Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

La haine gratuite, l'Aleph et l'unité de la diversité

Pourquoi le second Temple est tombé par haine gratuite, et comment l'Aleph relie les Youd et l'unité.

50 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Techouva : la racine du mot et le sens de chouv, 1 h 06

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je ne voulais pas terminer un autre chapitre. Il reste quelques chapitres dans le livre de Yirmiyahou, mais puisqu'on est dans les trois semaines entre Shfaes, Rebet Hamouz et Ticha BeAv, et qu'on a étudié le livre de Yirmiyahou, Jérémie, je pensais qu'il serait bon de voir quelles ont été les conséquences, au premier Temple et au deuxième Temple.

Ce sont des événements que nous avons parcourus à travers les écrits de Baroukh ben Nériya, qui retranscrivaient les événements vécus dans son corps et dans sa chair par Yirmiyahou. Le sujet, vous le connaissez, parce que c'est un sujet dont on vous a certainement déjà entretenus: la haine gratuite du second Temple et les trois fautes essentielles, primordiales, du premier Temple.

En premier lieu, il y a une question essentielle sur laquelle il ne faut jamais passer: pour quelle raison les Temples ont-ils été détruits le 9 du mois d'Av ? Autre question: comment se fait-il que, lorsque je suis assis par terre à me lamenter de la destruction des Temples, je ne me pose pas cette question essentielle et ontologique, celle qui me dit quelle en est l'origine ? C'est la première des questions auxquelles, je vous l'accorde, peu de gens répondent, parce que peu de gens y prêtent attention, ou certainement parce que peu de gens veulent y prêter garde. Est-ce que quelqu'un a une idée de quelle est l'origine ?

Oui, voilà. Exactement. Toute l'origine du 9 Av vient de la paracha que nous avions étudiée dans le Sefer BaMidbar, la paracha de Chela'h Lekha, qui concerne l'histoire racontée des Meraglim, des explorateurs, de ceux que nous avons appelés des justes sans émouna, étant donné qu'ils ont médit de la terre d'Israël.

Une terre qui n'était pas une terre promise, mais une terre donnée par l'Éternel. Et Dieu dit à Moïse: pour cette nuit où vous avez pleuré sans raison, je vous donnerai des nuits où vous pleurerez avec raison. Voilà. Et quand tu es assis par terre, il est de bon aloi de poser la question autour de toi, pour toi qui sais maintenant cela: pour quelle raison avons-nous dû subir de tels drames et de telles tragédies à cette date ?

Bien sûr, c'est la conséquence des événements qui se sont passés à l'époque du premier Temple et à l'époque du deuxième Temple, mais l'origine du pourquoi et du comment de cette date remonte à la faute des explorateurs. C'est clair ?

Et comme je vous le dis et je vous le répète, c'est la raison pour laquelle, durant cette année, nous avons étudié le Tanakh, parce que le Tanakh, comme réponse à cette question, c'est être le propriétaire des tenants de l'histoire. Les tenants de l'histoire. Sans cela, il n'y a pas d'aboutissant. La chose est claire. Je vous l'avais répété, je vous le redis parce que c'est le dernier cours: le Maharal de Prague, dans un sermon à Prague, à la fin du XVIᵉ siècle, s'est élevé d'une manière vindicative

contre ceux qui voulaient gravir les marches qui n'étaient pas les marches du début, mais qui montaient quatre à quatre. Cela veut dire que la connaissance, le savoir, et l'appréciation de cette connaissance et de ce savoir, se fait graduellement, pas à pas. Dieu aussi, parlant à Moshé, dira Mehèr, Mehèr. Il aurait pu dire Mahèr, Mahèr, mais il ne l'a pas dit. Il n'a pas dit rapidement.

Il a dit lentement. Qui va piano, va sano, va lentano: celui qui va doucement va sûrement. Il va lentement. Et la délivrance, le processus de notre délivrance, c'est de la même manière. C'est un processus qui est Kim'a, Kim'a, tel qu'il est écrit dans la Guemara de Brakhot du Talmud Yerouchalmi, c'est-à-dire palier par palier. La fin de la nuit et le début du jour, cette période s'appelle Ayelet HaChahar.

C'est d'accord ? Ce moment-là, c'est le moment que nous vivons. Donc nous disons: deux catastrophes à cette date. Nous savons maintenant quelle est l'origine de cette date. C'est la raison pour laquelle, à cette date, nous allons verser des larmes, puisque les comportements, à l'époque du premier Temple et du deuxième Temple, vont être répréhensibles. Quelles vont être les raisons de la tragédie, du drame ? Oui, quoi encore ? L'idolâtrie. Quoi encore ? L'inceste. Oui, et quoi d'autre ? Non, ça, c'est au deuxième Temple.

On a dit: oui, bien sûr, le meurtre, c'est-à-dire verser le sang d'autrui. Ce sont donc trois fautes. Au deuxième Temple, tu l'as dit, c'est la sinat hinam, la haine gratuite. La Guemara, dans Yoma, se pose une question: le terrible de la chose est-il plus important à l'époque du premier Temple ou au second Temple ? Il apparaîtrait que ce soit au premier Temple, parce qu'il y a quand même un triptyque de fautes, c'est-à-dire trois fautes qui viennent se surajouter l'une à l'autre. On a dit: l'inceste, l'idolâtrie, le meurtre.

Alors qu'au second Temple, la haine gratuite est seule. Mais la Guemara vient essayer de juger la chose à travers les conséquences historiques de l'événement présent. C'est-à-dire que, suite à ce qui s'est passé pendant le premier Temple, ils seront en exil pendant soixante-dix ans. À la suite de quoi, il y aura le décret de Cyrus, le retour d'Ezra, de Néhémie et de Zorobabel,

mais l'exil n'a duré que 70 ans. Suite à la destruction du second Temple, nous sommes en bonne voie de terminer, mais nous n'avons pas encore terminé, et cela a quand même pris près de 2000 ans. Donc, dans les conséquences historiques, je peux juger de la problématique. Et la problématique de la haine gratuite est d'autant plus importante que les trois fautes,

qui ne sont pas non plus sans importance, mais qui, par rapport à la haine gratuite, vont entraîner des conséquences dans l'histoire d'Israël beaucoup plus difficiles et, comme nous connaissons notre histoire, beaucoup plus tragiques que les 70 ans passés dans l'exil babylonien.

Pourtant, Dieu sait, nous l'avons appris dans le Sefer Vayikra, combien nous devons, vis-à-vis de ces trois fautes, avoir le comportement qui s'impose lorsque nous sommes confrontés à elles. Il y a une règle, il y a un mot: nous devons accepter la mort et ne point transgresser ces trois fautes, que sont le crime, l'inceste et l'idolâtrie.

Ce sont des choses importantes à signaler. Essayons donc de voir, au premier Temple, ce que sont le meurtre, le crime, l'inceste et l'idolâtrie. On commence par la dernière, parce qu'on l'a vue tout au long de Yirmiyahou. À la limite, vous pouvez peut-être l'expliquer. Quand je dis Avodah Zara, je veux dire quoi ? Ne me traduisez pas. Idolâtrie, j'ai compris. Ce que je vous demande, c'est l'explication. Quand je dis idolâtrie, je parle de quoi ?

Bidouk. Avodah Zara, c'est un travail qui est étranger. Étranger à qui et à quoi ? C'est se mettre au service de quelque chose qui est étranger à ma propre nature. C'est Avodah Zara. Allez vous abreuver

à des puits étrangers: cela ne viendra pas rassasier votre soif. Pourquoi ? Parce que ce n'est pas l'eau dont vous avez besoin. Mais …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

64 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Erets Israël, Techouva.

  1. 10
    L'homme, la femme et la fraternité dans la Genèse
    Le double souffle de l'homme (nefesh et neshama), puis le nom 'Ichah' et la notion de fraternité dans Bereshit 2.
    1 h 00
  2. 11
    Adam, Eve et la naissance de Caïn
    Comment le verset « Adam connut Eve » engendre Caïn, et pourquoi l'être précède l'avoir.
    1 h 11
  3. 12
    Se rencontrer soi-même, premier pas vers autrui
    Le Kouzari définit l'homme de bien (Chassid) comme celui qui se gouverne lui-même avant d'aimer autrui.
    55 min
  4. 13
    La bénédiction des Cohanim, bénir avec amour
    Pourquoi la bénédiction sacerdotale exige un amour réel entre les Cohanim et le peuple, et non un simple geste rituel.
    55 min
  5. 14
    La haine gratuite, l'Aleph et l'unité de la diversité
    Pourquoi le second Temple est tombé par haine gratuite, et comment l'Aleph relie les Youd et l'unité.
    En cours de lecture
  6. 15
    Techouva : la racine du mot et le sens de chouv
    Le cours part de la racine chouv pour montrer que la techouva est un retour à soi, non un simple aveu de faute.
    1 h 06
  7. 16
    Qui est l'homme intègre ? Tamim Tiyei et la mission d'Israël
    Le verset cardinal « Tamim Tiyei » expliqué à partir du Devarim, de la Torah et de la mission du peuple d'Israël.
    1 h 03
  8. 17
    A couper (fin)
    1 min
  9. 18
    Connaître ses vertus et ses sentiments pour se connaître soi-même
    Le Talmud (Sota 14a) : l'homme peut suivre Hachem en imitant ses attributs, notamment l'humilité, premier trait d'Adam.
    57 min
  10. 19
    Combattre le désespoir par l'émouna
    Pourquoi l'optimisme est inscrit dans la émouna : rien n'est perdu si Dieu a créé le monde.
    1 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav