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Le Maharal, la vérité et le mensonge, étude 6

Le Maharal oppose au chapitre 1 l'exigence absolue de vérité, reliée à l'unité divine.

43 min

Benjamin Gross

Ensuite : Le Maharal et la vérité jetée à terre, 51 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Le second chapitre du Netiv HaEmet, le Sentier de la Vérité, dans Netivot Olam. Vous vous souvenez très certainement que nous avons établi que le Maharal avait une pensée dialectique, et que nous avons défini, dans le premier chapitre, la première partie de sa thèse: Dieu seul est vérité, et par conséquent l'homme ne peut pas parvenir à la vérité. Telle était notre considération à la fin du premier chapitre.

Au second chapitre, à notre avis, le Maharal oppose une antithèse au chapitre précédent. C'est-à-dire qu'au second chapitre, il va nous montrer que l'exigence de vérité est un impératif catégorique, et la sincérité la vertu par excellence. Naturellement, comme d'habitude, et comme nous le savons maintenant depuis les premiers cours,

le Maharal argumente toujours à partir d'un texte du Talmud. Et là encore, c'est un texte de Sanhédrin 92a qu'il examine pour montrer effectivement que l'exigence de vérité est absolue, impérative, catégorique, disons-nous. Et pour le prouver, il cite le texte suivant: Rabbi Elazar dit: « Celui qui profère des mensonges est semblable à un idolâtre, ni plus, ni moins. »

C'est-à-dire que l'exigence de vérité ne saurait être mise en discussion. Nous avons vu, n'est-ce pas, que Dieu seul est vérité, et que, par conséquent, tout ce qui existe en dehors de lui participe d'une certaine manière du non-être, étant au mensonge. Or, l'idolâtre est dans la même situation. Pourquoi ? Parce que l'idolâtre attribue à des existants particuliers, déterminés, un être qui ne relève que du possible, exactement comme le mensonge, qui est toujours multiple.

Ainsi, l'idolâtrie confère à une réalité qui n'est pas une certaine existence, et par conséquent dépouille les choses de leur authenticité. Exactement comme le sophiste de Platon, l'idolâtre fait être quelque chose qui n'est pas, donne une force à quelque chose qui n'en a pas.

Et par conséquent, l'idolâtre est celui qui prône, en quelque sorte, le mensonge. Ce qui permet à Rabbi Eliézer de dire que celui qui dit des mensonges est semblable à un idolâtre. C'est-à-dire qu'une même démarche de l'esprit s'impose à celui qui profère des mensonges et à celui qui est idolâtre.

Vous voyez, par conséquent, que la vertu morale absolue, que le Maharal élève au sommet d'une vertu théologale, c'est l'adhésion à la vérité, et qu'elle est du même ordre que la croyance à l'unité divine. Et le mensonge, par conséquent, touche au polythéisme. Il est vrai, n'est-ce pas, que le polythéisme, qui admet par conséquent un grand nombre de divinités,

on a remarqué à ce sujet que

À tel point Dieu est vérité que certains textes de la Guemara, en particulier dans Berakhot, nous disent que Dieu lui-même prend un soin très grand, extrême, pour éviter à l'homme le piège du mensonge. C'est ainsi que, par exemple, pour la sortie d'Égypte, Dieu dit qu'il arrivera environ à minuit. Naturellement, sa montre est exacte, et il est arrivé Bahatsot halaïla, exactement à minuit. Seulement, pour éviter que, si les hommes ont un retard ou quelque chose, il y ait la moindre discussion à ce sujet, le texte dit « vers minuit » et non pas…

Et c'est pourquoi les sages nous recommandent une extrême prudence, afin de ne pas tomber dans les affirmations douteuses, et de toujours envisager la possibilité du mensonge afin de ne pas y tomber. Vous voyez que, dans la théorie comme dans la pratique, la fidélité au vrai est un devoir primordial, et que rien ne saurait nous soustraire à ce devoir.

Et c'est pourquoi je rappelle que la sincérité est le fondement de l'âme, et la vérité le fondement de l'esprit. Exactement comme le monothéisme ne tolère aucune exception, on ne peut pas dire qu'il y a une moitié de monothéisme; le monothéisme exige un absolu, une totalité, de même que la véracité ne saurait être qu'inconditionnelle. On ne peut dire que le vrai.

Or on peut se demander, à la lumière de ce que nous avons vu au chapitre premier, que l'homme n'est pas capable de vérité: qu'est-ce que signifie cette affirmation ? Que l'homme doit absolument être véridique, alors que nous avons vu dans le chapitre 1 qu'il ne le peut pas, que c'est une impossibilité ? Et par conséquent, est-ce une illusion ? Est-ce une utopie ? Pour répondre à cette question, me semble-t-il, le Maharal se mesure à cette notion.

En rapportant un texte très connu, d'ailleurs, mais très peu analysé, qui a pour thème le déluge. Vous savez qu'au début de Béréchit, on nous dit que Dieu a détruit le monde à un certain moment, et qu'il a fait venir le déluge sur le monde. Mais tout ne disparaît pas dans le déluge. Et comme tout le monde le sait, Noach construit une arche pour préparer

l'humanité future. Et c'est ainsi qu'il reçoit un ordre de Dieu, je cite Béréchit: « Deux par deux, ils vinrent vers Noé dans l'arche, mâles et femelles, ainsi que Dieu l'avait prescrit à Noé. » C'est-à-dire que Noach reçoit l'ordre de préparer une arche, qu'ensuite les animaux viendront, et que deux par deux, ils seront admis dans l'arche,

afin de préserver ainsi la possibilité et la poursuite de l'humanité qui doit continuer à vivre. Donc deux par deux: il faut venir par couple. Alors le midrash imagine la chose suivante: le mensonge se présente pour être reçu dans l'arche. Noach le repousse et lui dit: « Je ne peux pas t'accepter, parce que Dieu m'a dit: deux par deux, il faut venir. »

C'est-à-dire qu'il n'y a que le couple qui est admis. Et toi, tu es seul, je ne peux pas t'admettre. Alors le mensonge s'en va, mais il rencontre, sur son chemin, la destruction. Et la destruction lui demande: « Mais d'où viens-tu ? » Et le mensonge répond: « Je viens de chez Noach; je voulais me faire admettre dans son arche, mais il m'a refusé l'accès, en me disant que je n'avais pas de compagne. Veux-tu bien être ma compagne ? »

Tu es d'accord pour être ma compagne ? Alors la destruction dit: « D'accord, mais que me donneras-tu ? » Le mensonge dit: « Mais écoute, c'est simple: tout ce que j'acquerrai sera à toi. » Marché conclu, et les deux ensemble, c'est-à-dire le mensonge et la destruction, montent dans l'arche. Aussitôt le déluge terminé, les êtres qui ont été reçus dans l'arche sortent.

Et le mensonge commence immédiatement son travail, et alors vient la destruction, qui s'empare du profit que le mensonge encaisse. Le mensonge vient trouver sa compagne et lui dit: « Mais où est le butin ? » Et l'autre lui répond: « N'avons-nous pas convenu que tout ce que tu amasserais serait à moi ? » Le mensonge n'a rien pu dire, et par conséquent il n'a pu qu'acquiescer. Et le texte se termine sur un verset des Psaumes.

« Il conçoit le mal et enfante le mensonge »: c'est-à-dire que le méchant conçoit le mal et enfante le mensonge, mais qu'en fin de compte, le méchant prépare contre lui-même les engins de sa destruction. Quelle est la signification de ce …

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