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La famille, cellule de la société selon le Rav Kook

Comment la réussite du couple et de la famille conditionne celle du peuple juif et de l'humanité.

29 min

Rav Binyamin David

Ensuite : Le couple juif face à la globalisation et au peuple, 11 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom Aleikhem. À la suite des deux premiers cours, dans lesquels nous avons parlé ensemble des problèmes de la crise de la cellule familiale dans la société moderne, et particulièrement dans le judaïsme ces derniers temps, nous avons évoqué le problème du célibat, de certaines personnes qui décident de rester célibataires. Nous avons parlé des problèmes de divorce, des problèmes de mariage tardif, et nous avons mis l'accent sur deux raisons de ce problème.

La première se situe au niveau de l'entendement humain dans la société moderne, qui place l'individu, le « je », au centre de sa réflexion, et qui décide donc de faire les choses qui l'intéressent au moment où cela l'intéresse. Selon ses intérêts personnels, que ce soient des intérêts spirituels, économiques ou sentimentaux.

Nous avons aussi parlé de ce que j'ai appelé le problème de la globalisation au point de vue de l'entendement: les frontières qui s'écroulent entre les pays, entre les peuples, le sentiment de faire partie de l'humanité entière. Et donc de ne pas prendre en considération, par exemple, des problèmes démographiques dans le peuple, dans notre société, dans notre pays, dans notre nation, puisque cela n'a plus, pour nous, de signification d'une manière générale. Il va donc falloir remédier à ces problèmes.

Pour y remédier, il va falloir changer la manière dont on voit les choses, dont on voit la vie. Et ce que le judaïsme va proposer, entre autres par rapport à la cellule familiale, c'est qu'un homme doit réfléchir au fait qu'il a bien sûr une personnalité, qu'il a bien sûr des désirs personnels, des besoins personnels, mais que la vie du juif ne s'arrête pas là. Au-delà du fait qu'il a une personnalité, il fait d'abord partie d'une famille. Et cette famille n'est pas isolée sur cette terre, elle ne doit pas vivre uniquement au milieu d'elle-même. Cette famille est un microcosme de la société entière du peuple juif.

Et ce peuple juif lui-même n'est pas un peuple intéressé, sûr de lui-même, qui ne pense qu'à lui-même. Le peuple juif fait partie d'un puzzle extraordinaire que Dieu a créé, qui s'appelle l'humanité. Et donc, lorsqu'on voit les choses de cette manière, l'homme qui va décider de faire quelque chose dans sa vie, que ce soit un mariage, un travail, une décision importante, va devoir prendre en compte le fait qu'il fait partie d'une famille, que cette famille fait partie d'un peuple, et que ce peuple fait partie de l'humanité. Si, avant de prendre ses décisions, il prend cela en compte, on va voir que cela aura des influences directes sur ses décisions, et que peut-être cela changera complètement sa manière de vivre et de réfléchir.

Pour bien expliquer cela, j'ai apporté un texte du Rav Kook, dans un livre qui s'appelle Ein Aya. C'est un livre où le Rav Kook donne une explication que je dirais philosophique des passages du Talmud qu'on appelle des passages de Aggada, des midrashim, des histoires, et non des passages halakhiques, des passages juridiques, mais des passages de midrash.

Le Rav Kook donne une explication philosophique très profonde de ces passages. Dans ce livre, Ein Aya, au sujet de Chabbat, le Rav Kook dit:

Je traduis. Le Rav Kook nous dit que la réussite de la famille juive, de la cellule familiale, selon les voies de la justesse, de la justice plutôt, du tsedek, on peut dire, c'est la justice, mais c'est aussi le respect de l'un envers l'autre. Yatrala c'est le début de la réussite de la société dans son entier. C'est-à-dire que la société ne peut réussir que si, d'abord, dans la cellule familiale, il y a une réussite. Le respect entre les membres de la société dans son ensemble ne peut exister que si, dans la cellule familiale, il y a d'abord un respect de la femme envers son mari et du mari envers sa femme, des parents envers les enfants, etc.

On ne peut pas dire: à la maison, je suis un chien, et à l'extérieur, je suis un saint. Ce n'est pas possible. Un homme doit être exactement de la même manière dans la façon dont il parle à sa femme et à ses enfants. De cette manière, il parlera aux autres et aux gens qui lui sont extérieurs.

Et lorsque la situation familiale s'élève, on arrive à une situation de bien, de bonté, berabot amim atzal hata houma. Alors il y aura, au fil des années, une réussite pour la nation du peuple juif dans son entier. C'est-à-dire que si l'on veut d'abord réparer la société, il faut d'abord réparer sa maison et sa cellule familiale.

Et bien sûr, pour pouvoir réparer ses cellules familiales, il faut d'abord se réparer soi-même et être un homme bon, d'abord envers soi-même. Ensuite on sera bon envers sa femme et ses enfants, et grâce à cela, la famille entière sera bonne par rapport à la société juive dans son entier. D'abord dans sa communauté, puis dans sa société, dans toute la société, dans tout le peuple d'Israël, dans le pays d'Israël, etc.

Et le Rav Kook nous dit, dans la suite de cette idée extraordinaire, que la sainteté de la maison juive est le début de la réussite de la sainteté du peuple juif dans son entier. De la même manière que la sainteté de la maison juive, de la cellule familiale, est la réussite de la société, de la même manière la réussite du peuple juif dans son entier, en Erets Israël bien sûr, dans une société qu'il va créer, qui sera une société à lui, sera une réussite pour l'humanité tout entière. Et cela, c'est quelque chose d'extraordinaire.

C'est-à-dire que si l'on veut vraiment réussir à propager la parole divine dans le monde et à apporter de la kedoucha, de la sainteté, dans le monde entier, la première chose à faire, c'est de s'arranger soi-même, dans notre propre société. La Torah, qui va être la base de ce processus de sainteté dans le peuple juif, va peu à peu déborder et s'étendre dans le monde entier, et avoir une influence sur le monde entier, sur l'humanité entière.

Et si l'on y réfléchit maintenant, on comprendra que, si l'on voit les choses de cette manière, le mariage a une signification tout à fait différente. Je ne vais pas me marier, moi, Binyamin David, avec ma femme parce que j'ai maintenant un besoin personnel, sentimental, affectif, ou une solitude, et que j'ai besoin de me marier. Non.

Lorsque je me marie, je participe à un projet extraordinaire, qui est d'abord un projet de création d'une famille, qui va être la base de la création de la société juive, qui va être la base de la création d'un bien pour la société entière, pour l'humanité entière. C'est quelque chose de tout à fait différent. On ne va donc pas attendre l'âge de 45 ans pour participer à un projet si extraordinaire.

Si aujourd'hui je proposais à un individu de pouvoir, par son acte, par ses actions, avoir une influence sur le monde entier, sur l'humanité entière, et apporter la venue du Machiah, la rédemption extraordinaire du monde entier, parce qu'on va apporter de la paix, de la justice …

Cours de Machon Meir

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