Pourquoi Dieu a-t-il mis l'amour dans le couple
Selon le Rambam, l'amour entre époux est un moyen éducatif pour apprendre à aimer Dieu de tout son être.
Rav Binyamin David
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom Aleichem. Nous allons parler aujourd'hui d'un sujet qui est intéressant, du moins je l'espère. On va parler de la notion de l'amour. On a parlé jusqu'à maintenant de la notion de la famille juive. Et là, on sait très bien que la famille juive, la rencontre du couple, passe par un sentiment d'amour, un sentiment très profond, d'attirance entre un homme et une femme.
Et un réveil extraordinaire d'amour entre cet homme et cette femme. La question à laquelle on va essayer de répondre aujourd'hui, par ces quelques minutes de réflexion, c'est pourquoi HaKadosh Baroukh Hou a… a inventé, je dirais, ou nous a mis à l'intérieur de nous ce sentiment d'amour. On aurait pu… si le but de HaKadosh Baroukh Hou, le but de Dieu, est simplement que le monde…
L'humanité croisse et se multiplie, comme il est écrit dans la Torah: Perou, Vou, Milou, Atta, Rez, Kifchoua. « Croissez, multipliez, et remplissez la terre et conquérez-la. » Si le but est simplement un but, je dirais, de démographie, on peut très bien faire les choses de cette manière: un homme a un besoin sexuel, quelque chose de tout à fait biologique. Une femme a des besoins, ils se rencontrent, ils ont des enfants, la femme met au monde peut-être six, huit, dix enfants à la fois, comme certains animaux le font. Et de cette manière, HaKadosh Baroukh Hou arrivera à ses résultats d'une manière très facile, très rapide. La terre entière, très rapidement, va être remplie d'hommes, remplie d'individus,
qui vont créer des sociétés, créer des pays, et voilà. Si le but de cette rencontre entre l'homme et la femme est simplement un côté démographique, il n'y avait pas besoin de créer ce sentiment d'amour. On aurait pu simplement créer ce sentiment de besoin biologique, sexuel, et voilà. HaKadosh Baroukh Hou a créé ce sentiment d'amour.
Il a voulu qu'un homme et une femme se marient ensemble parce qu'ils ressentent quelque chose d'étrange qui est en eux, qui se réveille, peut-être très rapidement ou peut-être petit à petit au fil des années, un sentiment d'amour extraordinaire. Qui fait que si, Khass veKhalila, un jour cette femme ne peut plus avoir d'enfant, l'homme ne quittera pas sa femme, parce que, encore une fois, il n'a pas d'enfant avec elle, simplement pour des besoins démographiques.
Et si, Khass veKhalila, demain cet homme tombe malade, est alité ou paralysé, cette femme voudrait rester avec lui, s'occuper de lui, l'aider, et continuer à vivre, à développer leur famille et leur relation avec le monde, bien que, dans la situation où il est, cet homme ne puisse plus réaliser le fait de croître et de se multiplier.
Et donc HaKadosh Baroukh Hou a mis au fond de nous un sentiment qui s'appelle le sentiment de l'homme. Et la question, je le répète, est: pourquoi ? Pourquoi n'aurait-on pas pu se suffire d'un sentiment biologique ? La réponse donnée par le Rambam, disons que c'est une interprétation de la manière dont je… On va lire ensemble les paroles du Rambam.
C'est que ce sentiment d'amour que HaKadosh Baroukh Hou a déposé au fond de nous est un moyen éducatif, afin qu'on puisse comprendre ce que c'est que l'amour de HaKadosh Baroukh Hou. On va lire ensemble les paroles du Rambam qui se trouvent dans Hilkhot Techouva, Béréchit, chapitre 10, halakha 3. Et voilà ce que nous dit le Rambam.
Qu'est-ce que l'amour, un amour bien, vers lequel on doit aspirer ? Si on parle de l'amour de Dieu, c'est d'aimer Dieu d'un grand amour. Énorme ! Fort ! Ha'chété, Navchouk, Shoura, Béravat Hachem, jusqu'au moment où son être, tout son être, son âme, son être, va être attaché à cet amour envers HaKadosh Baroukh Hou. Ve'Nimtza Shoge Patami. Et à cause de ça, il va y penser sans arrêt. Il va penser à Dieu sans arrêt. Il va être dans le métro, il va penser à Dieu. Il va être à la caisse, pour attendre, pour payer au Monoprix, il va penser à Dieu.
Il va être avec ses enfants en vacances, il va penser à Dieu. Il va être à chaque endroit, il va penser à Dieu. De la même manière qu'un homme est fou d'amour, malade d'amour, maladie d'amour, maladie de la jeunesse… non, c'est maladie du juif. Être fou d'amour, comme un homme est fou d'amour pour une femme, et à chaque instant il pense à elle.
Il pense à elle, il pense à elle. Cela vous rappelle certainement certains enfants ou adolescents qui sont amoureux d'une fille et qui écrivent sur chaque petit bout de papier son nom, sans arrêt, sans arrêt. Ils écrivent des poèmes, ils écrivent des chansons. Ils prennent des bombes et sur les murs blancs ils écrivent en gros son nom. Et à chaque instant, il pense à elle. Qu'est-ce qu'elle fait maintenant ? Où est-elle ? Qu'est-ce qu'elle mange ?
Qu'est-ce qu'elle voit ? Sans arrêt. Ouchéguéh batamid, bein bekhivto oubein bekoumo. Il y pense sans arrêt. Au moment où il va se coucher, au moment où il va se lever, même au moment où il est en train de manger, il pense à elle. Il est mélancolique. Il a des souvenirs extraordinaires de cette femme. Bien sûr. De sa femme. De sa femme.
Alors, sache que l'amour de l'individu, du juif ou de l'homme envers HaKadosh Baroukh Hou doit être encore plus fort que cet amour-là, que l'homme a envers cette femme. Il pense à HaKadosh Baroukh Hou sans arrêt. À chaque instant, il pensera à ce qui est autorisé et à ce qui est interdit. C'est pour ça que la Torah n'est pas une Torah où on nous donne des dogmes généraux.
Et puis on s'en rappelle le matin, on va au travail, et quand on est à l'extérieur de chez soi, on n'y pense plus. Et quand on rentre chez soi, alors on se rappelle qu'on était juif, non ? À chaque instant, les lois de la Torah sont dans chaque acte de la vie. Lorsque je mange, lorsque je dors, lorsque je me lève, lorsque j'achète un livre, lorsque je lis un livre, lorsque je mets des habits, je veux vérifier si c'est du chaâtnez ou non, chaque chose de la vie…
Je dois vérifier: est-ce que c'est dans les lignes de la Torah, dans les lois de la Torah, ou non ? Ça nous oblige, ça nous rattache, ça nous enchaîne. Il y a un enchaînement extraordinaire à HaKadosh Baroukh Hou. Est-ce que je fais sa volonté ou est-ce que je ne la fais pas ? À chaque instant de la vie, est-ce que je fais la volonté de HaKadosh Baroukh Hou ou non ? Kmo chetsivanu b'chol evadra, b'chol ashecha, comme il est écrit dans la Torah, dans la prière du Chema Israël: Chema Israël, Hachem Elokeinu, Hachem Echad.
Et après avoir annoncé cette annonce extraordinaire, on croit en un Dieu qui est un. Alors la Torah nous dit: tu dois aimer ton Dieu. De tout ton cœur, de toute ton âme, de tous tes biens. Tu es prêt à tout sacrifier: ton cœur, …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
5 cours de Binyamin David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Famille juive, Individualisme moderne, Le couple, Rav Kook.
- 1
La famille, cellule de la société selon le Rav KookComment la réussite du couple et de la famille conditionne celle du peuple juif et de l'humanité. - 2
Le couple juif face à la globalisation et au peuplePourquoi le devoir envers le peuple et l'humanité doit guider le mariage et la naissance des enfants. - 3
pourquoi la famille traverse-t-elle une criseDivorce, célibat et individualisme moderne : le cours part de la crise du couple et de ses causes. - 4
La rencontre entre un homme et une femme : hasard ou destinLe cours examine la Torah, le Talmud et le récit d'Eliezer pour montrer que la rencontre d'un couple relève d'un destin divin. - 5
Pourquoi Dieu a-t-il mis l'amour dans le coupleSelon le Rambam, l'amour entre époux est un moyen éducatif pour apprendre à aimer Dieu de tout son être.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav