Azirout, la prudence qui éclaire la vie
Pourquoi l'aveugle dans l'obscurité est pire que l'aveugle en plein jour, et ce que l'émouna a à voir avec la remise en question.
Rav David Partouche
Ensuite : L'étude de la Torah mal dirigée peut faire du mal, 31 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. On est arrivés au chapitre 2 de Messilat Yecharim, le second chapitre, sur la vertu de la Zehirout. Et on va essayer d'expliquer quelle est cette vertu. On la traduit par « prudence ». Qu'est-ce que la Zehirout, qu'est-ce que la prudence ? En hébreu, c'est plus facile: il faut toujours se référer aux racines du mot. La racine de Zehirout, c'est Zayin Hé Resh, qui donne Zohar. Zohar, c'est la lumière.
On nous a expliqué qu'une personne prudente est une personne qui met de la lumière dans sa vie, une personne qui arrive à éclairer les parties sombres de sa vie. Il faut savoir que toute personne qui n'arrive pas à éclairer les parties sombres de sa vie se trouve dans les ténèbres. Et la Guemara, regardez ici, au passage: « Vélo yéler bémalach er gélo », qui est « Iver ba'afela ». Vous avez ?
Il n'ira pas, il ne doit pas aller. L'homme, dans son habitude, est « Iver ba'afela ». Qu'est-ce qu'un Iver, un aveugle ? D'accord. Ba'afela, dans l'obscurité. C'est-à-dire, qu'est-ce qu'une personne qui n'est pas Zahir ? C'est une personne qui avance comme un aveugle dans l'obscurité. Dans la Guemara, dans le chapitre 2, voilà.
Quelle différence entre un Iver qui est ba'or, dans la lumière du jour, et un aveugle dans l'obscurité ? La Guemara pose la question: pour un aveugle, quelle différence s'il se trouve de jour ou de nuit ? Il est aveugle, une personne qui est aveugle ne voit pas, qu'il fasse jour ou nuit. La réponse de la Guemara: il y a une grande différence entre un aveugle qui se trouve de jour et un aveugle qui se trouve de nuit. Lorsqu'il est de jour, il peut demander au passant:
« Est-ce que je peux marcher là, devant ? C'est bon ? Il n'y a aucun obstacle en face de moi ? » Et les gens à côté vont lui dire: « Ça a l'air bon, tu peux marcher », ou: « Fais attention, tu vas tomber, il y a une falaise. » Tandis que l'aveugle de nuit, vous savez ce que c'est ? C'est un aveugle qui ne demande à personne s'il peut avancer, s'il y a un danger sur sa route. Il ne demande à personne.
Le pire de tout, c'est Iver ba'afela. On peut être aveugle. Je vous donne un exemple: vous ne connaissez pas toutes les halakhot. Vous n'avez pas étudié quarante ans à la yeshiva et vous ne connaissez pas toutes les halakhot. Vous êtes aveugle, à ce niveau-là. Vous n'avez pas la lumière de la Torah qui vous dit: « Tu as le droit, ça tu n'as pas le droit. Ça c'est permis, ça c'est interdit. Ça c'est pur, ça c'est impur. » Vous êtes aveugle, mais vous êtes ba'or, vous êtes dans la lumière. Pourquoi ? Parce que vous demandez.
« Rav, j'ai le droit de faire ça ? Est-ce que c'est bien ce que j'ai fait ? » Cette personne demande aux autres: est-ce qu'elle est dans la lumière ? Celui-là, c'est un bon signe. Ce n'est pas très grave d'être aveugle. Tandis qu'une personne qui voit, qui fait comme si elle voyait, c'est une personne qui ne demande rien parce qu'elle sait tout. Une personne qui sait tout, il n'y a rien de pire. Parce qu'elle est totalement enfermée. Elle a l'impression que ce qui est en face d'elle n'est rien, c'est très bien. Elle va avancer, avancer, et tomber dans la falaise.
Donc, quand on parle de Zehirout, de prudence, on parle de ptichout. C'est quoi, la ptichout ? C'est s'ouvrir. S'ouvrir à la réalité, s'ouvrir aux gens, demander, écouter ce qu'on dit. C'est-à-dire se poser des questions tout le temps, se remettre en question tout le temps. Quand quelqu'un vous dit: « Tu as vu ce que tu as fait ? », et vous répondez: « De quel droit tu me fais une remontrance ? », c'est marqué dans le Rav Etzraïm qu'aujourd'hui personne ne peut faire de remontrance, de quel droit tu me fais une Torah ? Cette personne, ok, elle a raison: l'autre n'a pas le droit de lui faire une remontrance. Mais en fait, j'essaie de savoir pourquoi on te dit ça. Qu'est-ce qui se passe ? Il y a un problème ? Une personne qui ne se remet jamais en question, c'est Iver ba'afela.
Messieurs, ici, en Israël, on n'est pas Iver ba'afela. Ici, en Israël, je vous parle de l'État d'Israël, le pays d'Israël aujourd'hui, où il y a des juges, etc., on se remet tout le temps en question. Vous voyez comment ça marche, les statistiques ? Toutes les sociétés se remettent en question: au niveau de la société, au niveau de l'armée, au niveau de l'État. Je ne sais pas si vous entendez à la radio, ils parlent de Mevaker Hamedina, celui qui juge. Je ne savais pas que ça existait avant d'arriver en Israël. Le Mevaker Hamedina, c'est le contrôleur de l'État. Toutes les semaines on en entend parler. Il vérifie si c'est bien. C'est-à-dire qu'il y a, dans Israël, cette chose: la personne ne se contente pas de ce qu'il y a. Ça, c'est l'homme. L'homme, c'est Adam, Mem-Hé, l'homme se pose tout le temps des questions: « Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est ? »
Une personne qui se remet tout le temps en question, c'est une personne qui appartient à la lumière de la Torah. Une personne qui ne se pose jamais de questions, pour qui tout va très bien, n'appartient pas à cette lumière dont on parle, celle de la Zehirout. Le Zahir, c'est justement celui qui est prudent, qui aime la lumière. Son but, à la fin, c'est d'arriver à la perfection ? Ça, je suis d'accord. Comment arrive-t-il à cette perfection ? Grâce à la Zehirout, grâce à ce fait d'être prudent. Il y a des personnes qui veulent arriver à la perfection en avançant, avançant, avançant, en faisant toujours plus, en se mettant toujours plus de mitsvot, et elles ne regardent pas ce qui s'est passé. Elles ne regardent pas ce qu'elles font, elles ne font pas attention, elles ne se remettent jamais en question. Il y a une nouvelle mitsva ? Wow ! Il y a une nouvelle…
Ça, c'est le vin que Baba Salé a bu, c'est la bourra que Baba Salé a bue, je vais l'acheter. Je suis arrivé une fois dans une beit Knesset, il y avait deux bouteilles sur la teva, une bouteille de Baba Salé et de l'huile de je ne sais quel Rabbi. Voilà, ils ont fait leur truc. On va arriver vers la Shlemout, on va arriver à la perfection. Et si vous pouvez me retrouver l'habit du Rav Kook, alors là, c'est sûr, j'arrive au Ramban. Une personne Zahir, c'est une personne qui se remet tout le temps en question. Elle veut la Shlemout. C'est pour ça qu'elle se remet en question.
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