Le retour d'Israël : Cyrus, Zacharie et les rendez-vous manqués
Comment l'édit de Cyrus a ouvert le retour, et pourquoi peu de Cohanim et de Lévites sont montés en Erets Israël.
Rav Rony Akrich
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Bon, Kertov… on ne va pas voir Jérémy aujourd'hui, mais on va essayer de voir, concernant l'événement actuel, ce que la Sidra de la semaine nous enseigne sur l'histoire des explorateurs. Une histoire qui ne fut pas, d'ailleurs, une histoire joyeuse, mais bien un véritable drame pour Israël.
J'ai pensé à quelque chose. Je ne vais pas revenir encore une fois sur Parachat Chela'h Lekha, ce que certainement d'autres ont fait. Mais Chabbat dernier, nous avons lu, dans Béha'alotekha, le chapitre 11, où il était question de l'attitude des enfants d'Israël dans le désert. Le texte les interpelle comme des mitonenim ou des mitavim, c'est-à-dire des gens qui se plaignent, des gens qui rouspètent,
et des gens qui sont avides. Avides de quoi ? Le texte nous le dit: ils sont avides d'avidité, ils désirent désirer. Ce sont donc des personnages purement et simplement matérialistes. Et la haftara qui avait été choisie pour accompagner le texte de Béha'alotekha, si vous avez fait attention, on va y aller d'ailleurs, est tirée du livre de Zacharie.
Zacharie est un prophète de l'époque du Deuxième Temple. C'est étonnant, on va le voir ensemble. Mais auparavant, je voudrais que vous regardiez la dernière page du Tanakh. Je crois que je vous l'avais déjà montrée, mais on ne peut jamais assez la regarder, étant donné que c'est un passage qui clôt l'histoire tanakhique.
Et en clôturant l'histoire tanakhique, il signifie bien entendu quelque chose. L'ouverture du texte tanakhique, tout un chacun la connaît: Béréchit bara Elokim. Ce qui me fait de la peine, c'est que la plupart d'entre nous, si ce n'est pas nous tous, ne connaissons pas la dernière phrase qui clôt le Tanakh. Or il est important, pour comprendre un événement, non seulement l'événement autour de moi, mais l'événement qui est moi.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai tellement de plaisir, mais surtout de désir, d'enseigner ce qui s'appelle l'amour de l'un et des autres. Parce que les individus, les hommes que nous sommes, la plupart du temps, sont incapables de partir au rendez-vous avec eux-mêmes, chose qui est l'un des rendez-vous les plus importants.
Et je crois que, concernant ce que je viens de dire au sujet du Tanakh, entre les tenants et les aboutissants, il est très difficile de venir dire: je connais, j'entends quelque chose du texte biblique, quand je n'ai pas véritablement entre les mains ces tenants et ces aboutissants. L'exemple concernant l'individu, c'est bien entendu ce que nous dit la Michna: Mi'hain ata ba, d'où viens-tu ? Ve'lehan ata oleh, et où vas-tu ? Mi'hain ata ba, c'est le tenant; Lehan ata oleh, c'est l'aboutissant.
Mais si vous ne possédez pas un tant soit peu de réponses à cet appel, comment voulez-vous, entre le tenant de la naissance et l'aboutissant de la finalité de pourquoi je suis, essayer de faire de votre vie une existence pleine et entière, une existence où la plénitude devrait être présente ?
Je crois qu'aujourd'hui nous serons d'accord, je déborde un peu, comme si c'était le cours sur l'amour de l'un et des autres. Je crois qu'un des grands symptômes, et une des grandes raisons de la difficulté d'exister, est ce que j'appellerais le malheur. Le malheur des hommes provient de cela. Je dis malheur en séparant les deux mots, les deux syllabes.
Car je crois que, comme dans l'histoire de la paracha de cette semaine, Chela'h Lekha, où les enfants d'Israël, par leurs dirigeants, justes, spirituels, intelligents, où l'on attendrait d'eux une compréhension de l'événement historique et surtout du projet divin, vont se fourvoyer complètement et fossoyer l'histoire, et donc vont rater le rendez-vous de leur histoire.
Concernant ce dont je vous parle, le prophète Zacharie et l'événement qui termine la Bible, le Tanakh, il est question, et rappelez-vous ce terme, quand on vous demandera, vous direz: c'est René qui nous l'a appris: les rendez-vous manqués de l'histoire.
Mais quand je dis les rendez-vous manqués de l'histoire, alors oui, vous pouvez rajouter: les rendez-vous manqués de l'histoire d'Israël, de l'histoire des hommes, et puis rajouter: les rendez-vous manqués de mon histoire. C'est peut-être là que le bât blesse, et là que tout commence. C'est important.
Prenez la dernière page, la dernière phrase du Tanakh. C'est dans Divré Hayamim Bet. Ce n'est pas sur ma tête, c'est dans le texte. Vous y êtes ? Koh amar, c'est la dernière phrase: Koh amar Koresh, melekh Paras. Vous y êtes ? Ce n'est pas compliqué, c'est le dernier verset: Koh amar Koresh melekh Paras. Ainsi parle Cyrus, roi de Perse.
Et, bien entendu, dans la lignée des rois de Perse, c'est-à-dire des empereurs mèdes, il est donc à la tête, comme son aïeul, de 127 provinces. Ce sont eux qui ont renversé le pouvoir babylonien. C'est à leur époque que se passe l'histoire de Pourim, et l'origine de l'histoire de Pourim est là. Vous ne le saviez pas ?
Je ne fais qu'ouvrir une parenthèse que je referme immédiatement, parce que ce n'est pas notre sujet. Mais votre curiosité va vouloir essayer d'entendre et de comprendre pourquoi ce verset est à l'origine de l'histoire de Pourim. La plupart d'entre nous se contentent de l'histoire de Pourim dans l'événementiel: Mordekhaï, Achashverosh, Esther, une histoire ludique. Mais elle a des profondeurs.
Ces profondeurs ne sont accessibles que parce que nous sommes capables de comprendre et d'entendre quelles sont les origines, quels en sont les tenants. Koh amar Koresh. Koresh, Cyrus. Melekh Paras. Écoutez bien, lisez: tout est là. Bien avant la Michna, le Talmud, la halakha, tout est là, dans ce livre-là. Tout est tiré de là.
Si vous ne possédez pas cela, vous n'atteindrez pas ceci. Que ce soit clair dans votre esprit, et arrêtez de vivre dans l'illusion du savoir et de la connaissance. C'est ici que tout commence. Si l'on n'a pas traversé ces paliers, on n'atteint pas l'étage. Est-ce que c'est clair ? Ça ne veut pas dire que vous ne ferez que cela, mais ça veut dire que ceci…
…est important, plus, plus, plus. Bien sûr, il est à la tête de 127 provinces, mais pour un idolâtre, c'est quand même sympathique, puisqu'il vient déclarer haut et fort que l'Éternel, Dieu des cieux, lui a accordé le pouvoir sur l'ensemble de ces royaumes. Reconnaissance intéressante ? Je ne vous le fais pas dire. Nata'ni Adonaï Elohei Hachamayim.
Alors écoutez ce qu'il dit maintenant. Ça, c'est important. Ve'hu pakad alai, et il m'a ordonné, la'binot lo, de lui construire, à lui, le Dieu des cieux, Beit b'Yerouchalayim asher b'Yehouda, une demeure à Jérusalem qui se trouve en Judée.
Je ne sais pas si vous réalisez qui parle pour conclure le Tanakh. Un goy pur et dur. Un polythéiste de première. Un hégémoniste de grandeur, qui vient, au vu et au su de tous, déclarer qu'il n'est le propriétaire de l'empire qui est le sien que par la grâce de Dieu, et que ce Dieu lui est apparu en lui demandant de lui construire sa demeure à Jérusalem, qui se trouve en Judée.
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