement parce que ben, en hébreu, est la racine de la construction, de l'élaboration. De la révélation de mon être à travers ceux qui furent non pas des géniteurs biologiques simplement, mais des géniteurs dans toute l'acception du terme, où la biologie n'était qu'une partie, et qu'au-delà de la biologie, il y a tout ce que m'ont transmis père et mère.
Et lorsque nous disons: qui sont les enfants d'Eli ? Je vous rappelle que Eli ici n'est pas avec Aleph, mais avec... regardez. C'est-à-dire que nous sommes à la racine de l'élévation. Être les enfants de celui qui est à même de te révéler dans les capacités d'être et de devenir que sont les tiennes. Donc on attend que Hofni et Pinhas, les enfants d'Eli, soient au-delà de toute espérance.
Or, nous voyons que juste après il est écrit Bné Eli, il est écrit Bné Bliyaal. C'est-à-dire une appréciation totalement antinomique par rapport à celle que nous avons définie précédemment pour ce qui aurait dû être les enfants d'Eli, tel que nous l'avons défini. Il y a une opposition totale, j'ai dit antinomique, qui va à l'encontre de la définition préétablie. Ken. Ben, d'accord. Bat, c'est l'enfant Hé, d'abord. Ben, ce n'est pas simplement l'appréciation limitative de l'enfant mâle. Avant qu'il soit question de l'enfant mâle, ben est la racine du verbe construire.
Ken, c'est une question de sémantique. On te parle dans l'absolu, les enfants de... Quand on te dit Atem banim lachem, c'est comme quand tu dis en philo « l'homme ». Tu ne considères pas que l'homme, ce soit que l'être masculin. Tu parles de l'humain dans l'homme. Voilà, c'est le même principe. Lorsque tu dis banim atem lachem, Vous êtes les enfants de l'Éternel votre Dieu, tu ne penses pas simplement aux enfants mâles. Tu penses à l'ensemble des enfants du peuple d'Israël, hommes et femmes.
Et surtout au moment des fêtes, lorsque, dans la plupart des fêtes, elles sont, en général, la quintessence de la raison de nos festivités. Comme là, la semaine de Motsé Chabbat, nous allons commencer à fêter Hanouka. Hanouka n'est pas le fruit principal de la volonté masculine de rébellion, mais poussée par une exigence féminine: les hommes s'en iront au combat. Rappelez-vous cela. Elles sont la quintessence de la majorité des événements. Esther à Pourim, Yehoudit à Hanouka, la sortie d'Égypte: les femmes, oui, Myriam, mais en Égypte, bichlal, grâce aux femmes.
Tsadkaniot, ce ne sont pas des nonnes enfermées chez les carmélites. Ce sont des femmes tsadkaniot qui ont été capables de vouloir révéler la justice du mouvement de l'histoire humaine. Et la justice voulait que les hommes viennent à vouloir être libérés. C'est complètement différent, entre la terminologie restrictive et la terminologie ouverte à une appréciation globale de l'événement humain. C'est clair ?
Attention, restez dans la Torah, ne devenez pas des religieux. Oui. Non. Oui, oui, bien sûr, c'est ce que je veux dire ici. Le propos est que les enfants d'Eli n'ont pas été les enfants qui étaient proposés, qui auraient dû être promus. Il y a donc un échec chez Hofni et Pinhas, et on les appelle comment ? Bné Bliyaal. Bliyaal, c'est l'inconsistant, l'inconsistance totale. Mais ici, en hébreu, le terme est à découper: Bli Yaal, sans finalité, sans aucune finitude d'être. Quel est ton rôle dans l'existence ? De te suffire à toi-même dans la réalisation de la loi et du commandement ? Ou bien fais-tu partie, à travers cette loi et ces commandements, d'un ensemble qui lui-même fait partie d'un mouvement humain dans l'histoire, c'est-à-dire d'un projet véritable ?
Autant le père, autant les enfants, bien que les pères n'aient pas à payer la faute des enfants. Mais nous allons voir... Oui, bien sûr, c'est ce que je dis. Donc il y a une responsabilité partagée. Quelle est la densité de cette responsabilité ? C'est une autre affaire, nous la verrons tout à l'heure. Alors, la fin de la phrase.
Par rapport à ce que Hofni et Pinhas auraient dû être, l'opposition, c'est qu'ils sont devenus complètement inconsistants. En conséquence de quoi, je vous l'avais expliqué: Lo yadou et Hachem. Le verbe yada, vous vous rappelez, c'est l'accouplement des idées, des hommes, des couples. C'est un accouplement afin que les « je » rencontrant les « tu », peu importe que ce soit au niveau des idées, puissent devenir les « nous » de l'histoire, c'est-à-dire capables d'engendrer, de générer quelque chose.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
22 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Livre de Chmouel, Livre de Samuel, Philistins, Chmouel.
- 16
Shmuel vieillit et ses fils ne suivent pas ses voiesLe désir d'un roi exprimé par le peuple et la souffrance de Shmuel, lus au plus près du texte. - 17
L'écoute de la voix divine, clé de la royauté de ShaoulPourquoi Hachem réclame l'écoute avant l'obéissance, et ce que révèlent les aveux de Shaoul à Shmuel. - 18
Shmuel, grandir au service de l'Éternel et des hommesLe cours montre que servir Hachem passe par la relation aux autres, à partir du parallèle entre Chmouel et les fils d'Eli. - 19
Tefilat Hana : la prière de Hanna et l'engagement communComment le verbe « aller ensemble » et la connaissance de l'autre fondent un projet et une identité hébraïques. - 20
Shmuel, Eli et la rencontre de l'autre avant D-ieuPourquoi Chmuel grandit au service de D-ieu, et pourquoi les fils d'Eli trahissent leur héritage moral. - 21
Rahav, la prostituée qui sauve les espions de YehoshouaLe contraste avec les espions de Moché : des éclaireurs qui cherchent à monter, et le choix courageux de Rahav. - 22
Shmuel, Chaoul et la question de la royauté en IsraëlLe discours d'adieu de Shmuel au chapitre 12 : ce qu'il rappelle au peuple sur l'intégrité du juge et le prix du pouvoir.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav