Le livre de Yonah : fuir la réalité, se fuir soi-même
Yonah s'enfuit de son destin et de lui-même ; comment l'appel divin interpelle chacun à répondre.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Yonah et la rencontre avec le prophète sur le navire, 42 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
On prend Sefer Yonah. Chalom Lakhem. Et on va essayer de… Monsieur a donné la réponse. Cette semaine, on va chausser une autre paire de lunettes et voir ensemble un autre message présent dans Sefer Yonah. Pour cela, il est important de bien voir le texte.
C'est ce que nous allons faire: essayer de voir, à travers les différents versets, pas tous, mais certains, quel est le fil conducteur que nous pouvons percevoir avec cette nouvelle paire de lunettes que je vous ai demandé de porter. Je dirais que le fil conducteur, c'est-à-dire ce que nous allons rechercher dans Sefer Yonah, c'est de…
Ainsi que je l'ai marqué. J'essaie toujours de marquer ce que je veux dire, parce que sinon, je le sais, dans l'emballement du verbe et de la verve, on passe souvent à côté de beaucoup de choses. J'essaie donc d'avoir, pour moi aussi, non seulement dans Sefer Yonah un fil conducteur, mais de vous le donner. Yonah, en quelque sorte, s'enfuit. Les choses sont claires, puisqu'on le voit: ne pas aller là où l'Eternel lui demande de se rendre. C'est donc que Yonah s'enfuit.
Mais je veux qu'aujourd'hui nous essayions de voir, et plutôt de percevoir, dans l'acte de Yonah, non pas le fait, que le français exprime par le verbe s'enfuir, mais je dirais pour quelle raison, et ce que veut dire la fuite de Yonah. C'est-à-dire que je considère l'événement de Yonah ici comme une fuite vis-à-vis de sa destinée, comme une fuite de devant l'Eternel, mais plus que cela, une fuite de devant lui-même, c'est-à-dire de sa propre personne. Et le sujet est bien évidemment essentiel, étant donné qu'il nous touche aussi.
Comme dans les semaines précédentes, ce que nous avons pu entendre du livre de Yonah à travers le mot techouva, c'est-à-dire le mot de repentir, dans ce regard-là, avec notre nouvelle paire de lunettes, il y a d'une certaine manière un regard sur le mot réponse. C'est-à-dire que lorsque j'approche de ce moment opportun qu'est la fête de Roch Hachana, la journée de Kippour, et entre les deux ces dix jours que l'on appelle, entre guillemets, jours de pénitence, en vérité, que les choses soient claires, cela ne concerne pas simplement la période de Roch Hachana à Kippour, mais la période de l'existence de l'homme. L'homme va-t-il à la rencontre de lui-même, de l'Eternel, et de son histoire, c'est-à-dire de son destin ? C'est la question qui est posée ici.
Et vous comprenez maintenant pourquoi je dis: chausser une nouvelle paire de lunettes. Avec notre première paire de lunettes, nous avons parcouru l'histoire et entendu la philosophie de cette histoire. Dans le deuxième cours, nous avons vu comment l'événement Yonah nous amène à nous poser la question concernant le repentir. Dans ce cours-ci, je veux essayer avec vous de voir ce que veut dire la réponse.
Alors, regardez le premier verset. Je n'ai pas pris mon Tanakh exprès, pour ne pas faire d'autres envolées, mais je vous demande de regarder dans le Tanakh le premier verset. Pasouk, Beit, dans le premier chapitre: Koum, lekh el Ninive ha-ir hagedola, oukhra aléa, ki alta raatam lefanaï. Il y a ici plusieurs injonctions divines, c'est-à-dire des verbes à l'impératif. Comme le terme l'indique en français, l'impératif ne s'entend pas de deux manières différentes, mais d'une seule. Si je te dis « sors », cela veut dire que tu dois quitter le lieu où tu te trouves et te rendre à l'extérieur de ce lieu. Vous avez raison: à l'extérieur de ce lieu, il y aura nombre de possibilités.
L'Eternel intervient ici et lui dit koum, c'est-à-dire « lève-toi ». Réveille-toi, si vous préférez, « éveille-toi ». Car, pour pouvoir se mettre en marche, il faut que l'homme soit éveillé à lui-même, réveillé de sa torpeur. Il n'y a pas d'engagement possible si l'homme ne s'est pas réveillé au préalable, mais plus que réveillé: une fois qu'il s'est réveillé, il doit être en éveil. Qu'est-ce que vous entendez dans la terminologie d'« être en éveil » ? Moi, j'entends « être aux aguets », « être prêt à toute éventualité ». Koum, « lève-toi ». L'autre verbe ici, oukra aléa, al Ninive: kra, c'est lire, appeler, mais aussi craindre. Ça ne peut pas être « lire » ou « appeler », mais ça peut être un seul verbe que nous connaissons en français: interpeller.
Interpeller, cela veut dire lancer un appel où je mets en cause autrui, et cet autrui est appelé à réagir, à se remettre en question vis-à-vis de la réponse qui doit suivre l'interpellation. Dans le langage judiciaire, nous dirions que je n'ai pas été interpellé simplement pour être interpellé, mais parce qu'on va me poser des questions auxquelles je vais devoir répondre. Vous avez le choix dans cette interpellation, non pas policière, mais dans l'interpellation de l'histoire de l'homme, de notre histoire individuelle à chacun: répondre par oui ou par non. Et lorsque vous dites oui, vous pouvez même choisir les différents oui qui seront les vôtres. Ceci est important à se rappeler.
Il y a ici plus qu'un couple, il y a une assemblée de verbes impératifs qui viennent faire valoir l'importance du verbe, en ce que le verbe est ici transitif. C'est-à-dire qu'il vous demande de vous mettre en marche pour traverser l'histoire qui est la vôtre. Je n'appelle pas celui qui ne doit pas être appelé. Tous ceux que j'appelle ou que j'interpelle, c'est parce qu'ils sont à même de participer, de se retrouver dans la rencontre que je vais créer.
De la même manière, c'est juste une parenthèse pour vous rappeler qu'on ne met pas sur le dos de l'homme une charge qu'il ne peut supporter. C'est-à-dire qu'à chaque fois que l'homme est interpellé, que ce soit dans le verbe, dans le fait ou dans le geste, c'est bien lui qui est l'appelé, et personne d'autre. C'est sa réponse à cet appel qui sera importante. Est-ce que oui ou non ? L'homme va répondre.
Je ne rentre pas dans ce que nous avons déjà vu, mais je remarque ici la construction. Et juste après, au verset 3, remarquez-vous la réaction de Yonah ? La réaction de Yonah, ce sont deux mots, un verbe et un sujet. Et je dis que là, le bât blesse. Pourquoi ? Parce que, lorsque j'arrête la lecture autour de ce premier sujet et de son verbe, j'entends quelle réponse est donnée à l'interpellation ou à l'appel de l'Eternel. C'est Yonah qui doit interpeller Ninive, mais c'est l'Eternel qui en appelle à Yonah.
Yonah est déjà consacré, je vous le rappelle, nous l'avons vu la première fois. L'Eternel ne vient pas appeler Yonah: Yonah a déjà été interpellé par l'Eternel et a déjà reçu la divine onction de l'Esprit Saint, c'est-à-dire de devenir prophète, ce qu'il est en Israël à l'époque de Yerov'am. On l'a vu. Donc l'événement ici, qui va vouloir consacrer Yonah vis-à-vis du repentir de Ninive et de la falsification de l'histoire, de sa propre histoire, de Ninive elle-même, ne vient que confirmer ce qui est déjà inscrit dans le mouvement relationnel entre l'Eternel et Yonah, bien entendu.
Cours de Machon Meir
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7 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Techouva, Pensée juive, Livre de Yonah, Livre de Yona, Prophétie.
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— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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