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Behaalotekha : allumer la flamme jusqu'à ce qu'elle monte seule

Rachi sur « lehaalotekha » : la pédagogie juive vise à faire tenir la flamme sans le maître, et le peuple avant la caste.

41 min

Rav Yossef Attoun

Ensuite : Parachat Behaalotekha (05/06/12), 54 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Nous sommes arrivés à la troisième paracha du livre de Bamidbar, la paracha de Béhaalotekha. Béhaalotekha vient de la racine ʿAyin Lamed Hé, et signifie « monter ». C'est la forme hif'il, à la forme factitive: « faire monter ». Vayedabér Hachem él Moshé ouvre le début de notre sidra.

Dieu parle à Moshé, et on lui dit: parle aux fils d'Israël et dis-leur, à Aharon le grand prêtre: lorsque tu feras monter les bougies du camp, les bougies de la Ménorah. Chacune d'elles, d'ailleurs, est tournée vers le centre. Le mot qui nous intéresse, juste à titre d'introduction, puisque notre sujet sera un peu différent, c'est Béhaalotekha. Rachi, dans l'un des deux commentaires qu'il donne sur ce mot un peu difficile, demande: qu'est-ce que cela signifie, lorsque tu feras monter la flamme des bougies de la Ménorah du Temple, du Tabernacle ?

Rachi dit: Al shem she'alahav olé, c'est pour nous dire que la flamme monte. Quand j'étais au Zéhi, si je me rappelle bien, aux Éclaireurs israélites de France, il y avait un chant national des éclaireurs: « Oh flamme, monte ». Peut-être que ça vient de là. Ketiv behad lakatan lashon aliyah: il est écrit, dit Rachi, au lieu de dire « allumer », comme ce serait normal, lehadlik, on dit « aliyah », faire monter.

Il y a ici une petite difficulté. Rachi explique: Chetzarich lehadlik kachetah hachalevet olah meha'atzmah, il faut allumer jusqu'à ce que la flamme monte d'elle-même. Cela n'a l'air de rien, mais pour relier avec le sujet qui va nous occuper, il y a deux manières d'allumer quelque chose. J'allais presque dire « quelqu'un », mais ça ne se dit pas comme ça.

Soit on allume tout le temps: celui qui allume doit être constamment présent pour que la flamme de ce qui est allumé puisse brûler. Il existe une deuxième stratégie, beaucoup plus complexe, mais aussi beaucoup plus importante et authentique. C'est une stratégie que j'appellerais pédagogique: allumer jusqu'au moment où la flamme va pouvoir monter par elle-même. Il est évident que j'appelle cela une stratégie pédagogique, parce que c'est le propre d'une éducation vraie: allumer la flamme jusqu'à ce qu'elle monte d'elle-même.

Si le maître doit être présent constamment pour allumer la flamme, de quelle flamme s'agit-il ? Alors que le véritable test, le véritable diagnostic d'une réussite sur le plan pédagogique, c'est justement lorsque le maître n'est plus là. La flamme qu'il a allumée, le donneur n'est plus là, et le receveur, lui, doit à son tour devenir donneur. Je dis tout cela parce que rappelez-vous dans quel contexte nous sommes depuis le début.

Du livre de Bamidbar, livre d'enseignement pédagogique s'il en est. On se rappelle que ce livre, dans notre paracha d'ailleurs, va commencer: les catastrophes, les échecs, les chutes du peuple d'Israël, tels que nous les avons annoncés depuis deux semaines déjà, à propos du livre de Bamidbar. Il vient nous montrer une Torah qui nous dit quoi faire lorsqu'on échoue. Quoi faire lorsqu'on trébuche ? Et c'est ça, la pédagogie. La pédagogie n'est pas faite pour éduquer des saints, puisqu'ils sont saints, ils n'ont pas besoin d'être éduqués. La pédagogie est faite pour s'occuper de ceux qui sont capables de trébucher, c'est-à-dire chacun d'entre nous, et pour savoir quoi faire à partir du moment où il faut allumer une flamme qui prenne. Si je peux dire, je crois que c'est le mot adéquat en français: lorsque la flamme prend, lorsque la bougie d'elle-même va pouvoir transporter la flamme qui lui a été donnée, sans avoir besoin d'être allumée en permanence.

Cela témoigne donc de la ligne générale de notre livre, et de notre paracha en particulier. Pour résumer ce que j'ai dit ici en allusion: il y a celui qui envoie la mission, la vocation dont il s'agit, et il y a celui qui reçoit cette vocation. Celui qui la reçoit est censé être le test de celui qui la lui a donnée, cette vocation spirituelle. Les choses vont beaucoup s'éclairer. C'est le cas de le dire ? S'éclairer ? Merci. Elles vont s'éclairer un peu plus loin dans notre paracha.

Nous allons justement assister, pour la première fois de façon très claire, à quelque chose qui était un peu latent: le tri qui va se faire à l'intérieur du peuple d'Israël, et le choix, l'élection des Léviim, l'élection de la tribu de Lévi par rapport à tout Israël. Il y aura donc ici ceux qui délèguent et ceux qui sont délégués, et nous allons essayer de faire le rapprochement avec ce que nous venons d'apprendre. Toute cette paracha concernant l'élection des Léviim se trouve à partir du verset 5 de notre chapitre 8. Il y a des versets entiers qui nous parlent de la havdala, c'est-à-dire de la séparation, de la différenciation des Léviim, jusqu'au verset 16, qui vient conclure toute cette partie sur l'élection des Léviim. Écoutez bien ce verset 16, et dites-moi ce que vous y entendez.

Ki netunim, netunim hema li: car ils sont donnés, ils me sont donnés, dit Dieu, mitoch Bné Israël, du dedans, de l'intérieur des enfants d'Israël. Tachat pitro kol rechem, bechor kol mi Bné Israël, ulakachti otam li: à la place de tous ceux qui sont les premiers-nés des enfants d'Israël, je les ai pris.

Verset 17: Ki li kol bechor bevné Israël. Car à moi appartenaient tous les premiers-nés des enfants d'Israël. Le mot « était » ne figure pas ici, puisque le verbe être n'existe pas dans le texte, mais je traduis d'après Rachi: à moi appartenait. Rachi nous dit: depuis qu'ils ont été mis à part, lorsqu'en Égypte Dieu a sauvé les premiers-nés d'Israël et a frappé les premiers-nés d'Égypte, de façon générale tout ce qu'il y a en Égypte de prémices. Ki li kol bechor, car à moi appartiennent les premiers-nés des enfants d'Israël, ba adam uva behéma, de l'homme et de l'animal. Beyom hakoti kol bechor beretz Mitzrayim, lorsque j'ai frappé les premiers-nés en terre d'Égypte, hikdashti otam li: je les ai consacrés pour moi.

Et maintenant vient le verset 18: Vaekach et halevi'im tachat kol bechor bevné Israël. J'ai pris les Léviim à la place des aînés des enfants d'Israël. Que s'est-il passé ? Rachi nous dit que, jusqu'alors, les premiers-nés étaient ceux qui étaient voués à la fonction sacerdotale à l'intérieur de chaque famille d'Israël. Il y avait une espèce de mini-Cohen dans chacune des familles d'Israël. Mais la faute du veau d'or, et ce n'est pas notre sujet, a entraîné une chute de niveau de l'ensemble du peuple. Désormais, cette fonction sacerdotale, la fonction de la relation directe avec Dieu, se fera par l'intermédiaire, par délégation de la tribu de Lévi. C'est le verset 18.

Il y a ici une nécessité, mais une nécessité problématique, car cela est lié à ce que nous disions au tout début, à propos de la flamme qui monte. Lorsque celui qui donne la délégation est relié à celui qui est délégué, alors tout va bien: pour celui qui donne la délégation, et pour celui qui …

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