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quand et comment réprimander son prochain

Joseph réprimande ses frères par amour : la tokhéha selon le Rambam et la paracha de Devarim.

51 min

Rav Amram Levy

Ensuite : Qu'est-ce que le Chabbat ? Un avant-goût du monde à venir, 41 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Le sujet d'aujourd'hui, c'est la tokhéha. Qu'est-ce que la tokhéha ? C'est savoir comment réprimander et quand réprimander.

Vous savez que le Chabbat qui précède toujours Ticha BeAv, comme cette année, et chaque année d'ailleurs, chaque Chabbat qui précède Ticha BeAv, on a l'habitude de lire la paracha de Devarim, la première paracha du livre du Deutéronome. Le Chabbat qui précède Ticha BeAv, on récite toujours la sidra de Devarim.

La paracha de Devarim que nous allons lire ce Chabbat commence déjà par Eleh haDevarim acher diber Moshe el kol Israël. Moshé Rabbénou fait le résumé de toutes les vicissitudes et de tous les événements qui sont arrivés pendant les quarante ans où le peuple d'Israël était dans le désert. Et Moshé Rabbénou exprime des remontrances très, très dures envers le peuple d'Israël.

Mais, d'après Rachi, ces remontrances sont exprimées d'une façon dissimulée, des remontrances cachées. Pourquoi ne le disent-ils pas ouvertement ? Rachi explique: Moshé parle de tous les épisodes des explorateurs, de la vallée, de tous les événements durs, des réclamations du peuple, et de toutes les fautes qu'ils ont commises pendant leur séjour au désert. Mais, mon cher, il ne le dit pas explicitement, d'une façon manifeste, ouverte. Il insinue dans tous les épisodes qu'il leur raconte, il les insinue d'une façon dissimulée, d'une façon cachée.

Pourquoi ? D'après vous ? Si on peut... On a le devoir de faire des remontrances. Alors, Rachi explique.

Ouassa ezé mipené kevodan shel Israël. Par respect de... oui ?

— Un peu plus fort ?

Oui, ça c'est vrai. Parce que le Maguéi'm... c'est vraiment la faute qui a décidé, hein ? C'est la faute qui a vraiment donné le verdict, pour souligner. Comment tu t'appelles ?

— Eli.

Eli nous dit la chose suivante: Moshé Rabbénou, lorsqu'il a fait des remontrances concernant Israël, a fait des allusions. Tandis que pour la faute des explorateurs, il a dit explicitement. Alors, quelle est la raison ? Pourquoi ?

— Pour faire ressortir ces fautes-là ?

C'est possible. C'est possible. Moi, je dirais beaucoup plus, beaucoup plus, parce que la faute des explorateurs, celle qui a vraiment donné le verdict, c'est que tous ceux qui... enfin, la faute des explorateurs, c'était vraiment la plus grave faute que le peuple d'Israël ait faite.

C'est finalement la faute des explorateurs: le peuple d'Israël est sorti d'Égypte pour quoi faire ? Pour entrer en Erets Israël. Alors qu'est-ce que les explorateurs ont fait ? Ils ont tout fait pour empêcher le peuple d'Israël d'entrer en Israël.

C'est pour ça que la faute des explorateurs est vraiment la faute la plus grave. Et c'est une faute qui peut toujours se répéter au fil des générations. C'est pour ça que Moshé Rabbénou, je pense, l'a dit explicitement. Tandis que les autres, par respect pour le kavod d'Israël... parce que lorsqu'on fait des remontrances franches, il faut savoir comment faire. Et c'est pour ça que notre sujet va porter sur la manière de faire la mitsva des remontrances, des réprimandes.

C'est une mitsva, mais c'est aussi une mitsva où il faut faire attention: comment réprimander, et quand est-ce qu'il faut réprimander. Et ce n'est pas n'importe qui qui peut prendre cette responsabilité de réprimander.

Une des conditions de la mitsva de réprimander, de la tokhéha, comme nous le dit le Rambam dans son livre Michné Torah, c'est que la réprimande doit être énoncée avec douceur et en des termes modérés. Pas avec violence, pas avec des termes très, très forts. Il faut que ce soit d'une manière délicate.

Le Rambam, d'ailleurs, dans son livre Hilkhot Dé'ot, les lois concernant la façon de se conduire dans tous les domaines, nous dit au chapitre 6, halakha 7, la chose suivante. Je l'ai en hébreu, et je traduis.

Le Rambam nous dit, dans ces halakhot, quelle est la mitsva de la tokhéha, de réprimander. Le Rambam dit la chose suivante: celui qui veut réprimander son prochain, que ce soit dans ses rapports avec son prochain, ou dans ses rapports avec l'Éternel, c'est-à-dire dans les rapports horizontaux entre lui et son prochain, ou dans les rapports entre l'homme et l'Éternel, dans les mitsvot, doit le réprimander en privé, pour ne pas lui faire honte, pas devant tout le monde.

Qu'est-ce qu'il dit ? Ah, ça, on va voir. Le Rav Israël... on va révéler ça. Parce qu'il faut savoir que dans n'importe quelle situation, n'importe quand, n'importe qui ne peut pas réprimander. Le Rav Israël se base d'ailleurs sur une discussion de la Guemara que nous allons rapporter.

Donc le Rambam nous dit: celui qui réprimande doit parler gentiment à celui qui est réprimandé, et en termes modérés. Et il doit lui signifier, c'est-à-dire que celui qui réprimande doit faire comprendre à l'autre qu'il ne le fait que pour son bien, et non pour le bien de celui qui réprimande. Ce n'est pas parce qu'il est en colère contre lui, ou qu'il a quelque chose contre lui. C'est uniquement pour le bien de celui qui est réprimandé.

Et aussi, pour que celui qui est réprimandé ait le mérite d'accéder au monde futur. Celui qui réprimande le fait pour que l'autre mérite d'accéder au monde futur. Vous voyez maintenant comment le Rambam définit quand et de quelle manière on peut faire la mitsva de la Torah.

Et d'ailleurs, la Guemara dans Massekhet Arakhin nous dit la chose suivante: Amar Rabbi Yehoshoua ben Levi ? Amar Rabbi Eleazar, Rabbi Eleazar dit au nom de Rabbi Eliezer... Et là on arrive à ce que tu as dit, David: késhem she mitsva al adam lomar davar she yishama, kakh mitsva al adam lo lomar davar she eino nishma. C'est-à-dire, je traduis: de la même manière que l'homme a une mitsva de dire une parole qui va être écoutée par l'autre, de même l'homme a une mitsva de ne pas dire une parole qui ne va pas être entendue par l'autre.

Vous avez compris ? En d'autres termes: j'ai l'obligation de réprimander, de faire des remontrances à mon prochain, à autrui, si je pense qu'il y a des chances que l'autre écoute les remontrances.

Maintenant, d'un autre côté, il y a une mitsva, une obligation, de ne pas faire de remontrances. De la même manière, il y a une obligation de ne pas faire de remontrances s'il y a des chances, ou bien si je pense que mon prochain, celui à qui je fais des remontrances, ne va pas écouter.

Et il dit pourquoi ? Comment ? Comment peut-on savoir ?

— Comment tu vas savoir ?

Oui, c'est vrai, d'ailleurs. Il a raison. Comment tu vas savoir ? Ce n'est pas un ami. On ne fait pas ce genre de remontrances à un ami. On a l'obligation de faire des remontrances à n'importe qui, à n'importe quel Israël qui commet une avéra.

Oui. Oui, mais la mitsva, c'est... La mitsva nous dit et nous prescrit de le faire sur place. Quelqu'un qui va transgresser, par exemple, une mitsva de la Torah écrite, devant tout le monde, une mitsva explicite dans la Torah à ne pas faire, j'ai l'obligation de le lui dire, même s'il …

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