Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Parachat Houkat : la mort de Myriam et la transition vers Yerouchalaïm

Comment la paracha Houkat marque le passage entre la génération du désert et celle qui entrera en Erets Israël.

35 min

Rav Yossef Attoun

Ensuite : Parachat Hukat (11/06/13), 1 h 03

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Nous arrivons à la troisième et dernière partie du livre de Bamidbar. Nous avons parlé dans les cours précédents de cette nécessaire traversée du désert, Bamidbar, entre les deux stations que sont l'Égypte d'un côté, et Erets Canaan, le pays d'Israël, de l'autre. Cette traversée est nécessaire pour plusieurs raisons, dont on a déjà un peu parlé.

Entre autres, selon l'expression de Rabbi Abraham Ibn Ezra, il faut transformer ce peuple d'esclaves, esclaves non seulement sur le plan physique mais aussi moral, intellectuel, spirituel, en un peuple authentiquement libre. Pour cela, il doit affronter les difficultés du désert.

Il y a une expression talmudique sur laquelle notre maître, le Rav Tsvi Yehouda Kook, revenait très souvent lorsqu'il nous enseignait les parachiot du livre de Bamidbar: Kol adrakhim bekhizkat sakana, tous les chemins sont réputés dangereux. Il faut donc, avant de partir en chemin, faire la prière qui consiste à demander à Hachem protection, pour que le chemin ne soit pas dangereux.

Et lorsqu'on arrive, lorsqu'on revient, il existe à ce sujet plusieurs chitot, plusieurs méthodes différentes de halakha. Certaines communautés ont l'habitude, après un certain voyage d'un endroit à un autre, de dire Birkat HaGomel pour remercier Hachem de nous avoir sauvés des dangers du chemin. Kol adrakhim bekhizkat sakana.

On comprend que le chemin est quelque chose de déstabilisant. Le chemin fait que l'on perd ses points de repère, les points de civilisation qui nous permettent de nous repérer. Et bien sûr, nous savons que...

Si j'ai dit que c'est nécessaire, c'est parce que nous sommes en route, comme on l'a dit dans la paracha de la semaine dernière. Nous sommes en route, dit Moïse à son beau-père Yitro, lui demandant de l'accompagner. Mais le fait d'être en route est, encore une fois, problématique, car il faut remettre en question énormément de choses, deux points de repère de stabilité que l'on avait auparavant et qui ne sont plus aussi évidents qu'ils ne l'étaient précédemment, en attendant d'arriver à une nouvelle station où l'on aura à nouveau atteint une certaine stabilité de vie, de compréhension, d'autonomie. C'est ce qui se passe dans notre paracha, Houkat.

Nous venons de traverser déjà les deux premières parties de ce livre, je le rappelle. Dans la première partie, jusqu'au milieu de la paracha de Béalotekha, on a vu les préparatifs nécessaires à la traversée du désert. Si le désert, le chemin, est une situation dangereuse, une situation de remise en question, alors il va falloir s'y préparer.

Ce sont tous les préparatifs des deux premières parachiot et demie de Bamidbar, où l'on voit le peuple s'organiser sous son drapeau, sous les drapeaux de chaque tribu, etc. Ensuite commence ce que nous appelions, dans un cours précédent, au nom du Rav Kook, le Sefer HaKatastrophot, le livre des catastrophes. C'est le livre où se déroule toute une série d'échecs, toute une série de chutes morales, idéologiques, religieuses, parmi les plus graves que l'on trouve dans les cinq livres du Pentateuque.

Nous avons pu voir qu'après chacune de ces fautes, tout se passe comme si Dieu éclairait ces fautes-là d'une lumière nouvelle, qu'on appelle en hébreu Orot Me'Ophel, les lumières dans les ténèbres, pour les ténèbres.

Car ce n'est pas une lumière pour le jour et une lumière pour la nuit. Par conséquent, lorsqu'il y a eu échec, lorsqu'il y a eu faiblesse du peuple tout entier dans les parachiot de Korah, et dans toutes ces fautes qui se sont succédé, avec la faute des explorateurs de Moïse que nous avons vue la semaine dernière, et d'autres, il faudra des lumières nouvelles, des mitsvot nouvelles, un enseignement nouveau de Torah, pour une génération capable de fauter dans une telle ampleur.

Aujourd'hui, nous arrivons à la troisième partie du livre, la paracha de Houkat, qui fait la transition entre la période dite du désert, ou la génération dite du désert, et une nouvelle génération qui est en train d'éclore, qui est en train de poindre de l'intérieur. Bien sûr, c'est le même peuple, et pourtant, je vous apporterai tout de suite une preuve de ce que je dis: cela a tout l'air d'un peuple nouveau, même s'il s'agit des enfants de la génération du désert. C'est ce qui se produit dans la paracha de Houkat.

Le Natsiv de Volojin, dans son introduction au livre de Bamidbar, nous met déjà en garde. J'ai le texte sous les yeux, mais nous ne le lirons pas entièrement faute de temps. C'est l'introduction à son commentaire, qu'on appelle Ha'Emek Davar. Natsiv est l'acronyme de Rabbi Naftali Tsvi Yehouda Berlin. Le Natsiv était le grand maître de la yeshiva de Volojin, en Lituanie, après le Nefesh HaChaïm, Rabbi Chaïm de Volojin, qui a fondé la yeshiva, élève du Gaon de Vilna. Il a été le maître à la fois du Rav Kook et du Rabbi Chaïm de Brisk, ce qui est assez intéressant pour ceux qui connaissent un peu les retombées de ces deux grands maîtres sur le judaïsme des générations suivantes, jusqu'à nos jours.

Le Natsiv de Volojin écrit dans son commentaire, dans son introduction au livre de Bamidbar, que vous savez tous que les sages du Talmud ont donné des surnoms à chacun des livres de Hamicha Houmcheï Torah, du Pentateuque. Le surnom donné au livre de Bamidbar, quel est-il ? C'est Houmach HaPekoudim. Cela signifie littéralement le livre des dénombrements, et c'est de là que vient, dans les Bibles en français, le nom « Nombres »: Bamidbar est appelé les Nombres. Pekoudim vient de lifkod, dénombrer.

Pourquoi l'appelle-t-on ainsi ? Parce qu'il y a effectivement, dans le livre de Bamidbar, deux grands dénombrements du peuple d'Israël. L'un au début de la traversée du désert, comme on le disait tout à l'heure. L'autre à la fin de la traversée, dans la paracha de Pinehas. Sans entrer dans les détails, le Natsiv entre d'ailleurs dans les différences importantes entre ces deux dénombrements. D'une façon générale, le premier a lieu à l'aube de la traversée, avant toutes les catastrophes. Le deuxième a lieu à la sortie du désert, après toutes les catastrophes.

Tout se passe comme s'il était nécessaire de recenser à nouveau le peuple d'Israël, après le prix payé par ce peuple qui a fauté, qui a chuté, qui est tombé, pour savoir si, tout simplement, il en reste encore suffisamment, au point de vue quantitatif. Le peuple d'Israël sorti d'Égypte, après la traversée du désert, est-il encore non pas sain et sauf, mais encore suffisant au point de vue quantitatif ?

Vous allez probablement froncer les sourcils, car nous savons que le propre du peuple d'Israël n'est pas la quantité. D'ailleurs, un verset explicite le dit: Ki atem hame'at mikol haamim, vous êtes le plus petit de tous les peuples. Une formule extraordinaire. Quelle que soit la situation, même si le peuple d'Israël travaille abondamment pour la démographie et engendre, je ne sais pas, douze enfants par famille, nous serons toujours le plus petit de tous les peuples, car cela signifie que le peuple d'Israël est d'abord et avant tout un peuple qualitatif.

Ceci dit, la quantité n'est pas négligeable. Nous ne sommes pas, on en a parlé et on en reparlera, une simple famille …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

311 cours du Rav Yossef David, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Erets Israël, Émouna, Rav Kook, Moadim.

  1. 182
    Parachat Emor (29/04/13)
    1 h 03
  2. 183
    Parachat Emor / Yom Haatsmaout (09/05/16)
    52 min
  3. 184
    Parachat Haazinu (27/09/11)
    57 min
  4. 185
    Parachat Hukat (04/07/16)
    54 min
  5. 186
    Parachat Houkat : la mort de Myriam et la transition vers Yerouchalaïm
    Comment la paracha Houkat marque le passage entre la génération du désert et celle qui entrera en Erets Israël.
    En cours de lecture
  6. 187
    Parachat Hukat (11/06/13)
    1 h 03
  7. 188
    Parachat Hukat (23/06/15)
    55 min
  8. 189
    Parachat Hukat (24/06/14)
    53 min
  9. 190
    Parachat Hukat (26/06/12)
    59 min
  10. 191
    Parachat Ki Tetse (28/08/12)
    55 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav