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Yona refuse à Ninive son droit au repentir

Le Radak explique pourquoi le livre de Yona entre dans le Tanakh alors qu'il parle d'une nation étrangère.

59 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Yonah dans le poisson : la tchouva née de l'épreuve, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Comme je vous l'ai dit, essayez d'avoir un cahier et de noter, parce que la connaissance et le savoir ne se trouvent pas, comme je l'ai dit la semaine dernière, dans les effervescences du firmament. La semaine dernière, nous avons vu la trame de l'histoire de Yonah, d'une manière non exhaustive mais intéressante.

Si les sages ont trouvé intéressant de faire entrer le livre de Yonah dans le codex du Tanakh, c'est qu'il y avait certainement autre chose que l'histoire épique que nous avons racontée la semaine dernière. Quelle idée, quel message, quel concept se cache derrière l'histoire, l'aventure de Yonah ? Le premier personnage que je voudrais vous faire rencontrer s'appelle Rabbi David Kimri, de ses initiales le Radak, comme vous le voyez en haut.

Il a été un grand grammairien, un grand commentateur du Nakh, et il a vécu à Narbonne, en Provence. Ses dates: il est né en 1160 et il est mort en 1235. Vous comprenez donc qu'il a vécu à un certain moment, bien que dans un pays différent, la Provence, presque contemporain de qui ? Non, du Ramban, Rabbi Moshe ben Nahman, pas Maïmonide, vous savez ?

Lorsque vous avez le désir, l'aspiration d'étudier, de connaître quelqu'un, par exemple, j'imagine que vous allez énormément étudier les kitvei Rav Kook, il est important de connaître le personnage, c'est-à-dire: quelle fut l'aventure du maître qui a écrit, et que traversa-t-il pour mieux comprendre ce que fut son écriture ? C'est important. Je peux vous dire que moi, je suis un homme essentiellement de la parole.

Après ma maladie, je me suis remis de ma maladie il y a trois ans, et j'ai commencé à écrire. Il est évident que la personne qui écrit, ce qu'elle écrit, dépend énormément de l'aventure personnelle. Quand je dis l'aventure, c'est la rencontre entre les jeux qui se déclinent et les moi profonds qui, à cause de divers événements, font que le moi se révèle d'autant plus dans cette conjugaison avec ce jeu-là.

Donc c'est important de connaître qui parle, bien entendu. La plupart du temps, les gens se précipitent dans une étude sans savoir qui est l'auteur. Au moins, savoir qu'il a vécu à tel endroit. Vous savez que nous sommes en plein Moyen Âge, le Haut Moyen Âge, Narbonne, la Provence. Ça vous rappelle les Kharmés Provence, bien entendu, les sages de Provence, et puis une période qui est particulière, bien évidemment: la confrontation entre le judaïsme et l'Église, c'est très important.

Rabbi David Kimri, voilà.

Yesh lichol… Je vous ai mis des points de suspension avant et après, étant donné qu'il parle avant et qu'il continue de parler après. Ce qui m'intéresse de vous transmettre, c'est ce que j'ai mis entre les points de suspension: Yesh lichol, lama nirteva nevoa zo'it ketuva ba-kodesh. C'est la question que nous venons de poser, que pose Rabbi David Kimri: pour quelle raison le livre de Yonah a-t-il été inséré dans le Tanakh ?

Le propos qui concerne le livre de Yonah se réfère uniquement et particulièrement à une nation étrangère, et Israël, dans ce propos et dans ce contexte, n'est pas rappelé du tout. Cela vous fait entendre que si le Radak écrit cela, c'est donc qu'à travers son écrit, il se pose la question de pourquoi, bien évidemment. Et il n'y a chez aucun prophète une telle réalité prophétique qui se consacre à cet élément.

C'est-à-dire que le livre de Yonah n'aurait été écrit que concernant le mouvement moral et éthique, c'est-à-dire le comportement d'Israël. Oui, la prophétie s'adresse à Ninive, à une peuplade étrangère à Israël. Mais au-delà ou en dessous de cette prophétie, il y a un relan, il y a un mouvement d'idées qui va vouloir faire que cette prophétie s'adresse également à Israël, mais c'est durant l'histoire que les choses se révéleront. Il y a Phébéode.

En vérité, le livre va faire se confronter deux concepts essentiels. Le premier concept que je vois dans le Sefer Yonah, c'est d'une part la justice divine, dans ce cas précis, la justice. Mais je sais, par ma connaissance de la semaine dernière, que face à cette justice, il va être question de clémence. C'est-à-dire que pour que la justice devienne clémente, il faut qu'elle se soit convaincue que la personne concernée est prête à se repentir, à apporter une réponse à l'événement qui fut le sien, à revenir quelque part.

Mais certainement pas là où elle fut, car là où elle fut, ce fut une erreur. Elle est donc à la recherche d'un retour, mais dans un lieu différent de là où elle était. Nous sommes confrontés, d'un côté, à la techouva, c'est-à-dire à la question du repentir, de la réponse, du retour. Vous vous rappelez que moi, je n'arrive pas à dire un terme, je suis à chaque fois obligé de dire les trois termes.

Face, bien entendu, à ce que nous pourrons appeler la justice, la raison de la justice, sa logique. C'est très important. La deuxième référence, puisque nous appellerons ainsi les différents passages du Pasouk, c'est Koum Lekh el Ninveh, tiré du livre de Yonah. Vous avez évidemment le Perek, qui est juste après Sefer Yonah, et en dessous, le « (verset) » en question.

Koum Lekh, lève-toi et va. Faites attention, il est écrit Koum Lekh. Cette répétition verbale donne un rythme musical qui vient signifier une demande ou un acte engagé. Koum Lekh, cela veut dire que, entre « lève-toi » et « mets-toi en marche », on ne réfléchit pas. On s'engage. S'il doit y avoir une réflexion concernant l'événement dans lequel je vais m'engager, elle a eu lieu au préalable, a priori. C'est clair, ce que je dis ? S'il y a des choses qui ne sont pas claires, je vous les dis.

Si j'ai préparé ce cours pour une heure, une heure cinq, ça ne veut pas dire que je dois le terminer. On peut le faire en deux fois. L'important, c'est que vous puissiez appréhender les idées et les mouvements des idées qui circulent dans l'intériorité de la leçon.

Non. Oh non. Je pense que, à mon avis, c'est un langage que moi… Koum ve-lekh, ve-koum lekh, ce sont deux impératifs, ou koum, lekh, c'est la même chose. Le vav, ici, serait comme une conjonction de coordination, comme dans la grammaire française. Bien que le vav serve quelquefois de vav conversif, puisqu'on parle du Radak, il faut aussi être un peu féru en grammaire hébraïque pour comprendre les choses, parce que la grammaire est ce qui nous permet de saisir les tréfonds du terme et de sa construction. Ce n'est pas la même chose si je dis koum et si je dis shem.

Vayashkem Avraham baboker, ce n'est pas la même chose que Vayakom. Dans Vayakom, il y a le fait de se lever, mais parce que je dois me lever. Et dans Vayashkem, il y a la volonté, non pas de se lever, mais de se réveiller. Se réveiller, ce n'est pas comme se lever. Les fainéants se lèvent, les acteurs se réveillent. C'est la différence. Si j'ai l'occasion, je vous en parlerai, mais pour …

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