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Pourquoi rattacher la Gueoula à la prière

La Guemara expliquée par le Rav Cherki : comment la fin de Temple a changé l'adresse de la prière juive.

47 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Ahavat Olam et la double présence de Dieu, 47 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom, shalom à tous. Puisque nous sommes dans une étude sur la prière, j'ai pensé qu'il serait utile d'étudier encore un texte sur la prière qui se trouve dans le traité de Berakhot, à la page daf dalet, amoud bet. Dans les éditions classiques, cela correspond à la page 8. Daf dalet, amoud bet, 4b, comme on dit, folio 4b. Pour ceux qui ont le texte, c'est la page 8 des éditions classiques.

Alors de quoi s'agit-il ? Si vous passez à la quatrième ligne, à la fin de la ligne, vous avez Chachamim asou siyag ledivreihem. Vous y êtes ? Page 8, n'est-ce pas ? Quatrième ligne de la page. C'est difficile à trouver, 1, 2, 3, 4, fin de la ligne. Chachamim asou siyag ledivreihem. Ce n'est pas si compliqué que ça tout de même.

Alors, Chachamim asou siyag ledivreihem, les sages ont fait une barrière à leurs paroles. C'est-à-dire, de quoi s'agit-il ? Il s'agit de la halakha qui consiste à dire que l'on ne peut pas lire le Chéma plus tard que minuit. C'est-à-dire qu'il faut lire le Chéma avant minuit. Pourquoi ? Comment ? Quelle est ta question ?

On parle ici du Chéma que l'on lit avec la prière, à Arvit, d'accord ? Il faut donc s'acquitter du devoir de la lecture du Chéma avant minuit. Et pourquoi ? Le principe, c'est Chachamim asou siyag ledivreihem, les sages ont fait une barrière à leurs paroles, kedei shelo yehe adam, pour qu'il n'arrive pas qu'un homme, ba min hasadé ba érev, quand il rentre des champs le soir, véomer, et se dit: je vais d'abord rentrer chez moi, je mangerai un peu, je boirai un peu, je vais dormir un peu, et après cela je lirai le Chéma et je ferai la prière. Et le sommeil l'emporte.

Les hachamim se sont dit que si l'on autorisait la lecture du Chéma toute la nuit, les hommes s'endormiraient. D'accord ? Alors, quelle est la situation décrite dans le texte de la Guemara ? Quelqu'un vient le soir, d'où vient-il ? Des champs. D'accord, cela suppose donc que, naturellement, un homme revient de son travail. Quel genre de travail ? Agricole. Il n'a pas écrit qu'un homme revient du kollel. On suppose donc que l'homme revient du travail. Ce texte de la Guemara est extrêmement étrange. Est-ce un texte juif ? Bon. Mais qu'est-ce qu'il faut faire ? Adam ba min hasadé ba érev, un homme revient des champs le soir. Nikhnas levet hakeneset, il doit entrer dans la synagogue. Im ragil likro kore, s'il a l'habitude de lire, il s'agit ici de la lecture.

Du Tanakh, de la Bible. Alors il lit. Et s'il a l'habitude d'étudier la loi orale, il étudie la loi orale. C'est la répétition de la Michna, ce qui est répété. Et alors il lit le Chéma, il fait la prière, et il mange son pain et fait la bénédiction, c'est le Birkat Hamazon. Vekhol hamevatel divrei hachamim, hayav mita, et tout celui qui transgresse les paroles des sages est digne de mort. Ouah ! On s'attendait à quelque chose de sympathique, et brusquement le texte nous prend à la gorge et nous dit: attention, si tu ne fais pas cela, tu meurs ! Oh là là !

Bon, maintenant, autre chose. On a dit qu'il rentre à la synagogue, et que s'il a l'habitude de lire la Bible, alors il fait de la Bible. S'il a l'habitude d'utiliser la loi orale, il fait de la loi orale, n'est-ce pas ? Je n'ai pas très bien compris. Cela veut-il dire que l'auteur de ce texte ne sait pas qu'on ne lit pas la Bible le soir ?

Eh bien, il y a aujourd'hui une mode qui consiste à dire qu'il est interdit de lire le Tanakh la nuit. Les psaumes, ou toute partie du Tanakh, la nuit. Ce n'est pas faux, c'est écrit dans le Ari. Tout cela est écrit dans le Ari. Mais ce qui est écrit pour le Ari, c'est écrit pour des gens comme le Ari. Pour le commun du peuple, on voit bien que la Guemara s'en fiche pas mal. Elle nous dit au contraire de lire. D'accord ? Même les Téhidites, la Guemara dit: ragil ikrot kore. D'accord ? Donc cette histoire, que ce serait une halakha pour tout le monde de ne pas lire la Bible, ce sont des inventions. Ceux qui, dans tous leurs comportements, suivent les enseignements des kabbalistes et étudient la kabbale, pour eux cela a évidemment un sens. Mais pas comme ça, pour tout le monde. Donc je reviens au texte.

Il nous dit que ce qu'il faut faire, c'est aller à la synagogue après être revenu des champs, étudier, Écriture ou loi orale, puis dire le Chéma, puis faire la prière, puis manger et réciter le Birkat Hamazon. Qu'est-ce que la prière ? Vous voulez la poser ? Je l'ai posée avant vous. Alors qu'est-ce que la prière ? C'est la Amida, n'est-ce pas ? Donc il dit le Chéma, après il fait la Amida, après il mange et il fait le Birkat Hamazon, d'accord ?

Et on nous ajoute quelque chose de surprenant: tout celui qui transgresse les paroles des hachamim est coupable de mort, hayav mita. Évidemment, la Guemara se pose tout de suite la question: pourquoi employer des expressions aussi dures ? Pourquoi, en tout autre endroit, ne dit-on pas simplement « il est coupable de mort » ? Et là, à propos de cette halakha précise, on nous dit: sache que ceux qui transgressent les paroles des sages sont coupables de mort.

La Guemara donne deux réponses. La première possibilité est de dire que les hachamim insistent ici parce qu'ils connaissent le danger du sommeil. Le sommeil est quelque chose de très fort chez les hommes, et pour empêcher cela, on a fait peur, on a menacé. Mais on peut aussi dire autre chose.

Cela nous dit simplement que ce texte suit l'opinion de celui qui considère que la tefila du soir est obligatoire et non facultative, puisqu'il est écrit kore keria tshéma oumit'palel. Ce texte relève donc de l'école qui considère que la prière de Arvit est obligatoire. D'accord ?

Quelle est la halakha ? La prière de Arvit est-elle obligatoire ou facultative ? La halakha dit qu'elle est facultative, mais qu'elle a été acceptée par le peuple d'Israël comme obligatoire. C'est-à-dire que ce n'est pas une institution des hachamim, c'est une institution du peuple. Au fait, les hachamim, qu'est-ce que la prière de Arvit ? La Amida. La lecture du Chéma, d'après toutes les opinions, est obligatoire. Le Chéma du soir est écrit dans la Torah, n'est-ce pas ? Bekhor bekha.

Il faut savoir si l'on doit associer une Amida au Chéma ou non. Là, il y a un débat entre les hachamim. La halakha dit que l'Amida associée au Chéma est facultative, mais qu'elle a été acceptée par Israël comme si elle était obligatoire. Elle est donc devenue obligatoire, bien qu'elle ne le soit pas véritablement, et cela a des conséquences au niveau de la halakha. D'accord ? Jusque-là, vous me suivez ? Ce que …

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