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Pirké Avot : l'œil mauvais et le piège de l'argent

Mishna 11 du chapitre 2 : ce qui arrache l'homme à son monde, et l'argent comme pierre de touche du Talmid Hakham.

50 min

Rav Amram Levy

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Perek Bet, Michna dix. Nous commençons le cours. Vous avez trouvé ? Michna Bet, Perek Bet, Michna Youdalef.

Onzième Michna. Nous avons étudié la dernière fois, pour ceux qui étaient là au dernier cours. Je vais résumer un peu la Michna que nous avons étudiée. La Michna nous dit la chose suivante, la Michna dit: je résume seulement la Michna.

Il a dit à ses disciples: allez et voyez quel est le bon chemin auquel l'homme doit s'attacher. Eizehou ezou hi derekh yécharah she-yavor lo ha-adam. Quel est le bon chemin auquel l'homme doit s'attacher ? Il y a cinq avis. Il a demandé à ses disciples, chaque disciple a donné son opinion sur ce sujet. Rabbi Eliezer dit: le bon chemin à suivre, c'est Ayin tova, un œil bienveillant, voir tout d'un point de vue positif, être toujours bienveillant. Ça, c'est Rabbi Eliezer. Rabbi Yehoshua dit: le meilleur chemin à suivre, c'est un bon compagnon, un bon ami dans la vie. Rabbi Yossi dit: il faut avoir un bon voisin, un bon voisinage. Rabbi Shimon dit: quel est le bon chemin à suivre ? C'est celui qui sait prévoir l'avenir. Prévoir l'avenir, pas par la prophétie, mais par. Et Rabbi Elazar ben Azarya dit: quel est le meilleur chemin à suivre ? Un bon cœur.

Rabban Yohanan ben Zakkaï leur a dit: je préfère les paroles de Rabbi Elazar, qui dit que le meilleur chemin à suivre, c'est le bon cœur. Car ses paroles incluent vos paroles, les paroles de tous les autres, sont incluses dans les paroles de Rabbi Elazar. Lorsqu'on a un bon cœur, on a tout, forcément. Lorsqu'on a un bon cœur, on a un œil bienveillant, on a de bons amis, de bons camarades, de bons voisins, on prévoit l'avenir. Le bon cœur, c'est finalement le cœur de tout: le meilleur chemin à suivre, d'après Rabban Yohanan ben Zakkaï. C'est ce que nous avons étudié la dernière fois.

Aujourd'hui, nous allons étudier la onzième Michna. Je lis la Michna: Rabbi Yehoshua dit: Ayin hara, yetzer hara et sin'at habriyot, la haine des créatures, la misanthropie, quelqu'un qui n'aime pas les gens, c'est semblable. Sin'at habriyot, motsiin et ha-adam min ha-olam, ces trois choses font sortir l'homme de son monde. Qu'est-ce que ces choses font ? Elles retirent l'homme de son monde.

Qu'est-ce que cela veut dire, retirer l'homme de son monde ? Ces trois choses font sortir l'homme de son monde, c'est-à-dire qu'elles l'arrachent de son monde. Il y a deux explications. Elles le tuent. Ou bien, l'homme de son monde, c'est l'homme tel qu'il doit être: c'est-à-dire qu'il n'est pas dans sa plénitude, il n'est pas lui-même. Il est toujours dépendant des autres, il n'est jamais content de lui-même, il n'est pas dans son monde. Ces trois choses arrachent l'homme de son monde, car être dans son monde, c'est être dans sa plénitude. Lorsqu'il a un mauvais œil, il envie toujours les autres. Il n'est jamais content de lui-même. Il n'aime pas la société, il a la haine des créatures, il a un mauvais penchant, il est toujours esclave de ses passions. Il n'est pas dans son monde.

Cet enseignement de Rabbi Yehoshua semble très simple. C'est très simple. Nous avons vu précédemment, dans les autres chapitres, des choses pareilles. Les commentateurs se demandent pourquoi la Michna enseigne des choses très simples, des choses qu'on a déjà vues. Et d'ailleurs, cette analyse du Rav n'inclut pas d'autres choses. Par exemple, le mensonge, la témérité, la médisance, la lâcheté: il ne les a pas mentionnées. Ces choses-là aussi font sortir l'homme de son monde, elles y sont incluses.

Analysons un peu ce que dit Rabbi Yehoshua, pour voir que ce n'est pas aussi simple qu'on l'imagine. Ayin hara, un mauvais œil: c'est quelqu'un qui ne se contente pas de ce qu'il a. Il voit toujours ce qu'ont les autres, donc il n'est jamais content. Voilà ce qu'est ayin hara, un œil malveillant: il a toujours envie de ce qu'ont les autres, une sorte de jalousie, et il court toujours après ce qu'ont les autres. Ayin hara est donc une malveillance à l'égard des autres. C'est ce que dit

le commentateur ici, et c'est aussi l'égoïsme. On dit la jalousie, et c'est un regard de malveillance que l'on attire aussi sur soi-même, pas seulement vis-à-vis des autres, vis-à-vis de soi aussi. Quelqu'un qui a le ayin hara s'attire aussi des ennuis de la part des autres. Non, cela n'a rien à voir. Il peut faire du lachon hara, de la médisance: c'est vrai, c'est une conséquence. Mais le ayin hara est juste un œil malveillant: il n'est jamais content de ce qu'il a, il envie les autres, il est

malheureux. Il court toujours après: celui-là a une villa, l'autre a une voiture, pourquoi pas moi ?

On pourrait dire que cela peut être positif: moi aussi, j'ai envie de voir une belle voiture. Oui, mais seulement si on le dit en passant. Mais quelqu'un qui a des sentiments intérieurs qui font qu'il n'est jamais content de lui-même, c'est là la différence. Ça, c'est ayin hara. Et yetzer hara, c'est le mauvais penchant, le mal: le yetzer hara domine, il est toujours maître. Quelqu'un qui est esclave de ses passions, c'est cela le yetzer hara. Cela raccourcit la vie, puisque le yetzer hara le domine: il n'est jamais maître de ses actions, il est esclave de ses passions.

Sin'at habriyot, c'est la misanthropie: quelqu'un qui n'aime pas être avec les autres, qui n'aime pas les hommes, qui n'est pas avec ses semblables, qui se méfie des hommes, qui s'incline à la haine envers les hommes. Et alors, il construit lui-même son malheur, puisqu'il est seul. La Guemara dit: O havrouta, o mituta, en araméen: ou bien la société, ou bien la mort. Vous savez que havrouta est aussi dans le domaine de l'étude à deux: lorsqu'on est deux, on est toujours en échange. Quelqu'un qui est toujours seul, isolé, parce qu'il le veut volontairement, se met en retrait. Il veut toujours être seul et isolé tout le temps. Il se construit son malheur lui-même. C'est cela, sin'at habriyot.

Motsiin et ha-adam min ha-olam: ces trois choses, nous dit Rabbi Yehoshua ben Hananya, font sortir l'homme de ce monde. Peut-être au sens propre: il raccourcit sa vie, il est toujours malheureux. Ou bien au sens figuré: il n'est jamais content, il n'est pas dans sa plénitude, il n'est pas lui-même. Voilà ce que nous enseigne Rabbi Yehoshua ben Hananya.

Si vous avez la haine gratuite, c'est l'un des malheurs qui ont entraîné la destruction du Second Temple. Les Noha Hamim, dans le traité de Yoma que nous étudions le lundi et le mercredi matin, disent quelle est la raison pour laquelle le Premier Temple a été détruit: à cause de trois fautes graves, l'idolâtrie, la gilouy arayot, la débauche, et le meurtre. Le Second Temple, quelle est la raison ? Ils étaient tous des talmidei hachamim, ils connaissaient la Torah, ils observaient la Torah. Ils …

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