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La techouva, un acte de volonté et non de pensée

Pourquoi la techouva se joue dans la décision de ne plus fauter, et pourquoi elle précède l'expiation.

51 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le bouc émissaire et la techouva individuelle selon Maïmonide, 52 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, nous continuons notre pénétrante étude des Hilchot Techouva du Rambam. Vous pouvez ouvrir à la première page. Qui se porte volontaire pour lire le texte ?

Nous avons déjà commencé l'étude du texte. Comme j'ai enfin reçu un texte, je peux le porter, moi, volontaire, pour le lire. Nous irons tous à la page, et nous en sommes, si je ne me trompe, au premier chapitre.

Il me semble que nous avons étudié la toute première halakha jusqu'au bout, ou pas ? On avait étudié le principe du vidouï ? Non. Si, on l'a fait, le vidouï. Non, mais le principe, on ne l'a pas étudié. Comment fonctionne le vidouï ?

Le cours en hébreu... Mais on parle ici du cours en français. Ce n'est pas la même chose. Il y a une section francophone et une section israélienne. Les contenus enseignés dans une section ne concernent pas nécessairement l'autre. Je parle donc ici du cours en français, c'est bien cela ? Je reprends le texte du Rambam.

« Toutes les mitsvot qui sont dans la Torah, qu'elles soient positives ou négatives. Si un homme en a transgressé une, soit intentionnellement, soit par inadvertance, lorsqu'il fera techouva, il reviendra de son péché. »

« Khayav l'hitvadot, il doit en faire l'aveu lifnei HaEl Baroukh Hou, devant l'Éternel béni soit-Il. » Vous vous rappelez que nous avons précisé ici que le Rambam emploie une formule un peu lourde: Keshéya assé techouva veyashouv mikheto. Nous avons étudié ce problème. Il y a en fait deux éléments dans la techouva. Il y a une techouva spontanée, qui n'a rien à voir avec le péché: c'est l'aspiration qu'a l'âme vers son Créateur. C'est cela qui entraîne la techouva. Indépendamment de cela, il existe une autre motivation de la techouva, qui est de réparer le péché. On revient de son péché, mais c'est secondaire. Ce qui est fondamental, ce qui vient en premier, primordial, comme on dit, c'est d'avoir une techouva qui vient d'un élan de l'être vers le Créateur. Et cela n'a rien à voir avec le péché. C'est quelque chose qui existe en particulier chez les tsadikim, plus que chez les pécheurs.

Parce que le tsadik a une tendance innée à monter vers le Créateur, tandis que le pécheur se sent déconnecté, indépendant par rapport au Créateur. Et donc, l'innovation de la Torah, c'est que même ceux qui ont commis des péchés peuvent revenir.

Alors, qu'est-ce qui se passe quand on fait techouva ? Le Rambam nous dit: khayav mitvadot, il doit en faire l'aveu, la reconnaissance, lifnei HaEl Baroukh Hou, devant l'Éternel.

La question qui se pose: pourquoi faire le vidouï devant Dieu ? Ne suffirait-il pas de le faire envers moi-même ? Je fais par exemple ce qu'on appelle un kheshbon nefech. Comment dit-on cela en français, kheshbon nefech ? Non, il y a une expression française pour cela. Non, ce n'est pas « le compte de l'âme ». Il y a un mot spécial en français pour cela, mais enfin, ce n'est pas grave. Je dois donc vérifier où j'en suis. Cette vérification peut se faire entre moi et moi-même: voilà, ça, je l'ai fait, c'est bien; ça, je l'ai fait, c'est mal. D'accord ? Pourquoi aurais-je besoin d'en faire la déclaration devant le Créateur ? Vous avez compris le problème ?

Quand est-ce qu'on est devant Dieu ? Non, absolument pas. Quand on fait la prière ? On fait la prière devant Dieu. C'est cela ? Quand on fait la prière, on est devant Dieu. Et le vidouï est quelque chose de semblable: dans le vidouï, je dois me tenir devant le Créateur. Mais pourquoi donc ? À quoi bon ? Il suffit de dire: je fais techouva. Je dois le dire à moi-même. Pourquoi aurais-je besoin de le dire à quelqu'un d'autre ? Il est plus difficile d'avouer cela à quelqu'un qu'à soi-même.

C'est cela, c'est plus dur d'avouer ses fautes à quelqu'un, par rapport à son orgueil. C'est-à-dire qu'il y a ici une formule d'humilité: j'ai de l'orgueil, donc je n'ai pas envie d'en parler. Mais la vérité, c'est: bon, j'admets, mais ce n'est pas si difficile que cela de parler avec Dieu, parce que cela se passe dans l'intimité, personne n'entend à part lui et moi. D'accord ? Et de toute manière, Il sait très bien ce qui se passe dans ma vie. Alors pourquoi aurais-je besoin de Lui en parler ? Je vais vous donner la réponse. Je crois d'ailleurs que nous en avons parlé dans le cours en hébreu, dans la section d'Israël. Tu y étais ? Qu'est-ce que j'ai dit dans la section d'Israël, puisque tu me dis que tu connais ? Qu'est-ce que j'ai dit ? Ah, c'est très grave, c'est très beau. Eh, c'est fini là-bas, le discours.

La réponse est très simple: l'essence du péché, c'est l'éloignement. Quand je suis en situation de péché, je suis éloigné du Créateur. Donc faire le vidouï devant le Créateur, c'est faire disparaître l'écran qui nous sépare du Créateur à cause du péché. Il y a donc, dans le vidouï devant Dieu, quelque chose qui appartient à l'essence même de la techouva. C'est clair, ce que je veux dire ? Bon.

Et il est dit, ainsi qu'il est écrit lorsqu'il faut faire le vidouï devant Dieu: « Ish o isha ki yaassou mikol hatot haadam...; vehitvadou et hatatam asher assou », un homme ou une femme qui aurait commis l'un des péchés des hommes… ils avoueront leur péché qu'ils ont commis. Zeh vidouï devarim: c'est l'aveu par la parole. Le vidouï se fait en parlant. Il faut dire: j'ai commis des péchés. Une nouvelle question se pose: pourquoi le dire ? À quoi cela sert-il ?

Il ne le fait pas avec l'aide de Dieu: il doit le dire à Dieu. Il ne le fait avec l'aide de personne, il le fait avec sa propre aide, c'est tout. Il a décidé de faire… La techouva est un acte totalement autonome. C'est-à-dire que c'est moi qui fais techouva, ce n'est pas le Saint, béni soit-Il, qui fait techouva pour moi. Donc cela dépend entièrement de moi. Et pourtant, la halakha me dit: quand tu as fait techouva, tu dois faire le vidouï. Mais le vidouï doit se faire en le disant, en commençant par le dire.

Cela nous permet de mieux comprendre, de mettre des mots sur les choses. Et si je regarde dans ma tête ? C'est comme la techouva. La même question. La question est double: pourquoi la techouva se fait-elle avec des paroles ? C'est une question à laquelle il faudra répondre dans le cours sur la techouva. Ici, la question qui se pose, c'est pourquoi le vidouï, précisément, se fait en paroles. Il faut y répondre. Il y a deux raisons. Heureusement que je suis là pour vous donner des réponses.

La première: quand j'ai une décision en moi, je décide en fait plusieurs choses à la fois, qui sont contradictoires. Par exemple, je me demande si j'irai à droite ou à gauche. En vérité, même si j'ai décidé …

Cours de Machon Meir

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