Matot-Massé'é : la demande des tribus de Gad et Réouven
Pourquoi Gad et Réouven veulent s'installer en Transjordanie, et comment Moché répond à leur demande.
Rav Yossef Attoun
Ensuite : Tetsavé : pourquoi le nom de Moché disparaît, 32 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Une fin de traversée qui devrait être joyeuse
Shalom Hachem. Nous voilà arrivés aux deux dernières parachiot du livre de Bamidbar. La fin de la traversée du désert devrait être quelque chose d'extrêmement joyeux. Nous avons dit au tout début de ce livre combien la traversée du désert est un parcours semé de dangers: kol haderakhim bréskat sakana, dit le Talmud, les chemins sont dangereux.
Je rappelle ce que nous avions dit: avant de partir en chemin, nous avons l'habitude de dire la téfilat haderekh. Et lorsque nous arrivons au bout du chemin, selon certains décisionnaires, on a l'habitude de dire la birkat hagomel, parce que nous avons échappé aux dangers du chemin et nous sommes arrivés à bon port.
Tout cela est lié à ce que nous avons rencontré tout au long de l'étude de ce livre de Bamidbar, et nous voilà arrivés à la fin de ce livre, aux portes d'Erets Israël. Rappelons-le, parce que cela aura de l'importance pour la suite: après la conquête par les enfants d'Israël, sous la conduite de Moshé, de deux peuplades qui se trouvent de l'autre côté du Jourdain, en Transjordanie, Ever Yarden, les peuplades de Amon et de Moav...
Je disais donc que cela aurait dû être une paracha double, Matot-Massé, deux parachiot reliées entre elles. Cela aurait dû être des parachiot de conclusion heureuse, de préparation à l'entrée en terre d'Israël.
Or, au cœur de notre paracha, il y a un événement beaucoup moins heureux, ou en tout cas qui, dans un premier temps, risque d'être presque une catastrophe de plus parmi toutes les nombreuses catastrophes que l'on a vues dans le livre de Bamidbar. Vous vous rappelez ? On a l'impression qu'on assiste à une catastrophe de plus, en tout cas dans un premier temps.
Je veux parler du chapitre 32 et de ce récit tout à fait étonnant: ce qui se passe entre les tribus. Dans un premier temps, il y en a deux; après viendra les rejoindre une demi-tribu. Les deux tribus de Réouven et de Gad viennent demander à Moshé et à l'ensemble de la communauté d'Israël la faveur de pouvoir rester de l'autre côté du Jourdain, dans ces territoires qui viennent d'être conquis par Moshé et par les enfants d'Israël.
Nous allons lire quelques versets, et nous verrons surtout la réaction de Moshé à cette demande, qui est plutôt virulente, comme on va le voir.
On va lire et traduire directement, comme on en a l'habitude. Chapitre 32, verset 1. Non, je corrige: cette fois, je ne résiste pas à le lire en hébreu, pour que vous entendiez un peu les difficultés du texte dès le départ. Perek lamed-bet. Oumikné rav hayah livné Réouven velivné Gad hatsoumim. Ça commence comme ça. Je traduis volontairement littéralement et non littérairement.
Oumikné rav hayah: mikné, vous savez, ça veut dire du bétail, du petit bétail. Mais cela vient du mot kané, kinyan, c'est-à-dire acquérir. Les acquisitions, les biens mobiliers, à l'époque, ce sont bien entendu d'abord et avant tout les troupeaux. Oumikné rav, beaucoup de troupeaux. Hayah possédait, la tribu de Réouven et la tribu de Gad. Atsoum véod, très important.
Vayirou: et ils ont vu le pays de Yazer et le pays de Guil'ad. Tout cela, c'est la d'Urbani. Vayine hamakom, mikné. Or voici, l'endroit était un endroit de troupeau, en bref un endroit de pâturage. Je continue: Vayavou bné Gad oubné Réouven. Ils sont venus, les fils de Gad et les fils de Réouven, et ils ont dit à Moshé et à Elazar le grand prêtre,
et au chef de la communauté, dans ces termes. Deux points, ouvrez les guillemets, écoutez bien. Ils leur ont dit: Atarot, Dibon, Yazer, Nimra, Heshbon, Elaleh, Sevam, Nevo, Beon. Fin du verset.
Tout cela, qu'est-ce que c'est ? Des noms de lieux, des noms d'endroits qui se trouvent là-bas, de l'autre côté du Jourdain. C'est une drôle de façon de commencer à parler. Ils ont donc dit toute cette ribambelle de noms, et ils continuent.
Le pays que Hachem a — le mot hika est toujours très curieux — le pays que Hachem nous a fortuit. Je ne sais pas s'il existe un mot comme ça en français, mais c'est un peu l'idée: le pays que Hachem nous a trouvé, devant l'assemblée d'Israël, eh bien c'est un pays de pâturage, et hors tes serviteurs ont du bétail.
Hors tes serviteurs ont du bétail. Vous avez compris ce qu'ils demandent, n'est-ce pas ? Ils disent: voilà, c'est un endroit pour le bétail, et nous avons beaucoup de bétail. Alors qu'est-ce qu'ils demandent ? Comment demandent-ils ? J'entends pas. On comprend pas ? Je vais vous donner un exemple. Une fois, il y a mon petit-fils David: il sait très bien où sont les bonbons, chez sa grand-mère, à la maison. Alors il dit: eh bien, n'est-ce pas que là-bas il y a les bonbons, et puis David aime les bonbons. Ça y est ? On comprend pas ? Vous avez compris ? Ah, Baroukh Hachem, j'avais peur un instant que...
Qu'est-ce que vous avez, dans l'édition Korèn, après ce verset 4 ? Un espace, un blanc. Et à ce moment-là, le verset 5 recommence en disant: Vayomrou. Ils ont dit: Im matsanou én bé'eineha, si nous avons trouvé grâce à tes yeux, yitén et ha'arets hazot lé'avdeha lé'ahouza, que soit donné ce pays à tes serviteurs en héritage. C'est un subjonctif passif: que soit donné. Al taavirénou et ha'Yarden, ne nous fais pas traverser le Jourdain.
Le blanc qui est entre le verset 4 et le verset 5 semblerait nous dire que Moshé n'a pas compris ce que vous aviez compris. Qu'en pensez-vous ? Il a compris ou il n'a pas compris ? Tu penses qu'il a compris ? Moi aussi. Mais alors pourquoi n'a-t-il pas réagi tout de suite ? Car c'est seulement au verset 6 que nous trouvons: Vayomer Moshé livné Gad velivné Réouven. Moshé dit aux tribus de Gad et de Réouven:
Vos frères viendront faire la guerre, et vous, vous resteriez tranquillement ici ? Pourquoi allez-vous affaiblir le cœur des enfants d'Israël pour qu'ils traversent vers le pays que Dieu leur a donné ? Ainsi ont fait vos ancêtres lorsque je les ai envoyés depuis Kadesh Barnéa. C'est qui, ça ? Les ancêtres qui ont fait la même chose quand je les ai envoyés de Kadesh Barnéa pour voir le pays. De qui s'agit-il ?
Bah, évidemment, les explorateurs. Il y en a comme ça une dizaine de versets. Je m'excuse, faute de souffle, je n'arrive pas à les lire comme il faudrait, sur un ton... sur un ton comment ? Agressif peut-être...
Oui, c'est s'emporter. Enfin, Moshé ne s'emporte pas. Moshé veut leur faire comprendre que ce qu'ils viennent de dire — et nous allons revenir tout de suite sur quelques difficultés de ces versets — est totalement irrecevable. Et non seulement irrecevable, mais en plus, cela nous rappelle étrangement, dit Moshé, la faute la plus grave que nous avons apprise dans le livre de Bamidbar: le refus d'Erets Israël par les …
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