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korah et la machloket qui n'est pas leshem shamaïm

Pourquoi Korah conteste Moshe, et ce que la Michna des Pirkei Avot oppose à sa querelle égoïste.

42 min

Rav Yossef Attoun

Ensuite : Matot-Massé'é : la demande des tribus de Gad et Réouven, 40 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tov, salam. Nous voilà arrivés à une paracha qui est parmi les plus dures de notre Choumach, qu'on appelle difficile. Elle s'appelle Bamidbar. Vous vous rappelez qu'on a vu que le livre de Bamidbar fait à peu près le tour de tous les échecs, de toutes les fautes, de tout ce qui fait que, au niveau individuel comme au niveau collectif, mais surtout au niveau collectif, le peuple d'Israël, dans sa traversée du désert de Bamidbar, est en train d'éprouver toutes les possibilités d'échecs qui sont dans le registre des échecs d'une nation.

Non seulement au niveau national, mais, comme nous allons le voir, également au niveau social et peut-être même théologique. Je ne sais pas si on aura le temps aujourd'hui d'arriver jusque-là.

La paracha de Korah commence au chapitre 16 du livre de Bamidbar et ouvre tout de suite avec une question tout à fait étonnante: Vayikar Korah ben Yitzhar ben Kehat ben Levi, vedatan va'Aviram.

Littéralement, cela veut dire: Vayikar Korah, il faudrait presque mettre une virgule, Korah a pris, fils de Yitzhar, fils de Kehat, fils de Lévi; et avec lui, Datan et Aviram, fils d'Eliav, et On ben Pelet, fils de Réouven.

Je continue malgré l'étonnement que suscite ce verset, car il n'y a pas marqué ce qu'il a pris. Il n'y a pas de complément d'objet direct. Vayakoumou: ils se sont dressés devant Moshé, devant Moïse, et avec eux, des grands hommes du peuple d'Israël, des personnalités, des notables, au nombre de deux cent cinquante, chefs de la communauté, des notables et des gens de renom.

Et ils se sont rassemblés contre Moshé et Aaron, et ils leur ont dit: cela suffit, Rav lachem, car, sous-entendu, cela suffit d'être gouverné par vous. Ki kol ha'edah kulam kedoshim. Retenez bien cette expression, car toute l'assemblée, tous sont saints. Regardez combien de fois le mot kol est important et redondant: toute l'assemblée, tous sont saints.

Ouvetocho Hachem, et parmi eux se trouve l'Éternel. Oumadoua titnassou al kehal Hachem: nous voilà arrivés au but de leur tirade. Et pourquoi donc vous élevez-vous en chefs au-dessus de l'assemblée de Dieu ?

Vayichma Moshé, vayipol al panav: Moïse a entendu, il est tombé sur sa face. Immédiatement, on doit se demander: n'avait-il rien à leur opposer, à leur répondre ? On va voir dans la suite que bien sûr il avait, mais qu'il avait une intention très particulière dans le fait qu'ici il n'a pas répondu.

Alors il se passe toutes sortes de choses. Dans le verset 5, après être tombé sur sa face, Moïse va dire que le lendemain matin, il y aura une épreuve qui va atteindre à la fois Korah et sa clique et à la fois Aaron, et qu'ensuite on verra qui sera choisi par Dieu. Il y a évidemment toutes sortes d'étonnements dans ce verset. Premièrement et surtout: Vayikar Korah ben Yitzhar, et il n'est pas dit ce qu'il a pris. Cette question va bien sûr attirer l'attention des différents commentateurs.

Rachi, de façon un peu exceptionnelle, nous donne deux réponses. Vous vous rappelez que lorsqu'il y en a deux, c'est qu'il n'y en a pas une. Cela a l'air trivial, mais cela signifie que, lorsqu'il y a deux réponses, le principe, rappelez-vous, c'est qu'en Lachon HaKodech, dans la langue hébraïque, dans la langue des prophètes, le mot Ehad veut dire bien sûr un. Mais avant de vouloir dire un, il veut dire complet, shalem. Et quelque chose de complet est évidemment un, unique.

S'il n'était pas complet, s'il était manquant, alors il ne serait pas un, il ne serait pas unique. Il serait Chnaïm, deux, qui en hébreu vient du mot choné, ce qui change, ce qui diffère. S'il y a deux, ce sont deux choses qui diffèrent l'une de l'autre. Donc, quand on dit en hébreu Chnaïm, avant de vouloir dire deux, on veut dire qu'il y a des différences. Quand on dit Echad, avant de vouloir dire un, on veut dire que la chose est complète, parfaite, qu'elle n'est pas manquante, et que rien ne vient compléter ce dont on parle, car du point de vue dont on parle, il est parfait.

Lorsque Rachi donne une réponse, cette réponse est parfaite, complète. Elle répond entièrement à la question que Rachi veut nous voir poser. Mais lorsqu'il y en a deux, comme ici, c'est que chacune des deux est manquante, et nous essaierons de comprendre en quoi.

Alors Rachi nous donne deux réponses. Par conséquent, Vayikar Korah, il n'y a pas marqué la réponse à la question: qu'est-ce qu'il a pris ? Première réponse: il s'est pris lui-même à part, pour se mettre à part de la communauté, pour prétendre à la Kehouna. J'hésite un peu à traduire le verbe par « prétendre », car en disant cela, je dévoile un peu les intentions secrètes de Korah. Ce verbe peut vouloir dire, dans un premier sens, revendiquer contre la Kehouna.

Ce qu'il revendique, de façon évidente, c'est qu'il n'y a pas besoin de Kohanim, comme on le voit dans la suite des versets: Mada atem mitnassou, pourquoi vous élevez-vous en chefs ? Toi, tu as pris Moshé, tu as pris la direction du peuple, ton frère Aaron a pris la prêtrise, la Kehouna, et qu'est-ce que tu laisses ? Dans l'idéologie dévoilée, en tout cas dans l'idéologie évidente de Korah, il n'y a pas besoin de chef, puisque Kol ha'edah, kulam kedoshim: toute l'assemblée, rappelez-vous, est sainte.

Par ailleurs, nous savons que ce verbe veut aussi dire: je veux moi être le chef. C'est une façon habile de dire que, puisque vous êtes les chefs d'une nation qui tout entière n'a pas besoin de chef, puisqu'elle est déjà sainte, alors je me mets à part, je fonde mon propre groupe, ma communauté à moi. Et là, mais il ne faut pas le dire, je pourrais moi être le chef de cette communauté. Vous voyez qu'il y a derrière cela une intention perverse, qu'on dirait aujourd'hui démagogique.

Je résume: il y a écrit Vayikar Korah, Korah a pris, et il n'y a pas marqué ce qu'il a pris. On peut entendre, en hébreu, Vayikar avec un dagech dans le kof: une lettre est tombée, comme le traduit d'ailleurs Onkelos, ce commentaire de l'un des grands de l'époque de la Michna: Ve'itpelig Korah bar Yitzhar. Itpelig, vous reconnaissez ici la racine araméenne peleg, pé-lamed-guimel, d'où vient en hébreu moderne le mot miflaga, qui veut dire un parti politique. Palga veut dire Khetsi, la moitié, en araméen. Itpelig, donc peleg, veut dire chelek, une partie, une part. Itpelig: il s'est mis à part, il s'est pris à part. Il s'agit d'un pronominal. C'est ce que dit Rachi, en citant finalement le Targoum Onkelos.

C'est la première explication. Rachi continue toujours dans la première en disant: Nekhlak mish'a Raedah, il s'est mis à part de l'ensemble de la communauté, leèhachzik bamakhloket: voilà le mot important, pour établir la controverse, la zizanie. Il y a un autre mot pour la controverse, mais avec un grand C.

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