Kamtsa et Bar Kamtsa, la haine gratuite au Second Temple
Comment un quiproquo de banquet révèle des clans rivaux qui ont détruit le Second Temple.
Rav Malko Souffir
Ensuite : Le 9 Av : le deuil de Jérusalem et la faute de l'indifférence, 33 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le cours est consacré à la émouna. Pour Shlema Gabriel ben Ester, pour tous les blessés des dernières attaques, et pour Shloman de tous les otages, tous les captifs. On continue: nous sommes dans les récits de la Guemara qui traitent de la destruction du Second Temple. La Guemara que nous avons devant nous est celle de Guittin.
Cela nous donne un petit peu l'ambiance du Second Temple. On avait vu la dernière fois que le Second Temple avait été détruit par la haine gratuite, Sinat hinam. Contrairement au Premier Temple, qui avait été détruit par l'idolâtrie, l'inceste et le meurtre, on a vu que chacun des problèmes correspondait aux deux sortes de problèmes qu'il y avait, et qui correspondaient à ce que le Mikdash lui-même devait apporter à Israël.
Dans le Premier Temple, le Mikdash devait amener la plénitude de toutes les forces. C'est pour cela que le Yetser hara qui vient contre cette plénitude-là cherche à détruire toutes ces forces. On a vu la force intellectuelle, la force psychique, qui était le meurtre, et la force corporelle, qui était l'inceste. Le Second Temple avait pour but, non pas de reconstruire toute l'âme israélite, toute la plénitude des capacités du Am Israël, mais de reformer un noyau national. Recommencer les bases de tout le développement qui peut venir après.
Le but du Second Temple était donc de réunir le peuple. Contre cette union-là, le Yetser hara, le penchant, cherche à disperser, à faire que les gens se détestent sans arrêt. Jusqu'à ce que la haine gratuite détruise le Second Temple. Dès qu'on arrive à un niveau où les rapports sont tels qu'il n'y a plus rien, plus d'amour, plus rien qui unifie les gens, le Mikdash ne peut plus agir, il ne peut plus faire l'action qu'il devait faire.
Dans l'histoire que nous avons maintenant, l'histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa, qui est assez connue, et que nous allons revoir détail par détail, on voit comment la haine gratuite...
Donc nous avons devant nous la Guemara.
Guittin, Noun-Vav, Moudalef, Guittin 56. Première page. Amar Rabbi Yo'hanan: Rabbi Yo'hanan dit: Mai d'kitiv: Ashrei adam mefahed tamid, ou makshil ibo yipol bera'a. Sur qui est dit ce verset ? « Heureux l'homme qui craint tout le temps. » C'est-à-dire, heureux l'homme qui reste sur ses gardes. Ou makshil ibo: contrairement à celui qui endurcit son cœur, qui est sûr de lui, qui est arrogant: lui, il tombera dans le mal.
Encore une fois: l'homme qui a peur tout le temps, c'est celui qui craint, qui reste sur ses gardes, qui a peur de ses fautes. Parce qu'il est conscient des problèmes qu'il a, et il craint de ne pas se comporter comme il faut. Et celui qui s'en fiche de tout, lui, il a plus de chances de tomber dans le mal.
Sur qui ce verset est-il dit ? La Guemara dit: sur Kamtsa Bar Kamtsa, à cause duquel Yerouchalayim a été détruite. Ce sont trois histoires. À cause de Kamtsa Bar Kamtsa, Yerouchalayim a été détruite. À Tarnegolta, une ville qui s'appelait Tourmalka, qui était extrêmement peuplée, a été détruite à cause d'une sorte de poule et d'un coq. À Chaka, des rives sacrées, Beitar a été détruite à cause d'une planche qui faisait partie d'un char, c'est-à-dire d'une charrette, d'accord ? Sur la planche d'une charrette, Beitar a été détruite.
La Guemara va détailler ce que sont ces trois histoires. En gros, ce sont trois histoires où une imprudence a été commise. Les Romains se sont déchaînés contre nous: ils ont détruit Yerouchalayim, puis Tourmalka, puis Beitar. Donc, ha-adam ferahed tamid, on aurait dû être sur ses gardes et ne pas commettre toutes ces erreurs-là.
C'est le pchat, le sens simple du texte. Maintenant, qu'est-ce que c'est, l'histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa ? Hourban Yerouchalayim. Sur Kamtsa et Bar Kamtsa, il s'agit des noms de deux personnes: l'un s'appelle Kamtsa, l'autre Bar Kamtsa, fils de Kamtsa. Certains disent qu'il est possible qu'il s'agisse d'un père et d'un fils. Aval Gemara, l'histoire commence ainsi: il y avait quelqu'un, de-rach mé Kamtsa, dont l'ami, un proche, quelqu'un qu'il aimait, s'appelait Kamtsa. Ba'al davav: il avait un ennemi qui s'appelait Bar Kamtsa. C'était un ennemi, un ennemi qui était proche.
Un jour, il a fait un grand repas, une fête, peut-être un mariage, je ne me permets pas de l'affirmer. Ama'lé le-cham'ei: cet homme a dit à son serviteur: « Va m'inviter Kamtsa ». Mais le serviteur s'est trompé. Au lieu d'appeler Kamtsa, il est allé appeler Bar Kamtsa, l'ennemi.
Pendant la soirée, pendant la seouda (ce n'est pas forcément une soirée), il fait le tour des invités et voit Bar Kamtsa, son ennemi. Apparemment, Bar Kamtsa a pensé qu'il voulait se réconcilier avec lui. Alors celui qui recevait lui a dit, à cet homme qui était son ennemi: « Tu es mon ennemi ? Qu'est-ce que tu fais là ? Puisque tu es mon ennemi, pourquoi t'assieds-tu ici ? Lève-toi, sors. » Il lui dit: « Regarde, apparemment il y a une confusion. Si je suis là, laisse-moi. Ne me fais pas cette honte devant tout le monde. »
Et il lui dit: « Je te paie tout ce que je mange, tout ce que je bois, je le paie. Tu n'auras pas de frais. » L'hôte répond: « Pas question. Laisse-moi rester parmi tes invités, je te paie la moitié de ta soirée. » L'hôte, celui qui recevait, qui ne mentionne même pas son nom, refuse: « Je ne l'accepte pas. Si tu me laisses, je te paie toute la seouda. »
Donc, la moitié ne suffit pas, il veut tout payer. Mais l'autre dit non, il le prend par la main, il le lève, il le sort. Donc devant tout le monde, c'est une honte. Ce monsieur-là, en sortant, Bar Kamtsa s'en va. Apparemment, ce qui l'a le plus frappé, c'est que son ennemi le jette dehors.
Son ennemi, apparemment ce n'est pas par hasard que c'est son ennemi, ils ne s'entendaient pas bien. Mais ce qui l'a frappé, c'est que les Hakhamim, les sages, qui étaient assis là aussi, invités à cette seouda, n'ont rien dit, ils se sont tus. Et s'ils se sont tus, c'est qu'apparemment ils acceptent, ils sont d'accord, ils sont contents de ce qui se passe. Alors il se dit: « Si c'est comme ça, je vais aller les dénoncer au roi. » Il a inventé une histoire pour les dénoncer au roi. Le roi, c'était l'Empire romain.
Il est parti et il est allé voir Caesar. C'est à l'époque du Second Temple. Caesar n'est pas nommé; je crois que c'est Aspasianos, c'est l'époque juste avant Titus. Juste avant Titus. Aspasianos. Et quand il le voit, il lui dit: « Sache que les Mardou Bé-Ha Yehoudaï, sache que les Juifs se sont révoltés. »
Il lui dit: « Envoie un sacrifice à leur Mikdash, un Mikdash qui existait encore. Il est possible d'envoyer, de donner un sacrifice, d'accepter un sacrifice dans le Mikdash. Et tu vas voir …
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