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Shemitta : la Torah, la terre et l'art de se dépouiller

Introduction à l'année sabbatique : les sources de la Torah et la leçon de midat avatranout du Sefer HaHinoukh.

54 min

Rav Binyamin David

Ensuite : Les courants du monde religieux face au sionisme, 52 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Présentation de la série

On va étudier aujourd'hui, on va commencer une nouvelle série de shiurim en rapport avec l'année de la Chmita. Vous savez que l'année prochaine est une année un peu exceptionnelle pour le peuple juif, puisque c'est l'année de la Chmita, et qu'il y a donc des halakhot en rapport avec cette année-là, tout ce qui concerne l'agriculture en Erets Israël, la consommation des fruits, etc.

Quand on étudie les halakhot de la Chmita, on doit faire une distinction entre, je dirais, deux sortes de halakhot. Il y a des halakhot qui concernent l'agriculteur et des halakhot qui concernent le consommateur. Comme nous ne sommes pas, pour l'instant, des agriculteurs, peut-être qu'un jour nous le deviendrons, mais nous allons commencer d'abord par les halakhot qui concernent le consommateur.

Par la suite, nous reprendrons peut-être les halakhot qui concernent l'agriculteur, parce que chacun a peut-être une plante dans sa maison ou sur sa terrasse, peut-être un petit jardin en Erets Israël. Et peut-être, je ne sais pas, qu'un de vous va devenir un jour agriculteur dans un kibboutz ou dans un moshav en Israël. Nous allons aussi passer là-dessus. Mais nous allons d'abord prendre le point principal, qui est le consommateur.

Ce sont des halakhot qui ont des implications aussi bien en Erets Israël qu'en Chout La'aretz. Même les juifs qui habitent en Chout La'aretz reçoivent des fruits qui sont exportés d'Israël: des avocats, je ne sais pas quoi d'autre, des pomélos, je ne sais pas quoi d'autre, et en France, des jus de fruits. Il y a donc toujours une des grandes questions qui se posent par rapport à la Chmita. Nous allons commencer une série de cours. Aujourd'hui, nous allons faire une sorte d'introduction et voir les versets de la Torah.

Et nous allons essayer de voir, d'après ces versets, quelle est la raison pour laquelle HaKadosh Baroukh Hou nous a imposé une halakha un peu spéciale cette année sabbatique, où l'on arrête de travailler et où l'on étudie la Torah. Apparemment, c'est une année un peu spéciale.

Pour décrire en gros les halakhot, pour ceux qui ne les connaissent pas: c'est une année où il est interdit de travailler la terre d'Israël. On doit la laisser en friche. Il est interdit de récolter les fruits en grande quantité. Il est interdit de les vendre en grande quantité sur les marchés. Cela va bien sûr poser des questions et des problèmes par rapport à l'économie de l'État d'Israël aujourd'hui, dans un pays moderne.

À l'époque de la Bible et du Temple, chacun avait sa petite parcelle de terrain à côté de la maison. Pratiquement tout le monde était plus ou moins agriculteur, donc il n'y avait pas trop de problèmes pour aller ramasser deux ou trois tomates et trois ou quatre bananes avant son repas, puisque la Torah nous interdit de récolter en grande quantité. Chacun allait donc, avant son repas, arracher une petite pomme, une petite pomme de terre, et se débrouiller pour son petit repas du jour, et encore pour le repas du matin, de l'après-midi, du soir. Deux ou trois repas.

Mais aujourd'hui, je vois mal les gens de Tel Aviv prendre la voiture à cinq heures du matin, aller dans un kibboutz dans le Néguev ou sur le Golan, ramasser trois pommes pour les ramener avant que les enfants aillent à l'école, pour leur donner une pomme à emporter.

On est face à un problème. L'économie moderne dans laquelle nous vivons aujourd'hui, qui n'est pas du tout une économie agricole, fait que toute l'agriculture est déplacée aux extrémités du pays. On va donc se poser la question: comment va-t-on pouvoir vivre et réaliser une vie économique en Erets Israël pendant l'année de la Chmita ? On va voir quelles ont été les positions des différents rabbanim, quelles solutions ont été données. Nous allons développer tout cela dans les prochains shiourim.

Venez, on rentre un peu dans les versets de la Torah. Il y a deux grandes sources principales qui parlent de la Chmita, et puis il y a un troisième endroit où la Torah en parle aussi. La source principale, ce sont les versets de Parachat Béhar dans Sefer Vayikra, le Lévitique. Dans le chapitre 25, dans les premiers versets de la paracha, jusqu'au 24e verset, on nous parle de la Chmita, et on nous donne vraiment tous les détails. Nous allons le voir ensemble.

Le deuxième endroit où il est question de la Chmita, c'est dans Sefer Chemot, Parachat Michpatim. Et il y a un autre endroit, toujours dans Sefer Vayikra, un verset qui nous dit simplement, dans Parachat Bé'houkotaï, où se trouvent toutes les bénédictions et les malédictions de la Torah. Là-bas, la Torah nous dit que si le peuple juif ne respecte pas les lois de la Chmita, il sera exilé de la terre d'Israël. C'est Sefer Vayikra, chapitre 26, verset 34.

Le verset dit en substance: « Az tirtsé ha'aretz et chabtotéha kol yemé hachmama… » Cela veut dire que la Torah nous dit clairement: si on ne respecte pas les lois de la Chmita, on sera exilé, on sera chassé de la terre d'Israël, parce que la terre va réclamer de recevoir ses années de repos.

La grande question est alors: pourquoi est-ce si grave ? Il existe beaucoup de fautes dans la Torah. Pourquoi ce sujet-là est-il si grave, au point que le peuple d'Israël risque d'être exilé ?

— Oui ? Tu voulais poser une question ?

— Non. La loi de la Chmita ne peut être respectée qu'en Erets Israël. Il y a certaines lois dans la Torah qui concernent l'agriculture et qui sont en rapport direct avec la terre d'Israël. Et ces lois n'existent pas en Chout La'aretz. Par exemple, Terumot oumaasrot, le fait de prélever la dîme sur les fruits, cette halakha n'existe pas en Chout La'aretz. Si un juif a un terrain en Chout La'aretz, en France ou dans n'importe quel autre pays, il n'a pas à respecter ces lois-là. Pourquoi ? Parce que ce sont des lois spéciales à la terre d'Israël. De même, l'année de la Chmita est une halakha spéciale à la terre d'Israël.

— Quand quelqu'un cultive un terrain en Chout La'aretz, il n'a pas besoin d'observer ces lois de la Chmita. Oui.

— Non. Il n'y a pas de Terumot oumaasrot en Chout La'aretz. Chaque halakha doit être examinée: péa, léket, chikhha, il y a différentes choses. Mais certaines halakhot concernent Erets Israël et d'autres ne le concernent pas. Je veux bien revérifier le sujet, je me trompe peut-être, mais la Chmita ne s'applique certainement qu'en Erets Israël. D'accord ?

Passons maintenant aux versets de la Torah, et essayons de voir l'idée qui s'en dégage. La Torah nous dit clairement: HaKadosh Baroukh Hou dit à Moché Rabbénou: tu diras aux Bné Israël que lorsque vous entrerez dans la terre d'Israël, la terre que Je vous donne, la terre doit se reposer un Chabbat pour Hachem.

Pendant six ans, on a le devoir, ou l'autorisation, de semer ses champs, de tailler ses vignes et de récolter toutes les récoltes des champs.

Cours de Machon Meir

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